02.07.2008
Qui veut gagner des lardons n° 25
QUI VEUT GAGNER DES LARDONS N° 25
La rédaction d’Astrocochon qui, on s’en est aperçu depuis longtemps, ne limite pas les colonnes de son magazine à des prévisions astrologiques 100 % fiables, vous livre donc son jeu hebdomadaire en espérant que cette fois, vous serez moins « malchanceux » (soyons gentils !) en ce qui concerne les réponses.
Les lardons vous attendent toujours dans le frigo caché à l’endroit secret « que personne ne connaît », ceci afin d’éviter aux cochons devins des tentations auxquelles ils ne savent pas résister, et après ils ont du cholestérol et une indigestion carabinée et l’exactitude de leurs prévisions s’en ressent.
Nous avons donc fait en sorte que vous puissiez gagner un maximum de ces succulents lardons (qui vont le devenir nettement moins si vous persistez à être mauvais) et pour cela, nous avons choisi des questions relativement faciles.
Bonne chance à tous.
QUESTION 1 : VOCABULAIRE
Qu’est-ce qu’un rondeau ?
A – Un poème à refrain ?
B – Un rouleau de bois que l’on passe sur la terre ensemencée ?
C – Une forme instrumentale ou vocale caractérisée par l’alternance de couplets différents et d’un même refrain ?
D – Une bûche de bois à brûler ?
QUESTION 2 : LITTERATURE
L’héroïne des Liaisons dangereuses de Laclos, Madame de Merteuil est-elle :
A – Marquise ?
B – Baronne ?
C – Comtesse ?
D – Vicomtesse ?
QUESTION 3 : HISTOIRE
Quel roi a succédé à François 1er ?
A – François II
B – Henri II
C – Charles IX
D – Louis XI
QUESTION 4 : GEOGRAPHIE
Tulle est la préfecture de :
A – La Corrèze
B – La Creuse
C – La Dordogne
D – Le Doubs
QUESTION 5 : CINEMA
Dans Le film l’Eternel Retour, inspiré de l’histoire de Tristan et Yseult, quelle actrice donne la réplique à Jean Marais ?
A – Marie Déa
B – Maria Casarès
C – Madeleine Sologne
D – Michèle Morgan
QUESTION 6 : TELEVISION
La célèbre série Urgences a pour cadre un hôpital à :
A – New York
B – Boston
C – San Francisco
D – Chicago
QUESTION 7 : RELIGION
Quel est le nombre de psaumes contenus dans la Bible ?
A – 140
B – 150
C – 160
D – 170
QUESTION 8 : ASTROLOGIE
Si vous êtes né(e) le 21 juin, vous êtes :
A – Taureau
B – Gémeaux
C – Cancer
D – Gémeaux ou Cancer
QUESTION 9 : POLITIQUE
Qui a dit : « il est encore plus petit couché que debout » ?
A – Carla B. en parlant de Nicolas S.
B – Ségolène R. en parlant de Bertrand D.
C – Arlette L. en parlant de Olivier B.
D – Personne à ma connaissance
QUESTION 10 : CULTURE GENERALE
Lequel de ces monuments n’est pas une des sept merveilles du monde ?
A – Le phare d’Alexandrie
B - Le mausolée d’Halicarnasse
C – Le temple d’Artémis à Ephèse
D – Les jardins suspendus de Babylone
REPONSES :
1 – Réponses A et B ; la réponse C correspond au rondo. La réponse D au rondin.
2 – Réponse A : marquise.
3 – Réponse B : Henri II qui avait pour épouse Catherine de Médicis. François II et Charles IX sont leurs fils.
4 - Réponse A, la Corrèze.
5 – Réponse C, Madeleine Sologne.
6 – Réponse D, Chicago
7 – Réponse B, 150.
8 – Réponse D : les 21 et 22 de chaque mois sont les dates charnières qui correspondent au passage d’un signe à l’autre. Ce passage n’a jamais lieu au même moment chaque année. Il faut donc dresser le thème astral de la personne concernée pour savoir si elle est encore Gémeaux ou déjà Cancer.
9 – Réponse D. En fait, la véritable citation est (à peu de choses près) : « il est encore plus grand mort que vivant ». Question : qui a dit ça ? Un lardon supplémentaire pour ceux qui trouvent la bonne réponse.
10 – Aucun, ils appartiennent tous à la liste. Rajoutons la statue de Zeus à Olympie, la pyramide de Khéops a Gizeh et le colosse de Rhodes.
13:02 Publié dans Jeu : "Qui veut gagner des lardons ?" | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : jeu, humour
29.06.2008
Prévisions astrologiques n°26
SEMAINE DU 30 JUIN AU 6 JUILLET 2008
Bonjour à tous les accros des prévisions astrologiques porcines. Cette semaine, l’observatoire des cochons devins a dû faire face à quelques tempêtes sans gravité mais qui ont quelque peu perturbé l’esprit d’analyse de nos astrologues. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, mais parfois, leurs prévisions sont assez déroutantes. Merci de ne pas leur en vouloir, car, pour une fois, ils n’y sont pour rien.
Toujours astralement vôtre.
BELIER : D’après les cochons devins, vous ne ferez rien cette semaine. Mais rien du tout. Cependant, ne vous réjouissez pas trop car un tel vide d’activités professionnelles et autres engendre l’ennui le plus déprimant. Toutes vos envies, quelles qu’elles soient, seront réduites à néant. Vous en serez quitte(s) à errer comme une âme en peine à la recherche de vous ne savez quoi. Bon courage.
TAUREAU : Si on excepte lundi, jour peu faste pour vous car vous serez en proie à des angoisses inutiles, la semaine qui vient vous verra de bonne humeur, prêt(e) à affronter tous les problèmes qui pourraient surgir, notamment dans le domaine familial. Laissez vos inquiétudes existentielles au vestiaire et profitez de ce ciel particulièrement serein.
GEMEAUX : La semaine qui vient ne sera pas franchement terrible, il faut bien le dire. L’ennui pèsera sur vous mais il n’aura pas la même origine que celui des Béliers. Vous devrez une fois encore vous livrer à des tâches particulièrement fastidieuses. Attention lundi, risques d’affrontements avec des personnes légèrement bornées à qui il faudra ne surtout pas dire qu’elles le sont. Maîtrisez votre impatience et faites contre mauvaise fortune bon cœur. La semaine suivante s’annonce meilleure.
CANCER : Cette semaine sera bien moins mauvaise que la précédente. Les influences négatives ont tendance à s’apaiser ce qui va vous permettre de respirer un peu. C’est le moment de prendre du recul par rapport à votre travail et à vos relations sentimentales. Soyez détaché(e) et vous y verrez beaucoup plus clair. N’hésitez pas à trancher dans le vif pour vous sortir de certaines situations pénibles qui vous pourrissent la vie depuis pas mal de temps.
LION : Votre ciel est toujours au beau fixe ce qui énerve prodigieusement les cochons devins (on ignore pourquoi). Voici ce qu’ils vous conseillent : continuez donc de gonfler les autres à outrance, vous verrez bien ce qui vous arrivera par la suite. Il semblerait qu’un retour de bâton soit à prévoir pour les semaines suivantes. Mais bon : pour les sept jours à venir, faites donc encore ce qu’il vous plaira, de toutes façons, tout va vous réussir. C’en est déprimant (pour les autres).
VIERGE : Vous aurez tendance à vous énerver cette semaine pour pas grand-chose. Soyez donc plus calme si vous voulez passer quelques jours pas trop désagréables. Concentrez-vous sur les tâches à accomplir et dites-vous qu’une fois qu’elles seront faites, vous serez débarrassé(e) de toutes vos obligations. Profitez-en pour faire un petit régime : légumes et eaux claire vous rendront votre vitalité.
BALANCE : Le rouge est à vous cette semaine. C’est très bon signe. Malgré quelques petits ennuis sans gravité, vous serez en pleine forme et prêt(e) à conquérir le monde. Vous accomplirez les tâches les plus ennuyeuses avec entrain et insouciance. Vous serez particulièrement efficace sur le plan professionnel. Profitez-en un maximum pour assurer vos arrières. Sentimentalement, tout va bien et financièrement, il n’y a toujours rien à dire.
SCORPION : Vous pouvez relâcher votre surveillance, les astres ont cessé de vous envoyer des ondes négatives. Vous subirez encore les séquelles des différents conflits ayant eu lieu la semaine dernière mais elles seront sans gravité réelle. De toutes façons, vous avez la force de passer outre et vous saurez faire preuve de diplomatie. Attention cependant à ne pas faire d’abus d’alcool et de substances hallucinogènes : vous pourriez avoir de très mauvaises surprises. Donc, sur ce plan-là, gardez une stricte hygiène de vie. Pour le reste, faites ce que vous voulez.
SAGITTAIRE : Si vous êtes encore vivant(e), bravo, cela veut dire que vous avez surmonté les épreuves de la semaine précédente. Les cochons devins sont très optimistes à votre égard : ils voient votre ciel se découvrir complètement, vous permettant ainsi de réaliser la plupart de vos désirs. Ca fait du bien après une telle tempête. Jupiter se montre particulièrement bienveillant donc profitez-en pour maintenir le calme et la sérénité dans le domaine familial. Par contre, Vénus ne vous est pas favorable : ce n’est donc pas le moment de courir le guilledou. Contentez-vous de ce que vous avez –ou n’avez pas, au choix.
CAPRICORNE : Mars vous envoie des ondes particulièrement négatives cette semaine. Vous aurez tendance à vous énerver pour rien et à éclater régulièrement comme une cocotte-minute en folie. Le stress de la semaine dernière est encore hélas bien présent dans votre vie. Prenez garde aux entorses, foulures et autres élongations qui pourraient survenir au cours de promenades récréatives. Si vous voulez absolument prendre l’air, tâchez de vous faire porter par quelqu’un : ça évitera les chutes malencontreuses. Et pour vous calmer, buvez un peu.
VERSEAU : Un Jupiter peu enclin à vous faire des cadeaux entrave vos projets : vous serez toujours assez peu sociable et certains problèmes ménagers risquent de tourner à la catastrophe. Prenez garde à tout ce qui est appareil électrique, non par crainte d’électrocution mais vos ondes négatives risquent de les mettre out en peu de temps. Défoulez-vous en tapant sur les murs, vous ne risquez rien à part une fracture du poignet si vous oubliez d’enfiler des gants de boxe.
POISSONS : Bon, et bien, dans l’ensemble, c’est correct. Pas de quoi sauter au plafond mais pas de quoi non plus prendre une déprime. La semaine sera relativement bonne, dans tous les domaines, avec une petite pointe d’anxiété lundi mais sans conséquence. Mangez beaucoup de viande, ça vous changera de votre plancton habituel.
11:18 Publié dans Prévisions astrologiques porcines | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : astrologie, pastiche, humour
28.06.2008
La vengeance du pied fourchu : 4
La semaine qui s’écoula ne fut pas pour Missia une période d’insouciance. Les paroles d’Asphodèle n’étaient pas tombées dans l’oreille d’une incrédule. Aussi prit-elle garde à tout changement, même le plus insignifiant. Pour rien, d’ailleurs, car Monseigneur Satan était toujours vautré dans son enfer et continuait de peaufiner son plan d’attaque.
Missia devint quasiment obsédée par une attente dont elle ignorait totalement la durée et le terme. Sa manie de guetter le moindre bruit, de humer la moindre brise, de tâter le moindre rocher puis de l’asperger d’eau bénite afin d’être certaine qu’il s’agissait bien d’un inoffensif minéral et non d’un démon finit par rendre nerveux tous les membres de sa famille, y compris Madame la Mairesse qui n’était pourtant pas du style à s’angoisser quand le bon état de son argenterie n’était pas en jeu. Elle confia un soir à son mari la dernière invention de sa sœur cadette. Monsieur le Maire n’avait rien contre Missia sinon qu’il la trouvait parfois très fatigante, insolente, et il l’eût volontiers giflée quand elle s’avisait de le rendre ridicule en public, comme cela avait été le cas lors de la dernière réunion du conseil municipal. Aussi ordonna-t-il à sa femme de prendre ses distances avec la « demi folle » comme il l’appelait en son for intérieur, ce que Madame la Mairesse s’empressa de faire. Alors qu’auparavant, elle se rendait à la maison familiale au moins quatre fois par semaine pour gémir quand elle était de mauvaise humeur ou parader lorsqu’elle estimait que tout allait bien dans son existence, Catherine espaça ses visites et, cette semaine-là, ne vint voir sa mère qu’une seule fois.
« Elle est malade, dit gravement Madame Marie en ne voyant point débarquer sa fille aînée juste au moment où personne n’avait envie de la voir. Je crains qu’elle n’ait attrapé l’influenza ou quelque chose de ce genre. » « L’influenza cloue au lit, répliqua Arnaud. Et Catherine court comme un cabri dans les champs, je viens de la voir. Elle a simplement autre chose à faire. » Mais la mère tenait à son idée. « J’ai une tante qui est morte de l’influenza, insista-t-elle. Du moins est-ce ce qu’on a prétendu. Mais vu les gens qu’elle fréquentait, je me demande si elle ne s’est pas tout bonnement fait assassiner. Je ne sais plus. » Arnaud contempla sa mère d’un œil compatissant. « Il n’y a aucune épidémie d’influenza dans le coin, dit-il. Ca se saurait. Peut-être que Missia en connait plus long sur la dernière lubie de notre sœur que nous. »
On interrogea Missia qui répondit qu’elle ne savait strictement rien mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter, Catherine ayant toujours été bizarre. Affirmation qui fit sourire Martin, présent à cette petite conversation familiale. Puis, selon une habitude prise depuis sa rencontre avec Asphodèle, Missia se mit à bénir la table, les chaises, et tous les recoins de la cuisine, sans parler des chambres et du grenier. « Quant tu auras fini de te prendre pour le Pape et de nous faire tourner la tête, tu viendras peut-être m’aider à faire la cuisine », grommela Marie, très contrariée par le délire religieux qui s’était tout à coup emparé de sa cadette. « Il y a beaucoup plus urgent que le repas, répondit Missia. Faites-moi confiance. » Et pendant qu’elle y était, elle lança son eau bénite sur sa mère, son frère et son fiancé, lesquels ne parurent pas très contents de cette douche improvisée, surtout Marie qui venait de laver le carrelage.
Lorsque la semaine fut écoulée, Missia monta de nouveau au refuge d’Asphodèle, comme cette dernière le lui avait ordonné. Mais cette fois, elle se fit accompagner de Martin qui, tout courageux qu’il fût, n’avait pas tellement envie d’affronter la sorcière la nuit et sur son terrain. Mais les désirs de Missia étaient des ordres, d’abord parce qu’il l’aimait plus que tout au monde et ensuite parce qu’elle pouvait se montrer tellement insupportable qu’il valait mieux céder tout de suite à ses caprices.
Grimper dans la montagne en pleine obscurité n’était pas chose facile, mais Missia et Martin connaissaient tous les chemins par cœur. Aussi fut-ce sans difficulté qu’ils parvinrent au repaire d’Asphodèle qu’ils trouvèrent assise devant sa cabane. Elle avait allumé un grand feu et entassé près d’elle une dizaine de pierres d’une étrange couleur noire. Elle releva la tête à leur arrivée et leur fit signe de s’asseoir en face d’elle, de l’autre côté du feu. « Je vais interroger les pierres pour toi, dit-elle à Missia. Vous devrez garder le silence absolu pendant toute la séance. D’ailleurs, pourquoi as-tu amené cet ahuri qui me regarde comme si j’allais lui sauter à la gorge ? » La réponse de Missia devança celle de Martin. « C’est mon fiancé, expliqua-t-elle. Je ne peux rien lui cacher et il saura me protéger. » « Contre le diable ? ricana Asphodèle. J’en doute. Mais qu’il sache se taire, au moins. Cette cérémonie ne doit être connue de personne, sinon, je ne donne pas cher de notre peau à tous les trois. » « Il sait garder un secret », assura Missia. « Vu qu’apparemment, il est muet, je pense que je peux te croire », railla Asphodèle et Martin prit l’air contrarié. « Je peux parler… » commença-t-il mais un sec « ce n’est pas le moment d’en faire la démonstration » coupa sa réplique.
Asphodèle saisit une des pierres noires dans sa main, se pencha sur elle, traça dessus un étrange dessin, puis après avoir marmonné une incompréhensible incantation, la lança dans le feu. Hypnotisés, Missia et Martin ne quittaient pas le brasier des yeux, certains d’en voir surgir le diable lui-même. Mais rien ne se produisit, sinon un jaillissement d’étincelles. Et il en fut de même pour toutes les autres pierres qui furent à leur tour jetées au milieu des flammes. Le feu, qui aurait dû être étouffé par cet entassement, semblait au contraire connaître un regain d’ardeur. La voix d’Asphodèle s’éleva : « Pierres du désert, pierres de l’enfer, accordez-moi le pouvoir d’être un instant à la fois ici et en bas, prêtresse et diablesse, sorcière et démon. »
A peine avait-elle fini sa phrase que les flammes parurent s’affoler, monter encore plus haut vers le ciel ; le feu cracha une myriade d’étincelles et les pierres virèrent au rouge incandescent. Asphodèle s’était penchée en avant et avait tendu les mains, comme pour accueillir un visiteur attendu. Puis elle se rejeta en arrière ; une fumée noire l’enveloppa tout à coup et lorsque cette dernière se dissipa, Missia et Martin, terrorisés, virent à sa place un homme vêtu de noir, assis en tailleur, flottant dans les airs à quelques centimètres de la pierre sur laquelle Asphodèle se tenait quelques secondes plus tôt.
(A suivre)
11:36 Publié dans Contes et légendes de France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : contes, légendes, humour, pastiche, littérature
26.06.2008
Les aventures du Prince Lexomil : XXIII
Episode 23
Quand un Prince doit décliner son identité…
…tout s’arrange, comme par hasard
Pendant que Lexomil et son tortionnaire devisaient de choses et d'autres, les policiers, dont le zèle avait été aiguillonné par une bordée d’injures et d’extravagantes menaces de représailles inouïes, s’étaient précipités sur les papiers du malheureux Lexomil et avaient découvert avec une stupéfaction aggravée d’une angoisse soudaine que leur prisonnier n’était rien moins que le Prince héritier qu’ils n’avaient pas reconnu, et pour cause, Lexomil s’étant toujours tenu à l’écart des photographes, même pendant les réceptions officielles. Le passeport qu’ils tenaient entre leurs mains était estampillé du sceau Royal, portait le cachet du Palais Royal et la tronche de Son Altesse Royale ressemblait trait pour trait à celle du zigoto qu’ils avaient ramassé dans la rue.
Ce genre de document étant on ne peut plus miné, ce fut avec moult précautions qu’ils le portèrent à leur patron et ils sortirent en courant, à peine le passeport posé sur la table. Le commissaire s’étonna bien de cette précipitation mais ne prit pas vraiment garde à ce qu’elle supposait. Il allait enfin connaître l’identité de ce petit malin et lui coller un rapport qui allait l’envoyer à l’ombre pendant au moins un mois.
Lexomil n’était pas content. Il voulait être traité comme un simple citoyen et était à peu près sûr que dès que le commissaire serait guéri de la déprime qui allait s’abattre sur lui, il allait devoir subir courbettes et compliments, excuses interminables et discours pontifiants. Si son anonymat tombait, il ne pourrait plus arpenter les routes comme il le souhaitait -ou plutôt comme il le devait eu égard aux ordres de Sa Majesté Xanaxa- et surtout, il lui serait impossible sinon d’arriver à Déprime-Sur-Boulot, tout au moins de rencontrer en privé et tranquillement Damoiselle Citalopram-Biogaran et commencer à lui faire sa cour. Aussi fit-il une dernière tentative pour éviter la catastrophe.
« Mon identité importe peu, dit-il. Collez-moi une amende, je suis prêt à la payer. Et même emprisonnez-moi pour un jour ou deux, je le mérite. Mais je vous assure, vous n’aurez rien de plus quand vous saurez qui je suis. »
Le commissaire grimaça le sourire de l’hyène qui contemple sa proie. « Tes paroles en disent long, répliqua-t-il. Tu ne veux vraiment pas que je regarde ce passeport. Mais c’est justement ce que je vais faire. » Et, persuadé d’avoir mis la main sur l’ennemi public numéro un, le commissaire ouvrit le document fatidique.
« Et zut ! pensa Lexomil en le voyant devenir tout à coup blême. C’est fichu ! Adieu ma tranquillité ! » « Nom de Dieu… » exhala seulement le commissaire avant de sombrer dans un bienheureux évanouissement. « Qu’il est donc émotif ! » dit Lexomil en se levant pour lui porter secours.
Les quelques minutes qui suivirent furent assez houleuses. Le bruit de la chute « commissariale » avait été suffisamment fort pour attirer tous les policiers présents dans le bâtiment. On s’attroupa autour de l’évanoui, on le gifla, on lui fit respirer des sels, on l’éventa, on lui jeta un seau d’eau froide à la figure tout en faisant de majestueuses courbettes au Prince Héritier et en lui demandant s’il voulait boire quelque chose. La pagaille était à son comble lorsque le malheureux commissaire revint à lui. La première personne qu’il vit, ce fut Lexomil, assis sur la table, en train de siroter avec une paille un diabolo menthe qu’on était allé chercher au café du coin. A peine revenu de son coma, l’humble fonctionnaire se traîna à genoux devant le Prince en balbutiant de piteuses excuses. « Remettez-vous, mon ami, dit Lexomil, magnanime. Votre erreur est très pardonnable. Je n’avais qu’à me présenter tout de suite. » « Votre Majesté est trop bonne », chuchota le policier, toujours à genoux. « Pas encore Majesté, rectifia Lexomil. Votre altesse royale suffira. »
Pendant ce temps, on continuait de s’empresser autour de cet hôte inattendu et on proposa à Lexomil de lui faire visiter le commissariat de fond en comble. « Hélas, fit Lexomil avec son plus charmant sourire, j’aimerais bien vous agréer, mais j’ai déjà perdu beaucoup de temps (ici, tout le monde baissa la tête, empli d’une extrême confusion) et j’aimerais poursuivre ma route sur Congédiement. Si, bien entendu, cela ne vous ennuie pas de me rendre mon passeport. » Ce fut un tollé général : non seulement cela n’ennuyait personne, mais en plus, on proposa d’emmener Son Altesse Royale à destination dans une voiture blindée précédée de dix motards en uniforme. « Non, merci, répondit Lexomil. Je tiens à garder l’incognito. Et vous me feriez grand plaisir, messieurs, d’oublier ce qui est arrivé et de ne rien dire à quiconque concernant mon passage dans votre ville. » « Votre Altesse Royale a notre parole », promit-on en chœur mais on continuait de s’interroger sur le vertigo qui s’était emparé du Prince Héritier et l’avait poussé à hululer en pleine rue en compagnie de la folle. D’ailleurs, tiens, en parlant d’elle, que fallait-il en faire, de cette exaltée ?
Interrogé, Lexomil répondit que c’était une de ses meilleures amies, qu’il fallait la libérer sur le champ et la laisser faire ce qu’elle voulait, elle n’était pas dangereuse, seulement légèrement prompte à s’emporter. On alla donc libérer la malheureuse Fa qui tournait toujours en rond dans sa cellule et avait réussi à creuser une tranchée de vingt centimètres.
(A suivre)
07:10 Publié dans Conte du pays de Déprime | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, humour, satire, caricature, littérature
24.06.2008
Nostra Dama s'en va
NOSTRA DAMA S’EN VA
La sublime Nostra Dama, déesse aux Talons Aiguilles pourfendeurs, notre Mylène-Marlène bien aimée part à la retraite…
La nouvelle n’a rien de surprenant, me direz-vous, étant donné que vous l’avez déjà annoncée dans le premier portrait que vous fîtes d’elle.
Certes. Mais c’était en décembre 2007 ; l’échéance semblait encore bien lointaine. A présent, tout est consommé. Elle a vidé son casier, emporté toutes les chaussures à talons qui l’encombraient de même que tous ses catalogues de bas résilles et, accessoirement, les copies des tracts rédigés par Deborah qui pourrissaient au fond d’un carton.
C’est fini. Et vous pensez bien que nous ne l’avons pas laissée partir comme ça. Nous lui avons infligé une soirée « d’au-revoir » au cours de laquelle un individu qui n’avait rien de mieux à faire a trouvé le moyen de prononcer un discours que je vous reproduis tel quel.
L’EPOPEE DE NOSTRA DAMA
Discours en vers qui se veulent des alexandrins.
En vertu des pouvoirs qui me sont conférés,
Grande Impératrice, Reine de la soirée,
C’est à moi, misérable et indigne rimeur
Que revient donc le soin de chanter ta valeur !
De ce cœur daigne entendre la plainte sacrée,
Et de ton attention daigne bien l’honorer.
Mon discours sera long, et même interminable
Car j’ai bien l’intention d’endormir cette table
Par le glorieux récit de toutes tes prouesses :
Cet hommage impromptu n’aura certes de cesse
Que de tous tes combats, je n’ai rendu compte
Et que tes ennemis j’eusse couvert de honte.
Commençons tout d’abord par l’adoration*
Et laissons notre cœur épancher sa passion.
Ave Nostra Dama, gratia plena,
Benedicta tu, et benedictis Talonis Aiguillonis tui.
Morituri unde tassa stupidum copierum te salutant.
Sancta Nostra Dama, ora pro nobis pendentum retraita tua,
Nunc et in hora retraitis nobis qui arriverit, helas, in multi annea et
Crevarum erimus avanti, certainis est, dixit Denaïze.
(Gafiot, I beg your pardon for the sacrilegium)
Nostra Dama naquit en plein siècle dernier
Après ces longs combats qui furent meurtriers.
Dans ses langes serrée, elle réclamait fort
Des talons effilés et des bas tout en or.
Sur son front la résille avait posé ses doigts
Et ses rêves n’étaient que chatoiements de soie.
A trois ans de la lutte elle fit son combat,
Recrachant sa Blédine, inondant de caca
Tous ceux qui s’opposaient à son désir secret :
Devenir l’Egérie des plus grands cabarets.
Le meilleur lui ouvrit une porte impériale :
Ce fut L’Education que l’on dit Nationale.
Elle erra quelque temps dans ce milieu pourri,
Cherchant quelque intérêt à tous ces gens rassis
Et très vite compris que pour gagner l’Olympe,
Aux sommets de Paris il fallait qu’elle grimpe.
Sa lumière sur nous à grands flots descendit,
Nous fûmes enchantés et nous fûmes ravis,
Par son verbe exalté, par sa bouche vermeille
D’où tombaient si souvent comme autant de merveilles
Des oracles divins, des sons si mélodieux
Que sans force à ses pieds nous gisions silencieux.
Pouvait-on concevoir adresser ses prières
Autrement qu’allongé le nez dans la poussière,
A la divinité souple comme une anguille
Qui vous ratatinait de ses talons aiguilles
Si vous prononciez* certains mots malheureux
Excitant son courroux, son esprit valeureux.
Comme il était aisé, cependant, de lui plaire !
Il suffisait de dire et cela d’un tel air,
« Je fais grève aujourd’hui, je vais à la manif,
Je prends la banderole et j’ai là mon canif,
Prêt à plonger au cœur de tous les opposants
Sa lame si sacrée, son acier si tranchant. »
Un sourire radieux tombait sur votre cou,
Elle vous bénissait, disait « relevez-vous,
Entendu je vous ai, je vous ai bien compris
Entre vos mains je mets mon honneur et ma vie,
Encor adorez-moi**, défendez-moi toujours,
Et vous serez alors digne de mon amour. »
Mais ce temps de bonheur hélas est révolu !
Notra Dama nous quitte et nous laisse tout nus
Entre les mains de qui, mieux vaut n’en point parler
On pourrait de mes mots beaucoup trop s’offusquer.
Adieu notre Sibylle, adieu notre Cassandre,
Droit en enfer sans vous nous allons redescendre,
Nous n’avons pas compris ce que vous psalmodiez,
Nous n’avons pas suivi vos avis éclairés.
Nous voilà maintenant tout au bord de l’abîme
Et vous nous laissez seuls, face à notre déprime !
Mais vous n’avez pas tort, chère Nostra Dama
De tourner les talons, de vous tirer de là.
Hélas, votre départ laisse en nous un grand vide,
Et remplit notre cœur de pensées bien morbides.
N’étiez-vous pas pourtant, depuis déjà longtemps,
Partie très loin de nous rejoindre les Titans ?
Dans les couloirs obscurs, vos pas bientôt s’éloignent,
Il ne reste plus rien, comme alors en témoignent
Ce silence absolu, cette absence de son,
Le souvenir perdu du bruit de vos talons.
Regagnez l’Empyrée, au banquet prenez part,
Des dieux soyez l’idole et soyez le rempart
Contre les coups de blues qui sur nous s’abattront
Quand des discours simplets, las, nous écouterons.
Dame aux talons pointus, dame aux belles résilles,
Dame aux cheveux de feu couverts d’une mantille,
Souvenez-vous de nous au sein de votre ivresse,
Et parfois soupirez : que devient donc le SNES ?...
* On fait une diérèse. Merci.
** A cet endroit, le récitant, submergé par l’émotion, s’est planté et au lieu de lire « adorez-moi » a dit « adhérez-moi » : lapsus révélateur de l’influence magnétique de notre Egérie Syndicale.
07:10 Publié dans Portraits et anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : portraits, humour, caricature, profs, snes
23.06.2008
Planisphère : Mort, où est ta victoire ?
Je sais : un titre aussi beau pour une histoire aussi sordide et une greluche aussi tordue, c’est plus qu’un sacrilège, c’est une trahison. Mais on racole le lecteur comme on peut.
Peut-être préférez-vous ce titre ?
LA FIN DE SATAN PLANISPHERE
Par Victor Hugo Porky
Un peu prétentieux, de quoi faire grimper Dame Sardine aux murs (« tu ne te prends quand même pas pour Victor Hugo ? » « Non, ma chérie, je me prends pour moi, tout simplement »), mais tant pis, assumons.
Et nox facta est.
Voilà bien peu de temps, Planisphère tomba…
Abandonnons la rime pour revenir à la prose et décrivons l’écroulement d’un monde, celui de Planisphère, éjectée, dissoute, atomisée par une équipe en pleine rébellion. Marie-Antoinette est morte, vive Gélatine 1er !
On se souvient de l’effroyable anecdote racontée quelques jours plus tôt sur ce blog, anecdote à vous faire pleurer toutes les lames de votre corps parce qu’elle décrivait la révolte insensée des esclaves de Planisphère ayant osé prendre les armes contre leur bonne dame, leur si gentille maîtresse, incarnation vivante de la charité et du dévouement.
On aurait pu croire que, grâce à l’aide chevaline et zélée de Proserpine, Planisphère allait mater ces insensés et les faire rentrer dans le rang. Hélas…
Planisphère tomba, elle tomba bien bas…
Elle chut dans le vide et le néant obscur,
Rejetée par ses pairs, crucifiée sur le mur.
Réunion au sommet, regroupant Cerbère, Proserpine Ventremou Decheval, Planisphère et les adorateurs du Cabinet. (Justement, en parlant de cabinet, il semble que Planisphère ait eu des problèmes pendant la réunion qu’elle dut quitter précipitamment plusieurs fois : Chagrin inconsolable ou taraudante cystite ? Pas d’info à ce sujet.)
Discours pontifiant de Cerbère qui adore parler d’elle. Inattention croissante de l’auditoire qui pense surtout au combat meurtrier qui va se dérouler dès que la cheftaine aura fini de se glorifier. Planisphère tripote un énorme tas de papiers et Proserpine prend ce qu’elle s’imagine être un air inspiré ; son regard tente de laisser percevoir une lueur d’intelligence ; essai manqué.
Regina trépigne, Agénor s’endort. Gélatine se répand. Musaraigne Laborieuse, consciente de vivre un moment historique, écoute de toutes ses oreilles. Planisphère tripote toujours sa paperasse.
Elle tomba encore, Interminablement.
Ca n’en finissait plus, ça devenait barbant…
Quid de ces feuilles graffités ? Rien d’autre que toutes les tâches que Planisphère a accomplies pendant son règne et dans ses vies antérieures. Arme de dissuasion totale : si on veut la dégommer, voilà ce qu’il faudra faire, voilà les corvées qui vous attendront. Ah ! De quoi en effrayer plus d’un(e), pas vrai ?
Jetons un coup d’œil sur ces fameux travaux d’Hercule : beaucoup d’encre pour pas grand-chose. Elle aurait pu résumer ça en dix lignes et ce qu’elle affirme devoir prendre, au bas mot, plusieurs heures par jour, ne va vous occuper qu’une heure par semaine. Planisphère serait-elle méditerranéenne pour sombrer ainsi dans l’exagération ?
Cerbère pérore toujours. Planisphère l’écoute, ravie. Voilà maintenant que la Patronne se lance dans un éloge dithyrambique de la vieille morue. Tous les visages autour de la table se renfrognent. Planisphère plane. Elle est au septième ciel. Elle a bien fait de confier ses soucis à Proserpine ; elle a bien fait de lui demander de plaider sa cause auprès de Cerbère ; elle a tué la révolte et niqué ses administrés. Proserpine a fait du bon boulot puisque la Patronne dit exactement ce qu’on attendait d’elle.
Mais Cerbère est une rouée. Elle ne peut pas blairer Proserpine. La vieille Planisphère l’insupporte. Et la grenade inattendue explose, étendant raide les deux conspiratrices.
Cerbère (sucre et miel, à Proserpine Decheval, en guise de conclusion de son éloge planisphérique) – Ai-je bien récité ma leçon ? J’ai bien dit tout ce que vous m’aviez demandé de dire ? Je n’ai rien oublié, vous êtes sûre ?
Planisphère blêmit, Proserpine rougit, Cerbère sourit. L’auditoire ne fait rien mais n’en pense pas moins.
On regarde le cadavre de Planisphère. Il gît parmi les trucs inutiles et ringards entreposés dans la salle. Mais il bouge encore. Il faut l’achever au plus vite.
Vote : qui va obtenir la direction du Cabinet ? Deux voix pour Planisphère (la sienne et celle de Musaraigne Laborieuse –mais on sent une hésitation dans le vote de cette dernière : si Planisphère est out, ne vaudrait-il pas mieux cirer les pompes du/de la nouveau/nouvelle directeur/directrice ?) Toutes les autres voix pour Gélatine, tellement ému d’être ainsi élu par ses pairs qu’il coule sur la moquette au grand dam de Cerbère.
C’est ainsi qu’elle tomba, sans cri, en silence,
Mais son dernier regard exprimait sa souffrance.
Quoi ! Tant d’années passées à se bien dévouer*
Et par ces intrigants être déboulonnée !
Elle rit tout à coup et par terre cracha :
Morte, je ne suis point ; j’aurai ces cancrelats !
Mais un souffle passa ; elle tomba plus bas…
* On fait une diérèse. Merci.
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22.06.2008
Prévisions astrologiques n° 25
PREVISIONS ASTROLOGIQUES N° 25
SEMAINE DU 23 AU 29 JUIN 2008
En ce premier jour d’été, les cochons devins ont tout particulièrement soigné leurs prévisions. La chaleur ne les a pas rétamés ; au contraire, il semblerait qu’ils soient encore plus excités que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire.
Et comme les vacances ne sont pas loin, ils se sont déjà battus pour savoir où ils allaient villégiaturer pendant le mois d’août, période pendant laquelle l’observatoire porcin sera fermé. Certains veulent aller se tremper le groin dans la mer, d’autres veulent grimper sur le Mont Blanc et d’autres encore préféreraient une retraite campagnarde. On n’est pas rendu. Mais ne vous inquiétez pas, les dernières prévisions de juillet vous diront TOUT, absolument TOUT sur ce qui vous attendra en août. (Ce ne sera pas forcément de votre goût, mais tant pis.)
Que la semaine à venir vous soit astralement douce.
BELIER : Après une semaine bien chargée, vous pouvez souffler un peu. Les astres, assez cléments à votre égard, vous promettent quelques jours de bon temps pendant lesquels vous pourrez fainéanter tout à votre aise. Evitez cependant les provocations. Santé : attention à la chaleur, vous savez qu’elle ne vous réussit pas trop, alors buvez beaucoup d’EAU pour éviter la déshydratation.
TAUREAU : Pour vous aussi, la semaine qui s’annonce sera très agréable. Sur le plan professionnel, vous n’aurez strictement rien à faire et vous risquez de vous ennuyer et d’être à nouveau envahi(e) par l’angoisse. Ne commencez pas à flipper, les astres vous sont favorables à 90 %. Les 10 % qui restent, pas folichons, concernent le domaine familial. Vous aurez tendance à gonfler certains membres de votre famille ; sachez lâcher du lest, même si vous êtes bourré(e) de bonnes intentions.
GEMEAUX : Cette semaine sera plus ou moins réussie pour vous. Lundi et mardi seront des jours très calmes pendant lesquels vous ne ferez rien. A partir de vendredi, votre ciel s’obscurcit car les ennuis commencent. Vous serez obligé(e) d’écouter des discours qui vous ennuieront au-delà du descriptible. Soyez patient(e) et tenez le choc parce que la semaine suivante s’annonce vraiment merdique.
CANCER : Les points noirs de la semaine dernière sont devenus de gros nuages menaçants qui risquent de déverser sur votre tête quelques averses impromptues. Courbez la tête sous les orages et attendez le retour du beau temps. (Les cochons devins adorent la métaphore météorologique et la mettent à toutes les sauces.) En clair : sur le plan professionnel, ce n’est pas le moment de dire à votre patron qu’il est con comme un balai, sur le plan sentimental, on a vu nettement mieux. Santé : soyez moins nerveux/se.
LION : Et bien voilà. Tout vient à point à qui sait attendre. Vous pouvez maintenant mettre tous vos projets à exécution car votre ciel est sans nuage et les astres en parfaite harmonie avec les signes et les secteurs où ils se trouvent. C’est le moment de rugir comme vous seul(e) savez le faire. Santé excellente, énergie très positive : vous avez un maximum d’atouts pour enquiquiner le monde. Lâchez-vous !
VIERGE : Allons bon, voilà que c’est vous qui décrochez le pompon cette semaine ! Ce rouge indique un surcroît de vitalité et d’optimisme. Professionnellement, vous serez au top, ce qui est une chance incroyable vu les travaux qui vont vous tomber sur la figure à partir de lundi après-midi. Mais Mercure, votre planète maîtresse, vous protège. Même si vous avez envie de tout envoyer balader, vous saurez prendre du recul par rapport à ces tâches fastidieuses. Un conseil cependant de la part des cochons devins : faites attention aux ragots qui courent de ci, de là…
BALANCE : Après un week-end qui vous aura vu(e) fatigué(e) et survolté(e), vous reprendrez le train-train quotidien. Cette semaine sera dans l’ensemble assez agréable si vous savez vous détacher de tous les petits ennuis quotidiens. Sur le plan professionnel, ce sera la routine parfaite. De bonnes influences régissent l’intérieur de votre maison car Jupiter vous envoie plein d’ondes positives. Profitez-en pour accomplir les travaux que vous aimez. Evitez cependant de trop dépenser, financièrement parlant, ce n’est pas le top.
SCORPION : Les semaines passent et ne se ressemblent pas, du moins sur le plan astral. Il va falloir grandement vous modérer pendant ces quelques jours car certaines planètes s’allient pour vous envoyer des ondes très négatives. Attention aux querelles dans le domaine familial, aux rivalités et jalousies dans le domaine professionnel. La plus grande prudence est de mise. Ce n’est pas le moment d’aller vous baigner, vous risquez l’hydrocution ou la noyade pure et simple, bien que l’eau soit votre élément.
SAGITTAIRE : Continuez de garder le silence parce que les perturbations ne sont pas encore terminées. Ca tangue moins que la semaine dernière mais la mer est encore très agitée. Il faut donc toujours vous accrocher au bastingage, du moins jusqu’à vendredi. Le week-end prochain verra arriver une très belle accalmie. Faites en sorte qu’elle ne vous trouve pas dans un état lamentable. Bref : pas d’initiatives, pas de grands discours, le moins d’actions possible. Vous devriez alors vous en sortir.
CAPRICORNE : Oh là, là, que votre ciel est donc peu agréable à contempler ! Les cochons devins ont refait trois fois leurs observations et leurs calculs : rien à faire, c’est une semaine hautement merdique qui vous attend : vous serez submergé(e) par des tâches fastidieuses, ennuyeuses, nauséeuses. Vous n’aurez pas le moral et vous aurez tendance à vous comporter comme un ermite au fond de sa grotte. Attention aux crises de colère qui fatiguent le cœur sans donner beaucoup d’apaisement. En résumé : soyez patient(e), tout a une fin et réfugiez-vous dans la nourriture sans toutefois exagérer.
VERSEAU : Pas terrible non plus, cette semaine. Saturne et Uranus, vos planètes maîtresses, se battent comme des chiffonnières pour savoir laquelle vous influencera le plus. C’est sur vous que ça retombe. Votre vitalité se transformera en excitation, votre optimisme tournera à l’aigre. Votre sociabilité prendra quelques vacances. Surtout, évitez de faire du sport jusqu’à vendredi, risques de chutes, d’entorses et de choses pas agréables. Restez donc devant votre table de travail et subissez cette semaine sans vous raidir, cette gabegie ne saurait durer. (Enfin, les cochons devins l’espèrent.)
POISSONS : Cette semaine ne devrait pas être trop désagréable si vous savez faire fi de certains ennuis et de certaines pressions venant du cercle familial. Continuez de bien dormir et de bien manger. La semaine suivante risque d’être un peu plus rude alors prenez des forces.
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21.06.2008
Paranoïa Psychopatha
PARANOIA PSYCHOPATHA
L’exercice qui s’annonce va être diablement difficile : c’est la première fois que je fais le portrait d’une paranoïaque psychopathe mythomane.
N’ayant jusque là que très peu fréquenté les asiles psychiatriques, je m’avance sur la pointe des pieds pour décrire un phénomène que, Dieu merci, je n’ai dû rencontrer qu’une ou deux fois dans mon existence, et encore, la dose de démence était relativement supportable.
Il vous faudra donc excuser, amis lecteurs, certaines approximations, un certain flou dans la description du personnage, et un noir complet quant à l’origine de ses divagations. Paranoïa Psychopatha est siphonnée, d’accord. Mais d’où vient cette étrange manie de considérer certains de ses collègues comme des ennemis prêts à lui tirer dessus sans sommation, alors que, grand Dieu, ils ignoraient jusqu’à son existence et qu’il a fallu l’intervention de l’ARP (Association des Ragots et Potins) pour qu’on apprenne que, oui, ma foi, Dieu, un jour qu’il était plus distrait qu’à son ordinaire, lui avait donné forme, souffle de vie et démence précoce ?
Il y a là un mystère que, pauvre mortel dévoyé, je ne puis résoudre. Si un psy lit mes élucubrations, qu’il veuille bien me donner la solution de cette énigme, qui, entre nous, ne me taraude que le temps de rédiger ce portrait.
Donc, Paranoïa Psychopatha est folle. Son surnom vous l’avait déjà appris. Ce côté très sombre de sa personnalité schizophrénique (rajoutons-en un peu) s’est révélé il y a peu de temps par un flot d’affirmations hallucinées qu’il a fallu trier pour n’en retenir que les plus savoureuses. Elles ne font pas rire Esthetica Strombolia qui trouve qu’on ne devrait pas permettre à des engins pareils de circuler librement dans un établissement scolaire. Divagation, oui ; aberration, non.
J’avoue que ce délire me fait rigoler au-delà du descriptible. Ne vous impatientez pas, les trouvailles arrivent :
- First affirmation : Paranoïa Psychopatha est sûre et certaine, elle en met sa main au feu, sa tête à couper, son corps à tronçonner (un rêve !) et d’ailleurs, c’est d’une évidence absolue, que Gontranix Imprecator et Monsieur de Lavallière couchent ensemble ! Elle le dit et le répète.
Ah bon ! Première nouvelle. Heureusement qu’elle est là pour m’apprendre que j’ai un amant. Je ne m’en étais pas encore aperçu. Ces trous de mémoire, franchement, quand on vieillit !... Cela dit, ma chérie, tes infos sont incomplètes : on fait ça à trois avec Sigismond Bétehesse et même que parfois, on racole dans la rue pour organiser de gigantesques partouzes. (Pendant qu’on y est, autant lui donner de quoi alimenter son imaginaire.)
- Second affirmation : Dame Angoissa Chronica est une perverse. Mais si, mais si ! Est-ce qu’elle n’a pas le front, le culot, l’outrecuidance et la perversité de piquer des courriers dans le casier de son homonyme (hélas pour Dame Angoissa, elle porte le même nom que Paranoïa), de détruire lesdits courriers, et d’ailleurs, il n’y a pas que les courriers, des choses ( ?) ont disparu et c’est intolérable. Dame Angoissa est totalement infréquentable et on la déteste.
Petite précision : il est vrai qu’en début d’année, de petites confusions entre ces deux dames se sont produites au niveau de la distribution du courrier. Qu’a fait Dame Angoissa quand elle a découvert que certains papiers n’étaient pas pour elle ? Elle a simplement transféré lesdits papiers de son casier à celui de son homonyme et l’affaire était close.
Pour elle. Parce que Paranoïa Psychopatha n’a pas été d’accord du tout pour enterrer une hache de guerre qui n’avait jamais été déterrée. Elle a collé sur la porte du casier de Dame Angoissa une énorme affiche qui proclamait qu’elle n’était pas celle qu’on croyait, qu’il ne fallait pas la confondre avec n’importe qui, que son courrier n’appartenait qu’à elle et qu’on devait (je crois que la formule était encore plus impérative et péremptoire) éviter de telles erreurs absolument insupportables. Dame Angoissa Chronica (vous finissez par la connaître) n’en a pas dormi pendant une semaine.
Comme on le voit, Paranoïa a une haute idée d’elle-même. Et elle ne craint pas d’affirmer sa supériorité en réunion : Problèmes pédagogiques ? Connais pas ; problèmes disciplinaires ? Connais pas. Problèmes tout court ? Connais pas. Moi, cinglée ? Moi, hystérique ? Vous voulez une baffe ?
Comme je suis quelqu’un de curieux et que j’aime bien savoir qui colporte des bruits sur mon compte (non pas pour lui régler le sien mais pour bien l’affirmer dans ses convictions en accueillant par exemple Gontranix devant elle avec un retentissant « bonjour, mon amour, merci pour cette nuit de rêve »), j’ai demandé à ceux qui la connaissaient de me la montrer. L’engin n’était point dans la salle. Bon. Alors, de me la décrire pour que je puisse pousser l’amusement jusqu’au bout. Je cite : « une petite moche boulotte à la figure écrasée ». D’accord. Avec ça, vous allez loin parce que les moches boulottes, dans cet endroit… (Vous finirez la phrase à ma place.)
Résumons-nous : cet établissement présentait déjà beaucoup de spécimens dignes d’un zoo ; voilà maintenant qu’on se tape une psychopathe déjantée. Vous ne trouvez pas que ça commence à faire ? Moi si.
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20.06.2008
La vengeance du pied fourchu : 3
« L’affaire de l’argenterie devenue terre cuite puis retransformée en argenterie fut bien vite oubliée. Elle n’était point à l’avantage de Madame la Mairesse qui s’était bien gardée d’en informer son mari. Mais Missia avait conçu de forts doutes sur l’origine de cette bizarrerie, et cela d’autant plus que la nuit suivant le prodige, elle avait fait un rêve dans lequel la première Missia lui disait de prendre garde, que le Malin n’allait pas tarder à réapparaître au village.
« Missia n’était pas superstitieuse mais elle croyait aux rêves –ce qui n’est contradictoire qu’en apparence. Aussi décida-t-elle un matin de monter dans le refuge de la montagne afin d’y interroger celle que tout le monde appelait « La Sorcière » et qui avait pour nom Asphodèle.
« Asphodèle passait pour commercer jour et nuit avec les esprits, bons et mauvais, et pour avoir la possibilité de prédire l’avenir rien qu’en lisant sur le front des gens. Quelques-unes de ses prédictions s’étaient bien réalisées, mais comme elle s’était trompée pour la plupart, personne ne prenait vraiment au sérieux ce fameux « don de voyance ». Par contre, les commérages allaient bon train sur sa manie d’allumer du feu la nuit devant sa cabane et de danser comme une folle autour du brasier, voire de l’enjamber sans se brûler. Certains prétendaient qu’elle prenait « des bains de flammes » et qu’elle en ressortait toujours indemne. On disait même qu’elle invoquait le diable, lequel venait régulièrement lui rendre visite, et un berger qui s’était une fois attardé dans la montagne à la recherche d’un mouton égaré affirmait l’avoir vue en grande conversation avec un homme noir à la figure rouge qui flottait dans l’air et semblait assis sur rien du tout.
« Comme on le voit, il était impossible de faire la part de la légende et de la réalité. Asphodèle était crainte et nul ne se serait permis de lui manquer de respect, bien que nombre des administrés de Monsieur le Maire eût été tout à fait d’accord pour l’expédier en enfer avant son heure.
« Missia s’était souvent trouvée en présence de La Sorcière mais n’avait jamais été particulièrement apeurée par ses bizarreries. Elle trouvait même sa façon de marmonner entre ses dents et de vous jeter des regards incisifs, perçants, et dénués d’amabilité assez intéressante. Elle ne croyait pas à ce qu’on racontait sur Asphodèle mais lui reconnaissait un bon sens certain et surtout, une intuition et une sensibilité à tout ce qui sortait de l’ordinaire absolument phénoménales.
« Lorsque Missia arriva devant le refuge d’Asphodèle, cette dernière était assise sur une pierre, devant sa porte, et paraissait très occupée à confectionner un breuvage avec des herbes qu’elle triait minutieusement. Elle devait avoir une cinquantaine d’années mais en paraissait plus et sa coiffure pour le moins inesthétique arracha un sourire à Missia. Pourquoi Asphodèle, que la nature avait pourvu d’une belle chevelure noire, s’obstinait-elle à fabriquer ces deux abominables couettes, ridicules au possible chez une femme de son âge ? La question ne hanta pas longtemps l’esprit de Missia, que La Sorcière accueillit relativement fraîchement.
« Que veux-tu ? demanda-t-elle d’un ton rogue. Je n’ai pas de temps à perdre, je dois préparer cette potion pour Satan, il vient la chercher dans une heure. » Puis elle éclata d’un rire discordant. Missia se crut obligée d’en faire autant. « Pourquoi ris-tu, sotte ? continua Asphodèle. Parler de Satan te parait donc drôle à ce point ? » « C’est que votre remarque tombe à pic, rétorqua Missia du tac au tac. Je venais justement vous entretenir de lui. » Et elle s’assit sur une autre pierre, face à son interlocutrice. Asphodèle ne parut point priser la réplique de sa visiteuse. « Je ne plaisante pas », dit-elle de sa voix la plus féroce. « Moi non plus, assura Missia, tranquille comme Baptiste. Ecoutez-moi cinq minutes, et vous allez comprendre. »
« Le récit des aventures survenues à l’argenterie de Madame la Mairesse ne dura pas longtemps. Bien que faisant semblant de n’écouter que d’une oreille, Asphodèle n’avait cependant pas perdu un mot de ce que lui racontait Missia. Lorsque cette dernière se tut, La Sorcière marmonna quelques phrases puis secoua la tête. « Bizarre, fit-elle enfin. Et pas bon. Le vent, ce devait être Messire Satan. Il faut vous attendre à d’autres visites. » « Je m’en doutais, dit Missia. Que faut-il faire à votre avis ? » « Comment veux-tu que je le sache ? rétorqua Asphodèle. Contrairement à ce que tu peux penser, je ne suis pas dans les petits papiers du maître de l’Enfer. » « Mais vous avez le don de voyance, rétorqua Missia. Et vous savez prédire l’avenir en examinant les fronts. Que vous dit le mien ? » « Rien, assura Asphodèle. Je ne vois rien et je ne prédis rien. Ceux qui viennent me voir sont suffisamment transparents pour que je comprenne ce qu’ils veulent entendre. Si je te dis de faire attention, ce n’est pas parce que je vois des choses affreuses, mais parce que j’ai du bon sens, rien d’autre. » Missia la regarda, désappointée. Asphodèle continuait de trier ses herbes, écartant celles qui ne lui plaisait pas et jetant les autres dans le chaudron posé près d’elle. « A quoi va servir votre breuvage ? » interrogea tout à coup Missia. « A me nourrir. C’est de la soupe aux herbes sauvages, petite cruche. » « Ainsi, vous ne pouvez rien pour moi ? » insista Missia après quelques minutes de silence. « Si, dit Asphodèle en plantant son regard dans celui de sa visiteuse, je peux te donner un conseil : ne vous séparez jamais de la statue qui garde votre maison. Le danger rôde autour de toi, je peux le sentir, mais je suis incapable de le déterminer précisément. Il faudrait pour cela que j’interroge mes pierres, et ce n’est pas le moment. Reviens dans une semaine, jour pour jour, à la nuit tombée. Peut-être alors aurai-je des précisions à te donner. »
(A suivre)
07:10 Publié dans Contes et légendes de France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, humour, caricature, légendes
19.06.2008
Les Liaisons dangereuses 2008 : 15
EXPLOSION...
QUINZIEME ET DERNIERE PARTIE
Mail CXLI
De : Agénor
A : Zizi Nouillet
CC : Deborah, Regina, Ammoniaque, Ajax
Va te faire foutre, boy scout demeuré. Ta lanterne est morte depuis longtemps. Allez tous vous faire foutre !
Mail CXLII
De : Ammoniaque
A : Agénor
CC : /
C’est déjà fait, connard, et depuis longtemps !
Mail CXLIII
De : Ajax
A : Agénor
CC : /
PAM ne trempe pas dans ces combines.
Mail CXLIV
De : Deborah
A : Agénor
CC : /
Ne remue pas le couteau dans la plaie. Je me meurs.
Mail CXLV
De : Zizi Nouillet
A : Agénor
CC : /
Pourquoi être aussi grossier et vulgaire ? Je ne faisais que poser quelques questions. Et que sais-tu de ma lanterne ? Et puis d’abord, quelle lanterne ? Sois plus clair.
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