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23 septembre 2013

Dans les jardins du Palais Saint-Pierre...

En juin, l'auteur de romans policiers Christine Brunet est venue à Lyon et a réalisé une interview de ma gracieuse personne dans les jardins du Palais Saint-Pierre, autrement dit Musée des Beaux Arts. Voyez ce que ça donne...

 

 

04 juillet 2012

Monologue d'une vitrine

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Allons bon, le revoilà, celui-la ! Il n’a pas changé de tête depuis la dernière fois où j’ai dû exhiber le fruit de ses cogitations. Il pourrait faire un effort, montrer un peu d’originalité dans sa façon de se présenter. Regardez-moi cette photo qu’on m’oblige à montrer : elle date de quand, dites ? Au moins du siècle dernier, et encore, je suis généreuse ! Et puis en plus, il a fait dans le lourd, cette fois ! Plus de quatre cents pages, sans compter la couverture ! Ces auteurs à la gomme devraient quand même tenir compte du poids de leurs ouvrages ! Je n’ai plus vingt ans, moi ! J’en ai, des années et des années, dans mes rayons ! Et je ne vous parle pas des varices dans mon bois ni de l’état de la vitre, qui a connu des temps meilleurs ; non, je n’en parlerai pas. Je me contenterai d’exposer ce qu’on me donne sans me plaindre -du moins pas trop- en gentille vitrine que je suis.

 

L’Annonciade, tu parles d’un titre ! Au moins, grand-père va mourir, ça voulait dire quelque chose. Bon, ça éloignait un peu certaines catégories de lecteurs, mais on pouvait éventuellement imaginer une histoire. Heureusement, il y a la couverture. Elle est jolie, c’est vrai ; colorée, pleine de vie ; ça change un peu des couvertures si austères qu’on les dirait imaginées par les jansénistes de Port-Royal. Je serais curieuse de savoir ce que contient ce livre. Après tout, que le titre ne révèle rien n’est peut-être pas une mauvaise idée ; ça donne envie d’aller plus loin… Et puis, les moins fainéants des lecteurs n’ont qu’à retourner le bouquin et lire la quatrième de couverture. C’est ce que j’ai fait, un peu par obligation me direz-vous. Eh bien, je n’ai pas regretté. Si, si, c’est vrai. Vous pouvez me croire.

 

Hé ! Madame, Monsieur ! Hé ! Arrêtez-vous, quoi ! Regardez-moi ! Vous aimez les histoires policières ?...  Vous avez envie de faire un petit bond dans le passé ?... Vous connaissez un peu la ville de Lyon ? Non ? Oui ? Comment ça, vous ne savez pas ? Ce que je vous présente là, c’est un futur best-seller ! Ca vaut quand même la peine d’entrer, non ?...

 

Et de l’acheter, bien entendu.

 

PS : Attendez quand même septembre parce que Chloé des Lys est fermée en juillet et août. Eux, aux moins, ils ont des vacances. Pas comme moi !

30 mai 2012

L'Annonciade - Suite 1

PRESENTATION DU ROMAN

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L’Annonciade : c’est vrai que ce titre est assez énigmatique, surtout si l’on n’est pas de Lyon. Et puis même… Je suis persuadé que bon nombre de lyonnais ignorent à quoi il fait référence.

 

En fait, il s’agit du nom de la rue où a lieu le meurtre sur lequel repose toute l’intrigue du roman. Cette rue existe bel et bien, elle se trouve dans le quartier des Pentes de la Croix-Rousse. J’aurais pu choisir n’importe quelle rue de cet endroit, surtout que celle-ci est certainement une des plus banales des Pentes, mais le nom me plaisait beaucoup, à cause de sa consonance : elle rappelle les noms médiévaux qui sont encore assez courants à Lyon, surtout dans la vieille ville. Et puis, « annonciade » est proche du terme  « Annonciation », donc de Marie, et cette dernière est la patronne et la protectrice de Lyon. De plus, tout enfant né à Lyon (fortuitement ou volontairement) est placé automatiquement sous la protection de Marie, c’est ce qu’affirme une inscription placée dans la Chapelle de la Vierge à Fourvière. Je ne pouvais pas choisir meilleur patronage pour ce roman…

 

Pourtant, ce n’est pas Marie qui est sur la couverture. C’est Saint-Michel. Sa statue se trouve sur la basilique de Fourvière, en dessous de celle de Marie –hiérarchie oblige. Il pointe sa lance sur le dragon qu’il est en train d’écraser. Mais je lui trouve une attitude beaucoup plus menaçante : on dirait vraiment qu’il va terrasser la ville qui est à ses pieds. L’idée de France Delhaye, la dessinatrice de Chloé des Lys, de le faire paraître de dos en premier plan face à la ville, avec ce geste si symbolique de la lance pointée vers le bas est excellente. Je n’aurais vraiment pas fait mieux, car elle a parfaitement capté l’esprit du roman qui est, au départ, un « simple » récit policier ; par la suite, c’est devenu une description du quartier des Pentes dans les années 60 ; la couverture ajoute un degré supplémentaire dans l’interprétation : il ne s’agit nullement de la lutte des forces du bien contre les forces du mal, mais plutôt du symbole de ce que peuvent représenter ces deux entités divines : Marie, c’est l’amour, la tolérance, la douceur, etc. ; Saint-Michel, c’est l’archange vengeur, celui qui punit les transgressions quelles qu’elles soient. Et les transgressions ne manquent pas dans le roman, à commencer par celle qui ouvre le récit, le meurtre de la rue de l’Annonciade. La couverture invite donc à réfléchir sur un sens plus profond que peut acquérir le roman si on ne se limite pas à une lecture superficielle.

  

Comme bien souvent dans beaucoup de romans, Il y a  plusieurs niveaux de lecture. Et ces « niveaux » ne sont pas indépendants les uns des autres, ils se croisent. Le premier concerne la résolution de l’énigme policière, le second est une peinture plus ou moins mordante d’une certaine catégorie de la population lyonnaise à une certaine époque (1966), dans un quartier bien précis, qui a ses caractéristiques propres et ne ressemble pas à d’autres quartiers de la ville. Le troisième est, à travers l’intrigue et sa résolution, une autre peinture, mais cette fois des « lois » sociales et morales de l’époque qui protègent ou briment l’individu, selon de quel côté on se place. Enfin le quatrième pourrait être la notion de punition divine infligée aux hommes pour, comme je l’ai dit plus haut, leur tendance à transgresser les règles établies par Dieu. Mais on peut parfaitement choisir de s’en tenir à tel ou tel niveau.

  

Les problèmes rencontrés au cours de la rédaction du roman ont été assez nombreux, et divers. J’ai d’abord établi un canevas assez simple où les événements se déroulaient par ordre chronologique ; en même temps, j’ai rédigé une liste des personnages avec tous les détails qui pouvaient les caractériser. Et comme je trouvais qu’il y avait quelque chose qui clochait dans mon plan, j’en ai parlé à une amie qui m’a suggéré des modifications intéressantes. Puis, ayant refait un nouveau canevas à partir de ses conseils,  j’ai bâti la trame du roman en partant du meurtre et, comme dans un journal de bord, j’ai réuni petit à petit les éléments qui allaient conduire à la vérité. Il a fallu pour cela trouver les idées, les subterfuges qui pourraient expliquer le savoir de tel ou tel personnage sur tel ou tel aspect du problème, étant donné que le roman ne présenterait aucune enquête policière traditionnelle mais que seuls les bavardages des gens des Pentes permettraient d’avoir la clef de l’énigme. Cela a été assez difficile à mettre au point, l’absence d’enquêteur officiel rendant la narration extrêmement aléatoire, car il fallait prendre garde à ne pas commettre d’erreurs, écrire des absurdités, et surtout rester crédible, vraisemblable auraient dit nos Classiques. L’autre difficulté a été de croiser les différents niveaux du récit : arriver à restituer le caractère d’une population à travers des comportements et des dialogues qui seraient au service de l’intrigue policière, tout en introduisant, plus ou moins clairement, les contraintes morales et sociales de l’époque sans oublier qu’à cause du début du roman, l’ensemble est placé sous le regard et le jugement de Saint-Michel, que j’ai d’ailleurs laissé en rade sur son socle, je le reconnais, mais qu’on retrouve quand même (brièvement) à la fin. J’avoue humblement que je n’avais pas du tout mesuré l’ampleur du problème.

 

Quant à l’intrigue, il y a forcément quelques éléments autobiographiques inclus dedans, puisque l’action se situe dans le quartier de mon enfance, à une époque où je n’étais encore qu’un « gone ». On a beau travestir la réalité, il y a toujours des moments où elle ressurgit, plus ou moins malgré soi. Je ne me retrouve dans aucun personnage du roman en particulier, mais un peu dans tous ; il est certain que j’ai utilisé des souvenirs précis pour décrire tel endroit, ou tel personnage, en les mêlant à la fiction. Certains passages sont tout à fait réels, entre autre la description du quartier, de ses coutumes, de sa topographie. Ce sont les gens qui m’ont servi de modèles qui ont subi le plus de transformations : ils devaient acquérir une personnalité propre à intéresser un lecteur -en réalité, ils étaient tous des gens simples, honnêtes, banals, sympathiques avec quelques défauts mais sans plus. Pour les faire devenir personnages de roman, je devais accentuer tel trait de caractère, telle façon d’être, etc. bref, leur donner une dimension autre. La Lemaire, la punaise du quartier, réunit toutes les particularités bonnes et surtout mauvaises des vieilles femmes que j’ai côtoyées ; il en est de même pour les membres de la famille Pavis qui sont une sorte de « manteau d’Arlequin » d’hommes et de femmes du quartier ; la boulangère était pénible et pas toujours aimable, mais ce n’était pas la harpie que j’ai décrite ; la laitière, que j’aimais beaucoup quand j’étais adolescent, et dont j’ai fait le personnage principal, avait bien ce côté un peu « lunaire » mais n’était pas aussi excentrique. Je n’ai pas écrit L’Annonciade pour régler mes comptes avec un quartier, bien au contraire. Si je n’ai aucune envie de revenir concrètement aujourd’hui à cet endroit, je conserve cependant un souvenir ému mais sans nostalgie de cette époque. J’ai aimé ces gens ; certains m’ont énervé, d’autres m’ont laissé indifférent. Je n’ai voulu que tenter de restituer une ambiance, une façon d’être …

 

L’intrigue du roman est plus ou moins basée sur un fait réel. Il n’y a jamais eu de pharmacie dans la rue de l’Annonciade et à ma connaissance, il n’y a pas eu de meurtre à cette époque dans cette rue. Mais il y avait bien une officine pas très loin du carrefour de l’Annonciade, et la pharmacienne a bien été assassinée. Je ne me souviens absolument pas des détails de l’affaire et encore moins de l’identité du meurtrier. Disons que je me suis emparé de ce fait divers et que je l’ai déplacé à un autre endroit du quartier, en inventant complètement les origines de ce meurtre, de même que ses conséquences.

 

L’Annonciade donne aux femmes un rôle essentiel puisque ce sont leurs bavardages qui vont permettre de trouver la vérité ; de même, ce sont les femmes qui décident du rejet ou non de telle ou telle personne par le quartier : elles semblent détenir le rôle de procureur et de juge, et leur parole est essentielle, ce qui n’est en soi que peu étonnant : à cette époque, dans ce milieu, les hommes travaillent hors du quartier et sont donc peu présents ; par contre, les femmes restent souvent à la maison ou tiennent les commerces. Mais le roman montre également à quel point leur parole est manipulée par les hommes. De même, l’opposition est flagrante entre les différents quartiers de la ville : les Pentes, c’est le milieu populaire, Ainay, le milieu bourgeois et c’est la pharmacienne qui fait le lien entre ces deux univers si dissemblables. Enfin, les actes commis dans le passé ont parfois des répercussions tardives mais dramatiques…

 

Extrait du début du roman : L’arrivée de Saint-Michel.

 

L’archange battit des ailes et s’élança. Traversant l’univers, il s’enfonça dans l’épaisse barrière nuageuse qui protégeait la sphère. La lumière rouge et or du soleil illumina un instant son corps gracieux. Il ne distingua d’abord  rien. Puis les montagnes apparurent, les mers, bleues et vertes, les terres, noires, ocre ou couvertes de végétation. Et enfin la ville. Il ralentit sa course, replia ses ailes, descendit lentement vers ce qui lui semblait être un socle prêt à le recevoir, posa les pieds sur la pierre et s’immobilisa, pointant sa lance vers le sol, en direction de la cité des hommes.

 

« Bienvenue dans ma ville », dit la voix douce de Marie, majestueuse dans sa robe d’or. Elle se tenait très droite en haut de la chapelle construite en son honneur. Michel voulut tourner la tête vers elle. Il ne le pouvait pas. Il était figé sur la pierre, dans une attitude grandiloquente et guerrière, un peu ridicule. La lance semblait vouloir terrasser l’ennemi allongé devant lui, non pas le dragon, mais cette immense mer de toits rouges qui scintillait dans la lumière de midi, et ces deux rivières dont l’une, alanguie comme une courtisane, étalait paresseusement ses méandres. Plus violent, plus fougueux, le fleuve descendait en grondant de sa montagne natale et se précipitait à l’assaut de la ville, repoussé par les parois de la colline, et tentait de s’assagir, de contenir sa puissance pour ne pas effaroucher la pourtant peu chaste fiancée qui l’attendait avec impatience, plus loin, vers le sud, où se célèbreraient enfin leurs noces.

 

Derrière l’archange, Marie avait ouvert les bras. Les mains tendues sur la cité, paumes ouvertes vers le ciel, dernier rempart contre la lance vengeresse, elle semblait la bénir, dans un geste de tendresse, de pitié, et d’amour.

 

 

 

 

25 mai 2012

L'Annonciade

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BONNE LECTURE !

PS : Je sais, la lecture de la quatrième de couverture n'est pas facile. Donc, cliquez à droite dans la catétorie "ouvrages parus"...

06 février 2010

L'usager des transports en commun lyonnais

Définitions :

« Transport en commun » : déplacement d'un lieu à un autre de corps compressibles à volonté au moyen de machines sophistiquées mais qui tombent régulièrement en panne (et surtout quand vous avez un train à prendre) nommées « métro », « bus » « tramway » « trolleybus ».

NB : Ne pas confondre le sens premier de cette expression « transports en commun » avec son sens plus imagé et disons plus métaphorique : « orgie ». Jusqu'à preuve du contraire, la définition de base ne contient pas la moindre connotation de plaisir.

Usager : Corps sans cervelle qui est déplacé d'un point A à un point B par les transports en commun susnommés.

Synonymes :

« Transports en commun » = bétaillère.

« Usager » = Fléau, grippe A, peste noire, choléra, cyclone, catastrophe ambulante...

Article :

Depuis quelques mois, par obligation, je prends très régulièrement les transports en commun lyonnais. Il m'est donc possible d'observer tout à loisir le comportement de mes concitoyens.

Eh ben, c'est pas triste.

J'ignore comment se comportent les lillois, marseillais, bordelais, toulousains dans leurs bus ou métros, mais la gent lyonnaise a quand même de très fortes chances de détenir le pompon dans le genre « j'ai laissé ma cervelle sur la table avant de partir, à moins que je sois né sans ». Mais vu la propension innée à la moutonnerie chez l'être humain, j'imagine que cela doit être à peu près pareil, à quelques variantes près. Quoique, avec l'accent marseillais ou toulousain, les choses sont peut-être plus amusantes...

Oh pardon, mille excuses, je viens d'écrire une énorme sottise, et pire, de commettre une injustice impardonnable. S'il y a une population qui n'a pas ce comportement de débile mental, c'est, d'après une bouche vénérable et vénérée (celle de ma sœur), la population parisienne. Oui, les gens là-bas savent réfléchir et sont civilisés (toujours dixit la même). Bon, je veux bien : que les ploucs mal élevés et cons soient plus nombreux en province qu'à Paris, cela me semble assez évident statistiquement parlant vu que sur 60 millions d'habitants que compte notre pays, il y en 50 qui vivent en province. Cela dit mes rares intrusions dans le métro parisien ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable sur la bonne éducation des gens de la capitale. Mais passons, le problème n'est pas là.

Intéressons-nous donc à ce que nous connaissons vraiment, à savoir l'usager lyonnais. Nous l'avons défini plus haut comme un fléau ; soyons plus précis : ce n'est pas lui en tant que personne (encore que...) mais plutôt son comportement qui laisse fortement à désirer. Nous prendrons, pour appuyer notre thèse, quelques exemples choisis au hasard... (Ben voyons !)

Fléau numéro un : l'impossibilité pour les lyonnais d'attendre qu'une rame de tramway ou de métro se vide pour monter dedans. Imaginons une station de tram bondée ; arrive la sublime machine, bondée elle aussi. Que demanderait le simple bon sens ? Qu'on s'écarte des portes et qu'on laisse descendre les voyageurs. Raisonnement stupide et beaucoup trop sain pour un certain nombre de personnes qui se précipitent sur la porte, s'engouffrent comme elles le peuvent dans la masse qui veut sortir et créent un bouchon innommable en voulant poinçonner leur ticket ou valider leur abonnement à la borne prévu pour cet usage.

Et je ne vous dis pas ce que ça donne les jours de fête style « fête de la lumière » où le délire atteint son paroxysme : une rame arrive bourrée jusqu'au plafond de voyageurs au bord de l'évanouissement ; une autre rame est attendue une minute après. Et tout le monde se précipite dans la première, les portes peinent à se refermer, ça crie dans tous les sens parce que ça ne peut plus bouger. Départ de la rame, arrivée immédiate de la seconde : quasiment vide, un seul voyageur monte : votre serviteur. (Absolument véridique, testé pour vous le soir du 8 décembre, station Part-Dieu.) Serais-je le seul à avoir conservé la faculté de réfléchir ??????

Ce sport bien connu ici sous le nom de « t'as pas à descendre quand je veux monter » est tellement pratiqué que la direction des TCL (Transports en commun lyonnais) a décidé de poster des agents de sécurité aux grandes stations de correspondance lors des « grands événements » qui se tiennent dans la ville, et plus prosaïquement aux heures de pointe. Ils sont chargés de veiller à ce que les usagers ne transforment pas une banale arrivée de rame de métro ou de tram en pagaille insensée. C'est tout dire...

Fléau numéro 2 : Aïe, là, je vais me faire des ennemies (notez le féminin pluriel)... Les lectrices qui ont peut-être bien rigolé précédemment risquent de trouver la suite moins amusante. Tant pis, j'assume. Ce fléau a pour nom : POUSSETTE.

Ne commençons pas à chipoter sur la taille et les dimensions de la chose, prenons la poussette lambda, celle qui ne relève ni du char d'assaut, ni de la litière pour rois fainéants.

Et reprenons notre exemple de la rame de métro bondée : au lieu de sortir le môme de sa poussette, de l'obliger à se tenir un peu sur ses deux jambes, de plier ladite poussette afin de tenir moins de place, la Mère s'engouffre dans le wagon toutes voiles dehors et se gare où elle peut. Mettez-en trois comme ça et vous n'avez plus de place pour les malheureux qui ont oublié d'acheter des lardons. D'accord, mais quand vous avez un bébé qui ne sait pas encore marcher, comment faites-vous, espèce de macho misogyne, bourreau d'enfants qui plus est ? Je vais être atroce, mais tant pis : vous évitez de prendre les transports en commun aux heures de pointe, voilà tout. Vous faites vos courses dans les moments creux de la journée, surtout (et c'est généralement le cas) si vous ne bossez pas. Car les femmes qui travaillent ne se tapent pas le métro ou le tramway avec leur gamin en revenant du boulot. Ce n'est quand même pas bien compliqué à comprendre, surtout si vous cessez de vous considérer comme le nombril du monde et que vous admettez une bonne fois pour toutes qu'avoir fait un gamin ne relève ni de l'exploit, ni du passeport pour le n'importe quoi.

A la poussette-fléau, il faut ajouter l'instrument dont je me servais quand j'étais enfant mais qu'à l'âge de dix ans, j'ai abandonné, me jugeant un peu ridicule juché dessus : LA TROTTINETTE. Apparemment, cela fait fureur chez les adultes nostalgiques ou frénétiquement décidés à ressembler à leurs enfants. En général, ce genre d'engin se plie. Mais ce serait vraiment trop facile de la plier ; et puis, dites, que faites-vous des efforts qu'il faudrait accomplir pour la déplier en sortant de la station ? Alors on monte avec son truc, on en profite pour en donner quelques coups dans les tibias ou les chevilles environnantes, et on croit avoir atteint le summum de la civilité en disant avec le sourire « oh, excusez-moi pour ma connerie maladresse» tant il est répandu depuis quelques années que tout le monde étant beau et gentil, on pardonnera sur le champ cette « maladresse » qui vous aura valu un bleu carabiné qui mettra quinze jours à s'estomper. Non, poufian / poufiasse, je n'excuse pas ta maladresse connerie, t'as vu comment je te regarde ? Je ne suis ni beau ni gentil et j'ai simplement envie de te mordre et de démolir ta trottinette. Tu permets que j'assouvisse mon instinct cannibale ?

Fléau numéro 3 : Je vais encore faire monter la pression d'un cran : les parents nantis d'un gamin qui sait se servir de ses deux jambes. Le comportement part d'un bon sentiment : quand il y a du monde, le môme risque de se faire écrabouiller, ou de trébucher quand la machine freine et s'arrête et de se casser la figure parce qu'il ne sait pas toujours bien se tenir. On cherche donc une place assise.

Mais là où nos grands-parents, nos parents auraient adopté une attitude sensée, à savoir s'asseoir et nous prendre sur leurs genoux, le géniteur / la génitrice vingt-et-unième siècle fait asseoir l'enfant et reste debout près de lui, le tient fermement... et bouche tout le passage. Pour peu que le paquet animé soit accompagné de paquets inanimés, c'est carrément la barricade qu'il faut franchir comme vous le pouvez, en restant poli, bien sûr ; d'autant plus qu'on vous a adressé un sourire de connivence censé prouver que, évidemment, vous comprenez la situation... Non, vous ne la comprenez pas et vous n'avez aucune envie de la comprendre. Vous vous retenez simplement de faire remarquer cette admirable absence de bon sens parce que vous n'avez pas envie d'être lynchée par la populace outrée. C'est de la lâcheté ? Pas du tout : c'est l'instinct de survie qui parle.

Fléau numéro 4 : Sortons de cet enfer des métros et trams bondés pour entrer dans une rame qui, pour une fois, ne l'est pas. Il n'y a pas de poussette, pas de trottinette, pas de gamin à tenir, bref, c'est le paradis. Et en plus, il y a plein de places assises. Vous vous installez commodément, vos regardez avec satisfaction autour de vous, et vous vous retenez tout à coup de pousser un hurlement d'effroi : vous n'êtes pas dans un wagon de métro, mais dans un train-fantôme. Vous n'êtes pas entourés d'êtres humains, mais de zombies ou d'automates reproduits à un nombre effarants d'exemplaires. C'est un cauchemar, c'est certain.

Mais qui sont ces bipèdes bardés de fils électriques qui sortent de leurs oreilles et vont se perdre dans les profondeurs de ce qui semble être leur corps ? Et pourquoi ont-ils tous le même regard aussi expressif qu'une vache en train de ruminer ? Et pourquoi d'ailleurs, ont-ils quasiment tous ce même mouvement de la mâchoire qui consiste à mastiquer, mastiquer, mastiquer ?... Et pourquoi lisent-ils tous le même « gratuit », penchés sur leur journal ouvert à la même page ?

Il est sept heures du matin, ce n'est pas encore l'heure de pointe, et vous êtes réveillé depuis un bon moment. Donc, ce n'est pas un cauchemar ; c'est la réalité...

Tout ceci est exagéré ? Oh non. C'est simplement le fruit d'une observation attentive et qui n'arrive plus à être bienveillante. Et quand on voit ce néant dans les petits gestes de la vie quotidienne, on en vient à prendre peur quand on envisage ce que ça peut donner dans le domaine plus vaste de la pensée, qu'elle soit politique ou autre...

Comme dirait Shakespeare : « How many goodly creatures ares there here ! How beauteous mankind is ! O brave new world !"... 

 

 

10 janvier 2010

Tête d'Or sous la neige

Le rédacteur en chef d'Astrocochon étant moins fainéant que les sublimes cochons devins (dont les prédictions sont ci-dessous), il est allé ce matin au Parc de la Tête d'Or, en plein centre de Lyon, faire quelques photos... Et lui qui pensait pouvoir profiter d'une relative solitude s'est un peu trompé : à onze heures, c'était déjà plein de promeneurs pourvus d'appareil photo, de familles avec luge et traîneau (mais si !) et il a même croisé quelques skieurs... Mais malgré ces indésirables (dont il faisait partie), c'était tout de même très beau...

Non, on n'est pas au Canada.

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"Fileur éternelle des immobilités bleues blanches" 'Eluard, corrigé pour la circonstance. Pardon, Paul.

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"Dans le vieux parc solitaire et glacé..." Verlaine.

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"Et le lendemain, le canard était toujours vivant..." (Robert Lamoureux)

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L'embarcadère... Un peu désert, non ? Et lac très vaguement gelé.

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