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31.03.2008

Les Liaisons dangereuses 2008 : 1

Astrocochon, toujours à l’affût du scoop, vient d’en découvrir un succulent. Les cochons reporters ont laissé pour l’instant de côté l’affaire Agénor-Pimprenelle vu que Régina et Carmen Kermesse campent toutes les deux sur leur position et que les principaux protagonistes de cette affaire inouïe ne sont toujours pas visibles.

Par contre, nos fringants cochons reporters ont pu s’infiltrer dans les réseaux informatiques et ont capturé certains messages envoyés par des individus bizarres aux préoccupations encore plus bizarres. Nous vous livrons tel quel ce recueil de mails dont, bien évidemment, nous blâmons fortement le contenu immoral.

 

LES LIAISONS DANGEREUSES 2008

Roman informatique par mails

Première partie

 

Mail I

De : Ammoniaque

A : Attila

CC : Deborah, Agénor, Regina, Nostra Dama, Ajax

Attila chéri mon sauveur, je suis en train de peindre la banderole pour la prochaine manifestation, mais je ne sais plus exactement ce qu’on réclame : pourrais-tu me repréciser nos revendications, s’il te plait ? Evite les mots trop longs, trop compliqués et à l’orthographe impossible. Pendant que j’y pense, quelle tenue dois-je mettre demain ? Je suis devant ma penderie et vraiment, je n’arrive pas à choisir. PS : fais attention en me répondant, tu sais qu’il y a des gens en qui je n’ai pas confiance et qui seraient trop heureux de me voir faire des fautes de goût et d’orthographe.

 

Mail II

De : Attila

A : Ammoniaque

CC : Deborah, Agenor, Regina, Nostra Dama, Ajax

Tu as vu l’heure qu’il est et c’est maintenant que tu me poses cette question ? Mais qu’est-ce que tu fous, bordel, tu crois qu’on va être crédible si tu continues tes conneries ? Vivement qu’Agenor se tire que je puisse reprendre ma place et remettre de l’ordre dans ce boui-boui. Bon : revendications : salaires, postes, suppression de tous les syndicats sauf le nôtre, nouilles plus cuites, parents d’élèves à l’asile, Darcos aux chiottes, Sarko aux  latrines et Ségo aux lavabos. Pour la robe, choisis n’importe laquelle, de toutes façons, elles sont aussi atroces les unes que les autres. Ne prends pas ton sac argenté de marque 365 poches à 600 euros, t’as l’air d’une pouf avec ça et c’est pas bon pour notre réputation. Quant aux traîtres, je les attends de pied ferme, je chausse du 46.

 

Mail III

De : Deborah

A : Attila

CC : Regina, Ajax, Ammoniaque, Nostra Dama

Ecoute, Attila, Je suis à la fois d’accord avec toi et cependant pas tout à fait. Comprends-tu ce que je veux dire ? Nos revendications ne portent pas seulement sur tout ce que tu as écrit : il faut aussi penser aux retraites –et pour cause, je suis bientôt concernée. Quant à l’ordre des mots sur la banderole, je mettrais d’abord Sarko aux latrines, puis Darcos aux chiottes. Je laisserais Sego où elle est parce que ça risque de faire des amalgames, et il ne faut pas, tu sais. En plus, je me demande si c’est bien recommandé d’envoyer les parents à l’asile ; on pourrait se contenter à ce moment-là des lavabos, qu’on enlèverait à Ségo. Tu comprends, il faut rester crédibles. Qu’en penses-tu ?

Par contre, je pense que ton conseil à Ammoniaque est très bon : son sac argenté n’a vraiment pas bonne mine, tous nos ennemis se gaussent à cause de ce truc. Il ne faut pas donner prise aux commérages.

Je vois de qui tu veux parler en utilisant le mot « traître ». Je suis d’accord.

 

 

Mail IV

De : Ajax

A : Ammoniaque

CC : Deborah, Regina, Agenor, Nostra Dama, Attila

Comment ça, « Attila mon chéri ! » Et moi alors, grosse tourte ? Qu’est-ce que je deviens là-dedans ? Tu peux te brosser pour que je t’aide à peindre la banderole !

 

 Mail V

De : Ammoniaque

A : Ajax

CC : Attila, Deborah, Agenor, Nostra Dama, Regina

Mon Ajax superbe et généreux, ne me quitte pas, j’ai un problème, je sens bien que toute seule, je ne pourrai jamais finir la banderole. Je ne sais pas s’il faut mettre un « s » ou non à « salaire ». Parlons-nous de tous les salaires ou seulement du mien ? Idem pour lavabo : y en a-t-il plusieurs ou pas ? Je me sens glacée d’effroi à l’idée que l’autre conne, la Carmen , peut arriver avec une banderole plus esthétique et plus attirante que la nôtre. Envoyez-moi vos suggestions. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour la discréditer, la Carmen  ?

 

Mail VI

De : Regina

A : Ammoniaque

CC : Attila, Deborah, Agenor, Nostra dama, Ajax

Laisse tomber, elle va se discréditer toute seule.

 

 

Mail VII

De : Deborah

A : Ammoniaque

CC : Attila, Ajax, Agenor, Nostra Dama, Regina

Je suis d’accord avec Regina, bien que ça me fasse mal au ventre ; Il ne faut pas se compromettre dans des luttes stériles qui ne mènent nulle part. Si la Carmen pouvait se prendre une claque qui la remette à sa place, ça nous arrangerait bien mais il ne faut pas perdre de vue notre but ultime : la lutte, la lutte, la lutte, la vraie, la seule, l’unique. Ne nous dispersons pas. L’union fait la force et les intérêts personnels doivent s’effacer devant l’intérêt collectif. Soyons tous ensemble derrière la banderole. Ammoniaque, si tu as des doutes sur l’orthographe d’un mot, n’oublie pas le Robert. Il peut servir.

 

Mail VIII

De : Attila

A : Ajax

CC : Deborah, Agenor,Nostra-Dama, Regina  (Ammoniaque n’est pas citée dans la liste)

Mais enfin, vieux frère, qu’est-ce qui te prend ? Tu ne t’imagines tout de même pas que je suis amoureux de ce boudin décoloré ? Elle ne m’est utile que parce qu’elle répète ce que je dis et que c’est bon pour la cause. En plus, elle fait les comptes, ce n’est pas à négliger, pendant ce temps-là, on peut se tourner les pouces. T’as bien vu comment j’ai su la manœuvrer pour qu’elle se tape la peinture de la banderole ? Elle est prête à me cirer les pompes et c’est tout ce que je lui demande. Le reste te regarde. Donc, pas de panique. J’espère que tu as remarqué le silence d’Agenor. Il lit tout mais ne répond pas. Faut vraiment se méfier de lui si on tient à récupérer le pouvoir.

 

 

Mail IX

De : Agenor

A : Regina

CC : Attila, Ammoniaque, Nostra Dama, Deborah, Ajax

 

Regina, tu as tout à fait raison de rester zen. Je pense comme toi que Carmen finira bien par s’auto-saborder en CA ou ailleurs. J’ai vu sa banderole : elle est encore pire que la nôtre, c’est tout dire. Je ne pense pas qu’il y ait le feu à la pinède, comme on dit chez nous. Je n’ai rien à dire sur le sac d’Ammoniaque, mon éducation m’empêche d’employer certains mots et certaines images. Mais ne t’inquiète pas, je pense comme toi.

 

 

Mail X

De : Ammoniaque

A : Agenor

CC : Attila, Deborah, Ajax, Nostra Dama  (Regina n’est pas dans la liste)

 

Comment peux-tu savoir ce qu’elle pense, la dresseuse de cochons ? Et qu’est-ce que tu as contre mon sac à main ? Au lieu d’agir comme nos ennemis, tu ferais mieux de venir m’aider à finir la banderole, ça fait le troisième drap que je passe parce que je n’arrête pas de me planter, j’en ai marre, toute ma literie va finir en charpie !

Alors on met quoi, d’abord ? Sarko ou Darcos ? Et on enlève Sego ? Et « chiottes », ça prend combien de t ? Deborah, je ne connais aucun Robert. Tu dois faire erreur. Je pense qu’il faudrait… (Le message n’a pas de fin. Fausse manœuvre de l’expéditrice ?)

 

Mail XI

De : Attila

A : Ammoniaque

CC : Agenor, Ajax, Regina, Nostra Dama  (Deborah n’est pas dans la liste)

Fais comme je t’ai dit, tu ne vas pas commencer à écouter la vieille radoteuse ? Tu laisses les parents à l’asile et tu mets Sarko en rouge, qu’on le voie bien. T’as intérêt à ce que la banderole soit finie demain. Et pense pas, c’est pas dans tes capacités. Répète, simplement.

 

 

Mail XII

De : Nostra Dama

A : la volaille hystérique

CC : les autres volailles hystériques

C’est pas bientôt fini, tas de veaux, ces envois de mails débiles ? Faites ce que vous voulez mais oubliez-moi dans votre délire ! J’en ai marre de voir tomber vos imbécillités toutes les trente secondes sur mon ordinateur. Vivement la retraite, que je ne voie plus vos tronches d’abrutis !

(A suivre)

 

 

30.03.2008

FLASH SPECIAL N° 5

LA CERBERE'S BAND VIENT DE FRAPPER !

DERNIERES REVELATIONS SUR LES ABERRATIONS DIRECTORIALES !

IL PARAIT QUE CERTAINES HEURES DE TRAVAIL NE MERITENT PAS D'ETRE CONSIDEREES COMME TELLES ET QU'ELLES N'ONT PAS EN CONSEQUENCE A ËTRE PAYEES !

 Les cochons reporters, qui s'intéressent à tout et c'est normal vu leur métier, viennent de recevoir une lettre anonyme révélant l'était d'esprit qui règne dans certaines administrations scolaires.

C'est ainsi qu'ils ont appris que le corps enseignant n'avait pas à considérer que les diverses actions menées, genre bac blanc ou autres, rentraient dans la catégorie "heures de travail". La notion de sacerdoce a été évoquée, et il semblerait que l'ont doive considérer ce genre d'amusement juste comme "un don de leur personne et de leur temps fait par les professeurs pour assurer à leurs élèves une réussite exemplaire." Il aurait été ajouté que de tels sacrifices sont la marque de "bons professeurs".

L'auteur de la lettre précise que la bouche qui a laissé tomber cet oracle ne semble pas vraiment consciente de ce qu'elle raconte et qu'elle ne fait au fond que répéter bêtement ce que ses supérieurs hiérarchiques lui ordonnent de dire. Elle paraît néanmoins convaincue de la pertinence de ses paroles.

Finalement, les profs sont les nouveaux saints de cette époque dépourvue de toute spiritualité. Heureusement qu'ils sont là pour bosser sans se faire payer. Grâce à eux, les valeurs de désintéressement du Christianisme vont faire un véritable bond en avant. Adhérez à l'Education Nationale, chers enfants de la Patrie ! Sanctification assurée -de même que le dégoût profond de certains êtres humains. (D'accord, c'est paradoxal, mais les incohérences et les absurdités ne font peur à personne dans ce type d'administration.)

Les cochons reporters ont décidé de leur ériger un sanctuaire. Mais ils ont besoin pour cela de fonds. Le Dieu Darcos pourrait peut-être donner la première obole ?...

29.03.2008

Les Olympiens 1

LES OLYMPIENS

Les mythologies ne se limitent certes pas aux mythes de création du monde. Revenons en Grèce pour essayer de voir ce qu’il advint de la nouvelle génération des Dieux, après la victoire de Zeus sur Cronos.

Les enfants de Cronos avaient été, dans l’ordre : d’abord trois filles : Hestia, Déméter et Héra ; puis trois fils : Hadès, Poséidon et Zeus. Chacun d’eux possédait ses attributs et son domaine fixés par le Destin :

-          Hestia présidait au foyer ; elle obtint de Zeus de rester éternellement vierge et demeurait immobile sur l’Olympe (montagne demeure des dieux).

-          Déméter présidait à la terre cultivée : ce n’est pas un « double » de Gaia, la Mère des Origines ; Gaia recèle en son sein montagnes, déserts et endroits plus fertiles alors que Déméter est essentiellement liée aux mythes du blé ; son culte se fait dans les plaines où pousse le froment.

-          Héra est la déesse du mariage ; c’est l’épouse de Zeus et elle veille au respect des lois conjugales.

Quant aux trois fils, le mythe prétend que leur domaine d’attribution relèverait d’un tirage au sort, après leur victoire sur les Titans. Zeus eut le ciel, Poséidon la mer, Hadès l’empire souterrain, le royaume des morts. Cependant, les Cyclopes leur avaient fait don à chacun, pendant la lutte contre les titans, des attributs de leur future domination : Zeus avait eu la foudre, Hadès un masque qui rend invisible celui qui le porte (= la Mort ), et Poséidon un trident.

A ces six enfants de Cronos s’ajoutent d’autres Dieux, pour la plupart enfants de Zeus. Mais il est malaisé d’en dresser la liste exacte car elle a varié au cours des âges. A « l’époque Classique », cette liste était la suivante : Aphrodite, Apollon, Artémis, Héphaïstos, Athéna, Arès, Hermès et Dionysos. Mais ce dernier pose énormément de problèmes dans la mesure où il existe un nombre important de figures différentes du dieu et il se voit affublé de noms divers selon les périodes ; Homère ignore Dionysos dans ses épopées mythiques mais il semblerait qu’une trace de ce dieu soit déjà présente à l’époque mycénienne. Bref, Dionysos incarne à lui seul la grande caractéristique des mythes grecs, à savoir la multiplicité des versions, (venant de la tradition orale), de même que leurs incohérences ou leurs contradictions. C’est d’ailleurs ce foisonnement inorganisé qui rend la mythologie grecque si intéressante.

Intéressons-nous à présent à cette seconde génération des Olympiens :

 

APOLLON : Fils de Zeus et de Leto (voir arbre généalogique dans mythe grec des origines n°3)

Il préside à la divination, à la guérison des maladies (mais aussi à leur propagation), et à la musique : il joue d’une lyre d’or et conduit le chœur des Muses. Il semble donc représenter la puissance incantatoire des chants « magiques ».

On fait souvent de lui un dieu solaire, car sa mère, Léto, est la fille des titans « astraux » Coeos et Phoebé. Mais le soleil (Hélios) est lui fils des Titans Hypérion et Theia et il possède ses légendes propres. Il sera d’ailleurs pratiquement toujours assimilé aux Titans, ce qui n’a jamais été le cas pour Apollon.

Apollon naquit dans l’île de Délos. Au moment où il fit son apparition, des cygnes sacrés volaient sept fois autour de l’île car on était au septième jour du mois. Ils emmenèrent le dieu nouveau-né dans leur pays, chez les Hyperboréens, où il resta un an, recevant les hommages des habitants. Vers le milieu de l’été, il revint en Grèce ce qui donna lieu à des fêtes et des chants.

A son retour, Apollon s’établit à Delphes. Et chaque année, on fêtait à cet endroit le retour du Dieu en Grèce. Mais avant de pouvoir faire de Delphes son sanctuaire, Apollon dut tuer de ses flèches Python, un dragon qui gardait dans la montagne un vieil oracle de Thémis et se livrait à mille exactions dans le pays. Apollon, en souvenir de sa victime, instaura les jeux « Pythiques » et s’emparant de l’oracle de Thémis, il  consacra dans le sanctuaire de Delphes un trépied sur lequel prenait place la prêtresse (= la Pythie ) chargée de transmettre ses réponses aux hommes.

Apollon était considéré comme le plus beau des dieux. On le représente souvent comme un grand jeune homme brun, aux cheveux bouclés, noirs avec des reflets bleutés. Il eut de nombreuses aventures amoureuses qui ne furent pas toutes des réussites. C’est ainsi qu’il aima la nymphe Danaé, laquelle ne répondit pas à ses avances et, pour se protéger de l’insistance du Dieu, fut obligée de demander à son père, dieu du fleuve Pénée, de la transformer en laurier. Cet arbre devint l’arbre par excellence d’Apollon. Même aventure désastreuse avec Coronis, dont il fit la mère d’Asclépios. Coronis trompa Apollon avec un mortel ; le dieu, furieux, tua Coronis d’une flèche et arracha Asclépios des entrailles de sa mère au moment où on allait allumer son bûcher funéraire.

Il tomba ensuite amoureux de Cassandre, fille du roi Priam de Troie. Il offrit de lui enseigner la divination ; Cassandre accepta mais une fois instruite, ne voulut pas céder au désir d’Apollon. Ce dernier se vengea en lui crachant dans la bouche et la priva ainsi du don de persuasion : les prophéties de Cassandre étaient toujours exactes, mais personne ne la croyait.

Apollon aima aussi quelques jeunes gens mais ses histoires amoureuses avec eux ne furent guère plus heureuses qu’avec les femmes.

Enfin, plusieurs légendes au sujet d’Apollon racontent que par deux fois, au moins, il fut obligé de se mettre au service des mortels, en punition de certaines fautes.

La première fois, ce fut suite à un complot monté contre Zeus avec l’aide d’Athéna, Poséidon et Héra, complot qui visait à lier Zeus dans des chaînes de fer et à le suspendre dans le ciel. Cette conspiration facétieuse échoua : Poséidon et Apollon furent obligés de travailler pour le roi Laomédon, roi de Troie : ils durent construire les murailles de la ville. Lorsque, leur tâche achevée, les deux divinités réclamèrent leur salaire, le roi menaça de leur couper les oreilles et de les vendre comme esclaves. La légende ne dit pas ce qu’il advint ensuite, mais on se doute qu’Apollon et Poséidon n’insistèrent pas.

La seconde fois, Apollon dut servir le roi Admète parce qu’il avait tué avec ses flèches les Cyclopes, ceux qui avaient donné la foudre à Zeus et dont celui-ci s’était servi pour tuer Asclepios, le fils d’Apollon, coupable d’avoir ressuscité des cadavres. Apollon fut donc pendant une année le bouvier d’Admète. On dit que jamais le troupeau ne se porta si bien que pendant cette année-là, qu’il prospérait de façon miraculeuse ; on dit même qu’Admète devint l’aimé du dieu. Mais on dit tant de choses…

(A suivre)

 

 

 

28.03.2008

FLASH SPECIAL N° 4

LES REVELATIONS DE DAME REGINA !

AGENOR ET PIMPRENELLE NE PARTENT PLUS A PARIS !

CARMEN KERMESSE AFFIRME : "ILS VONT AU FUTUROSCOPE"

Des révélations inouïes sont tombées sur nos téléscripteurs ces deux derniers jours. Avant de vous les livrer, nous avons voulu en vérifier l'authenticité. Impossible d'arriver à une conclusion claire et nette.

L'affaire se corse !

Dame Régina maintient ses affirmations : le TGV tentateur a été renvoyé à ses rails et Pimprenelle a annulé le voyage. Elle a certes donné les raisons de cet acte scandaleux (billet trop cher) mais la rédaction d'Astrocochon ne croit pas un instant à ce qu'elle raconte. Il semblerait qu'il y ait de l'eau dans le gaz entre la Nouvelle Syndiquée et le Deus ex Machina. Certains esprits malsains auraient même prétendu que Pimprenelle aurait déchiré sa carte d'adhérente et se serait écriée : "Non, finalement, je ne renonce pas à devenir une V.I.P." D'ailleurs, il parait qu'elle a organisé un nouveau jeu destiné à ses élèves qui s'appelle "soyez chef d'entreprise le temps que je me fasse remarquer par la Direction du Lycée" : il s'agirait d'un jeu de rôle destiné à faire prendre conscience aux ados concernés des différentes possibilités d'emmerder le monde quand on a un peu de pouvoir dans les mains. Astrocochon vous donnera à ce sujet des précisions ultérieurement.

En attendant, Agénor refuse de s'exprimer sur cette révolution avortée et garde un silence certes hautain et digne, mais très révélateur. Pourvu qu'il arrive à surmonter sa déception !

Cependant, Carmen Kermesse, interviewée hier soir par le rédacteur en chef, déclare que le voyage est maintenu, mais en direction de Poitiers et du futuroscope. Nous avons tout à craindre des salles obscures qui diffusent des films en trois dimensions.

Les cochons reporters n'ayant pas eu la possibilité de rencontrer Pimprenelle ou Agénor, l'information de Carmen Kermesse ne paraît pour l'instant pas très fiable. Mais pourquoi aurait-elle inventé une fable aussi ridicule ? Le suspens est à son comble.

Nous espérons pouvoir éclaircir ces énigmes dans un prochain flash spécial.

 

26.03.2008

Qui veut gagner des lardons n°13

QUI VEUT GAGNER DES LARDONS

N°13

Le chiffre 13, comme chacun sait, est un chiffre porte-bonheur. Aussi le rédacteur en chef d’Astrocochon, chargé entre autres de ce jeu complètement idiot, a-t-il particulièrement soigné ses questions afin de vous porter chance dans la course aux lardons.  Et comme c’est la treizième semaine que nous vous invitons à faire éclater le peu de neurones que vous avez, vous aurez droit à treize questions ! Admettez que votre magazine adoré fait tout pour vous contenter ! (Et il va falloir que le rédacteur se creuse davantage la cervelle pour trouver de quoi vous en mettre plein la vue. En conséquence, tous les dons, quels qu’ils soient, envoyés pour compenser le temps perdu à rédiger ces questions seront les bienvenus. Merci d’avance à file la laine et à Anaïs pour leur compréhension.)

 

QUESTION 1 : HISTOIRE

Quel est le fléau qui s’est abattu sur l’Europe pendant la guerre de Cent Ans :

A – Les Huns

B – La peste noire

C – Le choléra

D – Margaret Thatcher

 

 

QUESTION 2 : CINEMA

Qui a remporté l’Oscar de la meilleure actrice en 1943 pour son rôle dans le film Le chant de Bernadette ?

A – Rita Hayworth

B – Lauren Bacall

C – Maureen O’Hara

D – Jennifer Jones

 

QUESTION 3 : CULTURE GENERALE

Qu’est-ce qu’un ysopet ?

A – Une arme guerrière

B – Un recueil de fables du moyen âge

C – Une mesure agraire en Grèce

D – Un élément architectural

 

QUESTION 4 : OPERA

Qui a composé l’opéra Martha ?

A – Gounod

B – Humperdinck

C – Janacek

D – Flotow

 

QUESTION 5 : ARCHITECTURE

Quel style architectural est caractérisé par une profusion d’ornements et la totale liberté des formes ?

A – Le gothique

B – Le roman

C – Le gothique flamboyant 

D – le baroque

 

QUESTION 6 : CULTURE GENERALE

Quelle ville n’a pas été détruite au cours de son histoire par une catastrophe naturelle ?

A – Lisbonne

B – Agadir

C – Saint-Pierre de la Martinique

D – Dresde

 

QUESTION 7 : LITTERATURE

Madame de Staël a écrit :

A – Madeleine

B – Corinne

C – Sophie

D – Camille

 

QUESTION 8 : ORTHOGRAPHE

Quelle est la bonne orthographe de ce mot ?

A – Rhododendron

B – Rodhodendron

C – Rhodhodendron

D – Rododendron

 

QUESTION 9 : SCIENCES PHYSIQUES

Qui a dit : « tout corps plongé dans l’eau fait plouf ? »

A – Archimède

B – Newton

C – Personne

D – Quelqu’un

 

 

QUESTION 10 : SANTE

Pour éviter de mourir, il faut :

A – Ne pas fumer

B -  Ne pas baiser n’importe où et n’importe comment

C – Ne pas boire

D – Ne pas naître

 

QUESTION 11 : VARIETES

Qui a chanté : « Pendre un enfant par le groin /et puis l’flanquer dans l'purin… »

A – Yves Duteil

B -  Maxime le Forestier

C -  Francis Lalane

D – Daniel Guichard

 

QUESTION 12 : CULTURE RELIGIEUSE

Jésus est né à :

A – Nazareth

B – Jérusalem

C – Canaan

D - Bethléem

 

QUESTION 13 : SUPERSITION

Vous brisez un miroir : c’est le signe que :

A – Vous allez devoir en racheter un autre

B – Vous ne pourrez plus vous admirer dedans

C – Sept ans de malheur vous attendent

D – Vous allez mourir dans la minute qui suit.

 

 

 

REPONSES :

1 – Réponse B, la Peste Noire. Margaret Thatcher n’était qu’en gestation.

2 – Réponse D : Jennifer Jones

3 -  Réponse B. Qu’on se rassure, j’ai trouvé ce mot dans le dictionnaire.

4 – Réponse D : Friedrich von Flotow (1812-1883). Ce n’est pas le plus connu des compositeurs, je l’avoue.

5 – Réponse D, le baroque

6 – Dresde, détruire en février 45 par un bombardement aérien ; Lisbonne : tremblement de terre au XVIIIè, Agadir : tremblement de terre XXème, St Pierre de la Martinique  : éruption de la Montagne Pelée au XXème.

7 – Réponse B, Corinne.

8 – Réponse A

9 -  Réponse D, car il y a certainement eu un crétin pour dire ça, ne serait-ce que moi.

10-  Réponse D, abrutis. Il n’est pas écrit pour « ne pas mourir tôt ».

11 – Aucun, mais le saumâtre Duteil nous a fait cadeau d’une chanson aussi tarte que ses bons sentiments.

12 – Réponse D, Bethléem

13 – Si on s’en tient à la simple superstition, réponse C ; mais le A et le B tombent aussi sous le sens. Donc réponses A, B, C ou l’une de ces trois.

 

 

25.03.2008

Les mythes de fin du monde 2

 

LE MYTHE SCANDINAVE (fin) 

Les dieux, réveillés, se hâteront de tenir un conseil. Odin chevauchera jusqu’à la source de Mimir afin de demander conseil à Mimir lui-même. Le frêne Yggdrasil tremblera de toute ses branches et une peur panique s’emparera de tout être vivant, au ciel comme sur la terre.

Les Ases et les guerriers de la Valhalle vêtiront leur armure et chevaucheront dans la plaine. Odin se placera à la tête de son armée et il tiendra sa lance nommé Gungir. Son principal adversaire sera le loup Fenrir. Thor chevauchera à ses côtés mais devant combattre le serpent de Midgard, il ne pourra aider Odin. Freyr combattra contre Surt, mais il sera vaincu et tombera mort.

« Thor tuera le serpent de Midgard et fera encore neuf pas avant de tomber mort à terre, en raison du venin que le serpent crachera sur lui. Le loup engloutira Odin et telle sera sa mort. Mais aussitôt, Vidar s’avancera et posera un pied sur la mâchoire inférieure du loup. A ce pied, il porte la chaussure dont la matière a été assemblée de toute éternité : ce sont les morceaux de cuir que les hommes rognent à la pointe et au talon de leurs chaussures, et c’est la raison pour laquelle tout homme qui veut venir en aide aux Ases doit jeter ces rognures. D’une main, il saisira la mâchoire supérieure du loup et lui déchirera la gueule : telle sera la mort du loup. Loki livrera bataille à Heimdall (un autre Ase) et ils se donneront la mort l’un à l’autre. Ensuite, Surt lancera des flammes sur la terre et incendiera le monde entier. Voici ce qui est dit dans la Voluspa[1] :

[…]

Le soleil s’obscurcira,

La terre sombrera dans la mer,

Les étoiles resplendissantes

Disparaîtront du ciel.

La fumée tourbillonnera,

Le feu rugira,

Les hautes flammes

Danseront jusqu’au ciel. »

Mais après le cataclysme, une nouvelle vie va recommencer : « La terre surgira de la mer, et elle sera verte et belle. Les champs donneront des fruits sans avoir été semés. Vidar et Vali survivront car ni la mer ni le feu de Surt ne leur auront fait de mal. Ils habiteront à Idavoll, là où autrefois s’élevait Asgard. C’est là aussi que viendront les fils de Thor, Modi et Magni. {…] C’est là encore que se rendront Baldr et Holdr, en provenance de Hel. Tous ensemble, ils prendront place et converseront : ils évoqueront leurs antiques secrets et s’entretiendront de tous les événements qui autrefois se déroulèrent, du serpent de Midgard et du loup Fenrir. Ils trouveront dans l’herbe les tablettes d’or qui avaient appartenu aux Ases. »

Il y aura également de nombreuses demeures, des bonnes et des mauvaises : ainsi, la meilleure se située au ciel, à Gimlé ; mais d’abondantes et d’agréables boissons couleront aussi dans la halle appelée Brimir. Dans les montagnes de Nidafioll, il y aura une autre superbe demeure, faite d’or rouge et nommée Sindri. Dans toutes ces halles, vivront des hommes bons et vertueux.

Mais s’élèvera aussi une superbe mais sinistre demeure sur les rivages des Nastrandir. Les portes en sont orientées au nord. « Elle est entièrement tressée de dos de serpents, et leurs têtes, qui toutes sont tournées vers l’intérieur, crachent du venin, en sorte que le long de la halle coulent des fleuves de venin, dans lesquels marchent les parjures et les meurtriers. »

La pire des demeures se trouve cependant à Hvergelmir : c’est là que Nidhogg tourmente le cadavre des trépassés.

Les êtres humains disparaîtront tous, excepté un homme et une femme, nommés Lif et Leif-thrasir. Ils se cacheront pendant que le feu de Surt dévorera le ciel et la terre et se nourriront de la rosée du matin. Ils auront une très nombreuse descendance et c’est grâce à eux que le monde sera repeuplé. « Ce sont d’eux que les hommes naîtront. »

Quant au soleil, avant d’être rattrapé par le loup Fenrir, il aura donné naissance à un enfant qui ne sera pas moins beau que lui et qui chevauchera sur les chemins parcourus par son père lorsque les puissances divines périront.

 



[1] Poème eddique

24.03.2008

Les aventures du Prince Lexomil : XIII

Episode 13

Un prince sur une route obscure et (presque) déserte

Le séjour du prince Lexomil à Alcool ne devait durer qu’une soirée. Mais lorsqu’il se réveilla, il était dans un tel état comateux et nauséeux qu’il fut incapable de se lever et resta une journée entière sous son arbre, à gémir qu’il allait mourir et que plus jamais on ne le reprendrait à écouter les conseils d’inconnus visiblement siphonnés. A son hébétude physique et mentale s’ajoutait la honte de s’être lui, prince de sang royal, enivré comme un vulgaire manant. Si Valium et Xanaxa le voyaient dans cet état, ils le renieraient à coup sûr. Dans son délire post-alcoolisé, il entendait la Reine sa mère le tancer vertement pour s’être vomi dessus et le traiter de « mou » même pas capable de supporter quelques verres d’alcool. « Je n’en ai pas bu quelques, protesta-t-il en s’adressant à la forme penchée sur lui. J’en ai bu beaucoup. » « Ca, pas besoin de le dire, ça se voit à l’œil nu, mon gars », répondit Xanaxa avec une voix d’homme. C’était bizarre. La reine s’était-elle enrhumée ou avait-elle décidé, dans une de ses crises, de changer de sexe ? La vision du Prince se fit moins flou. Il se rendit compte que ce n’était pas Xanaxa qui se trouvait à ses côtés, mais un des nombreux pochards qui encombraient les parcs publics de Alcool. « Allez, pionce, vieux frère, reprit la voix. C’est ce que tu as de mieux à faire pour l’instant. » Lexomil ne se le fit pas dire deux fois. Il s’abandonna de nouveau au sommeil.

La nuit était tombée lorsqu’il reprit pleinement conscience de sa situation. Une soif intense le dévorait. Heureusement, une petite fontaine coulait à quelques mètres de son arbre et le prince, après avoir bu à satiété, se passa la tête sous l’eau froide jusqu’à ce que le monde qui l’entourait eût bien voulu reprendre forme et place normales. Il flageolait un peu sur ses jambes, mais sa tête ne tournait plus, il n’avait plus mal au cœur et même, il commençait à avoir vaguement faim. Naturellement, tous les magasins vendant autre chose que du liquide étaient fermés. « Bah, fit-il, j’en serai quitte pour déjeuner à Coup Bas. Je marcherai toute la nuit et j’arriverai là-bas au petit matin. » Restait à savoir quelle direction prendre pour atteindre sa nouvelle destination.

Alcool ne ressemblait en rien à Stress. Par la forme de ses rues, d’abord ; par ses habitants, ensuite ; et puis surtout, parce qu’ici, au moins, les panneaux routiers étaient debout et qu’on pouvait les consulter sans se demander si la direction était la bonne ou non. Ayant trouvé la rue qu’il fallait emprunter pour sortir du bon côté de Alcool, le Prince, ragaillardi par son eau fraîche et sa jeunesse en fleur, s’engagea d’un pas relativement vif sur le chemin qui devait le mener à Coup Bas.

Vingt-cinq minutes plus tard, il quittait les faubourgs de Alcool et se retrouvait dans une campagne parfaitement obscure, éclairée seulement par les rayons de la lune qui, cette nuit-là, avait décidé de ne projeter qu’une très faible lueur sur sa planète mère. Adonc, le prince Lexomil marchait-il au hasard, et faillit-il ainsi plusieurs fois se retrouver dans le fossé. Alors qu’il se demandait s’il n’était pas plus sage de s’arrêter et d’attendre le lever du jour pour continuer sa route, deux phares de voiture trouèrent les ténèbres et une voiture poussive et bringuebalante, à moitié défoncée sur le côté droit, fit son apparition. Malgré lui, le prince leva le pouce, et s’en repentit aussitôt, se rappelant, mais un peu tard, les conseils de sa mère Xanaxa : « Ne jamais suivre des inconnus, qu’ils soient mâle ou femelle, surtout la nuit, en pleine campagne ; et ne pas monter dans une voiture avant d’en avoir soigneusement examiné la carrosserie. » Le véhicule freina avec peine et stoppa quelques mètres plus loin. Lexomil s’approcha, le cœur battant, tremblant à la fois d’espoir et de frousse.

« Où allez-vous ? » demanda une voix féminine qui, à première vue, n’avait rien de celle d’une ogresse ou d’une pourfendeuse de vertu masculine. « A Coup Bas, répondit-il. Bonjour, Madame, ajouta-t-il parce qu’il était poli. Pourriez-vous m’y conduire ? » « Je m’y rends moi aussi, fit la dame. Montez, vous prie-je. Vous ne craignez pas d’être secoué ? » « Non, non, fit le prince. Enfin, si les secousses restent dans le domaine du supportable. » « Je ferai de mon mieux pour vous épargner le tape-cul, dit la dame. Montez, montez donc, je ne vais pas vous manger. Je ne suis pas dangereuse, seulement un peu étourdie quand je conduis, surtout si je bavarde. » Le Prince Lexomil se dit qu’il ferait peut-être mieux d’attendre le passage d’une autre voiture mais la contrée semblait tellement déserte que cette deuxième voiture risquait de n’apparaître qu’en début de matinée. Il s’installa donc près de la conductrice qui démarra avant même qu’il ait fini de refermer la portière.

« Claquez un grand coup, dit la dame. Et ne vous appuyez pas contre elle, la portière ne tient plus. » C’était le genre de paroles qu’on aime entendre en pleine nuit, dans un véhicule cahotant et tanguant sur ses roues, et à première vue quasiment dépourvu de freins car au premier « stop » où il fallut s’arrêter, la voiture ne s’immobilisa qu’en plein milieu du carrefour. Lexomil fit mentalement son signe de croix. « Sommes-nous loin de Coup Bas ? » s’enquit-il tandis que la dame s’excusait, elle n’avait pas vu le panneau parce qu’elle avait cassé ses lunettes et conduisait au jugé. « Assez, oui, dit-elle. Il faut repasser par Stress car il n’y a pas de route directe entre Alcool et Coup Bas. Mais ne vous inquiétez pas, nous y serons pour le petit-déjeuner. Enfin, je l’espère », acheva-t-elle avec un grand sourire et le Prince blêmit quelque peu.

« Comment vous appelez-vous ? demanda la dame. Et quelle étrange manie de se promener la nuit sur cette route déserte. Vous auriez pu rencontrer des alcoolisés méchants et brutaux qui auraient pu vous dépouiller de vos habits et de votre argent. » « Mon nom est Camisole, dit Lexomil, résolu à utiliser ce patronyme jusqu’à la fin de son périple. Et je n’ai pas eu le temps de me mettre en route avant la nuit. Vous croyez que j’ai eu de la chance ? » « Plus que de la chance, rétorqua la dame. Un pot phénoménal. Quant à moi, je m’appelle Fa. » Lexomil sursauta. « Elle se fiche de moi ou quoi ? pensa-t-il. A moins que ce ne soit les trois autres cinglés qui l’aient envoyée pour me jouer un nouveau tour. » « Quel drôle de nom », dit-il à voix haute. « Pas plus idiot que Do, Ré ou Mi, répliqua Fa. D’où sortez-vous pour être à ce point étonné ? » « Je viens de Coup Dur, répondit Lexomil. Et je suis un garçon naïf, gentil, sérieux et très vertueux. » « C’est très bien, approuva Fa. Mais que voulez-vous que ça me fasse ? » Elle tourna la tête vers le Prince et le regarda fixement pendant un bon moment. La voiture dévia lentement de la route et dans la lumière des phares, Lexomil vit arriver un poteau électrique. Il poussa un hurlement qui fit sursauter la conductrice et lui remit les idées à l’endroit. Le poteau fut évité mais pas la borne qui suivait. Un formidable bruit de tôle froissé s’éleva, et la dame jura entre ses dents. « Cette fois, c’est la portière arrière qui a pris, grommela-t-elle. Tout ça parce que votre visage me rappelle vaguement quelqu’un. Vous ne seriez pas politicien, par hasard ? » « Pas encore », répondit modestement Lexomil. « Alors, chanteur, artiste ? Syndicaliste, peut-être ? » « Alors ça, sûrement pas, dit Lexomil. Mon père et ma mère m’ont formellement interdit de fréquenter ces gens-là. » « Ils ont bien fait, assura Fa. Ils sont tout, sauf recommandables. Ainsi moi, voyez-vous… » Elle n’acheva pas sa phrase parce qu’une vache venait de traverser la route et pour l’éviter, Fa fit un grand écart et la voiture acheva sa course dans le fossé. « Vous n’avez rien, n’est-ce pas ? dit-elle en se tournant vers son passager, que la peur avait rendu muet. C’est évident. Vu l’allure à laquelle je conduisais, nous ne risquions rien. Savez-vous que je ne dépasse jamais le vingt à l’heure ? C’est un principe avec lequel je ne transige jamais. Voyez-vous, je suis une femme à convictions, et elles sont solides, croyez-moi. Qu’avez-vous à grimacer ainsi ? » « Je crois que notre voyage s’achève ici, hélas ! » murmura Lexomil. « Mais pas du tout, que vous êtes donc pessimiste ! Vous allez voir. Un coup d’accélérateur, et hop, ça va repartir ! »

(A suivre)

 

 

 

 

 

23.03.2008

FLASH SPECIAL N°3

REBONDISSEMENT DANS L'AFFAIRE AGENOR - PIMPRENELLE !

LES BANDELETTES MOMIFIEES S'AFFOLENT APRES LES AVEUX DE PIMPRENELLE !

"J'ATTENDAIS PAQUES POUR CESSER D'ËTRE UNE CLOCHE", déclare l'Egérie des Niaises. "AGENOR M'A TRANSFORMEE !"

A côté de ce qui vient de se passer, la Résurrection du Christ n'est que pâle tour de prestidigitateur et le couple désopîlant Nabot-Carla est renvoyé à ses gamineries inoffensives.

Les récentes déclarations de Pimprenelle (exclusivité de Astrocochon) font trembler l'univers. La Sainte Mère des Poufs a été touchée par la grâce : elle a pris sa carte au Syndicat et déclare vouloir "militer de toutes ses forces aux côtés de celui qui lui a ouvert les yeux sur sa triste condition de cruche inutile." Et elle a ajouté, dans un élan d'un lyrisme inouï, propre à vous faire monter les larmes aux yeux : "Je cède la présidence de mon association à celui ou celle qui la voudra. Je renonce à devenir une V.I.P. dans mon lycée. Désormais, je serai une seconde Ammoniaque." (Aïe, aïe, aïe !) "Agénor m'aidera à achever ma métamorphose."

Inutile de préciser que la rédaction de votre journal préféré en est restée baba. Un autre bruit circule : Pimprenelle serait tombée sur la tête, ce qui expliquerait sa soudaine illumination. Troisième bruit : cette époustouflante transformation serait en fait le fruit d'un esprit malsain et pervers, qui n'aurait d'autre amusement que celui de se moquer de ses collègues. Tant d'informations contradictoires nous parviennent que nous ne sommes plus en mesure d'affirmer qui ment ou non. Le lecteur voudra bien se débrouiller pour trouver tout seul la vérité.

22.03.2008

FLASH SPECIAL N° 2

SCANDALE DANS LA SALLE DES URNES FUNERAIRES !

AGENOR AVOUE : "JE PARS A PARIS AVEC PIMPRENELLE" !

La nouvelle est inouïe mais vraie : la Reine des Tartes et le Deus Syndicalistis vont passer ensemble une journée à Paris. Vertueusement, Agénor affirme qu'il s'agit d'un voyage tout ce qu'il y a de plus scolaire, avec troupeau d'élèves et programme surchargé dans les musées.

La rédaction d'Astrocochon est toute prête à le croire mais d'infâmes bruits circulent dans les couloirs : il parait que Pimprenelle serait prête à abandonner son GPS pour Agénor. Et renoncerait à son ignoble sac à dos pelucheux. Et aurait déclaré : "je n'enguirlanderais plus la salle des profs à Noël". De tels sacrifices, des changements si exceptionnels ne peuvent avoir qu'une seule explication : Agénor a séduit la poufiasse.

Astrocochon va se débrouiller pour connaître le jour et l'heure exacts du départ en TGV et enverra un cochon déguisé pour suivre les différents épisodes de cette palpitante saga. Mais nous pouvons dores et déjà affirmer que l'amour est vraiment la plus grande force au monde...

21.03.2008

Lucrèce Borgia contre Dame Angoissa Chronica

LUCRECE BORGIA CONTRE DAME ANGOISSA CHRONICA

 

OU EN ANGLAIS

"MUCH ADO FOR NOTHING"

 

L’ombre maléfique de Lucrèce Borgia plane sur la salle des Urnes Funéraires. Le temps des cornues tueuses, des éprouvettes meurtrières, des parfums qui vous expédient les pieds outre et des flacons empoisonnés est revenu. Chacun regarde l’autre avec suspicion : dans quel modeste membre du corps enseignant l’esprit abominable de l’abominable Lucrèce s’est-il réincarné ? Et si c’était le chef cuisinier ? Et si Cerbère elle-même… A moins que l’immonde empoisonneuse ne fût revenue sous la forme d’un nuage chargé de transformer l’eau en boisson mortelle…

Et devinez sur qui cet esprit dévoyé a décidé d’abattre son ire ? Sur la pauvre Dame Angoissa Dolorosa qui, franchement, n’avait pas besoin de ça pour exacerber son autre grande caractéristique : une hypocondrie force 350 sur l’échelle de Molière.

Scène : A la cantine, Dame Angoissa, ayant pour une fois laissé quelques angoisses au vestiaire, mange avec un méritoire appétit une bouffe que même les cochons devins, pourtant champions toutes catégories dans le genre gloutons et voraces, refuseraient d’ingurgiter. Mais Dame Angoissa a faim et il lui faut reprendre des forces pour affronter l’après-midi.

Elle a soif. Elle prend le pot à eau, en verse le contenu dans son verre qu’elle remplit aux trois-quarts et porte le breuvage rafraîchissant à ses lèvres.

Et tout à coup, hurlement.

Elle repose si brutalement son verre qu’il manque éclater en morceaux. Si elle n’avait pas reçu une aussi stricte éducation, elle aurait sans hésiter recraché dans son assiette cette eau empoisonnée.

Car Dame Angoissa est persuadée que l’eau n’est pas bonne ; que son verre a été mal lavé ; qu’il restait de la lessive au fond ; tout ça parce qu’au moment où le liquide a touché son palais, elle a ressenti une brûlure étrange et un goût amer s’est répandu dans sa bouche. On a voulu l’empoisonner, c’est évident. Lucrèce Borgia vient de frapper, par-delà la tombe et les siècles.

Les convives assis près d’elle sont étonnés : tout le monde a bu de l’eau et aucun d’entre eux ne lui a trouvé un goût quelconque, si ce n’est celui du chlore, ce qui n’a rien d’étonnant vu la dose qu’il faut pour la rendre potable.

Dame Angoissa est devenue toute blanche et tremble : elle insiste. Elle est empoisonnée, c’est certain, elle va mourir dans d’affreuses souffrances et ne reverra ni son mari ni ses enfants.

Pour lui prouver qu’elle ne risque rien, chacun boit à son tour l’eau du pot. Et ne trouve absolument rien qui pourrait justifier l’idée d’un potentiel empoisonnement. Dame Angoissa commence à se détendre. C’est peut-être elle qui a imaginé le retour inopiné de la Borgia dans notre monde.

Et soudain, deuxième hurlement.

« J’ai un bouton sur la langue », pleurniche Dame Angoissa, cette fois absolument persuadée que ce minuscule bouton va devenir pustule, puis flegmon, puis abcès et qu’elle va crever avant même la fin du repas dans d’autres atroces souffrances. « C’est à cause de l’eau, j’en suis sûre, elle avait un goût affreux, je suis empoisonnée. »

On essaie une fois encore de la calmer ; pour cela, il faut en passer par ses exigences. Que chacun, l’un après l’autre examine la cloque. On se penche sur l’objet en question avec une attention soutenue : effectivement, un vague, très vague petit bouton blanc commence à apparaître au bout d’une langue par ailleurs parfaitement saine. Mais c’est, évidemment, le début de la gangrène et la langue va tomber de pourrissement en fin de journée et Dame Angoissa sera muette ; elle mourra son pouvoir exhaler sa souffrance puisqu’elle n’aura plus la possibilité de parler. (Le mal aura aussi gagné les cordes vocales, le palais et la gorge en intégral.)

Tout la salle des Urnes Funéraires est conviée à examiner ce que Dame Angoissa nomme à présent sa « langue de bœuf » qui, parait-il, a doublé de volume. Même Cerbère, venue bêtement prendre un café, est prise à partie et sommée de compatir. Dans ses moments de lucidité, Cerbère est une personne bien élevée : elle conseille donc à Dame Angoissa de ne pas s’inquiéter, la particularité qui l’affole finira bien par disparaître et certainement avant elle.

Le bouton est resté sur la langue 48 heures. Il n’a pas grossi et puis il a disparu aussi mystérieusement qu’il était apparu. Mais Dame Angoissa reste persuadée que quelqu’un a voulu attenter à sa vie.

Vivement jeudi, et l’ergothérapie !

 

 

 

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