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02 octobre 2013

L'Epoque de Mélisande

Cet ouvrage, ou plutôt cette « histoire musicale », est l’œuvre du compositeur grec Manos Hadjidakis, né en 1925 à Xanthi. Dès l’âge de quatre ans il commence à étudier le piano puis fait des études supérieures en théorie musicale et étudie la philosophie à l’université d’Athènes. Sa pensée se nourrit des artistes et intellectuels grecs de l’entre-deux guerres (Seféris…).

A partir de 1945, il va travailler en collaboration avec le Théâtre National et le Théâtre d’Art à Athènes pour qui il écrira de nombreuses musiques de scène, aussi bien pour les tragédies et comédies antiques que pour les pièces modernes.

Parallèlement, dès 1946, il compose des musiques de films pour des réalisateurs grecs et étrangers : Stella en 1955, Le Dragon en 1956, America America en 1962, etc. ; en 1960, il obtient l’Oscar de la meilleure musique de film pour la chanson « Les Enfants du Pirée » interprétée par Mélina Mercouri dans le film de Jules Dassin Jamais le dimanche.

En 1965, commence sa collaboration avec le Ballet du XXème siècle de Maurice Béjart installé à Bruxelles avec Les Oiseaux d’Aristophane. Puis, de 1966 à 1972, il va vivre à New York où il compose certaines de ses œuvres majeures : Rythmologie, Magnus Eroticus… Il meurt le 15 juin 1994.

L’Epoque de Mélisande a été commencée lors de son séjour à New York. Comme dit plus haut, il s’agit d’une « histoire musicale » fondée sur des éléments autobiographiques qui a lieu juste après la fin de la seconde guerre mondiale.

Les trois vidéos qui suivent ont été réalisées à partir de l’enregistrement intégral de l’œuvre avec Maria Farandouri comme principale interprète.

Et cet article est dédié à File-la-Laine, "compatriote" de Hadjidakis et Farandouri, et dont c’est l’anniversaire aujourd’hui.


BON ANNIVERSAIRE, CHERE CONSOEUR DE LA TOILE !

 


 


 



 

 

03 juillet 2011

Canto General

 

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Juillet 1974 : L’invasion par la Turquie du nord de l’île de Chypre fait, par ricochets, tomber la junte militaire des Colonels au pouvoir en Grèce depuis le coup d’état du 21 avril 1967.

 

Août 1975 : Au Pirée, dans le stade Karaiskakis puis à Athènes, au Panathinaikos-stadium, ont lieu les premières auditions en Grèce du Canto General, oratorio de Mikis Theodorakis composé sur les poèmes de Pablo Neruda. La distribution est éblouissante : les solistes s’appellent Maria Farandouri et Petros Pandis ; les chœurs sont ceux du Chœur National de France ; l’orchestre est dirigé par Theodorakis. Triomphe absolu que ce chant d’amour au pays natal et à la liberté qui se double d’un appel à la révolte…

 

Canto General (= Chant Général) est l’œuvre majeure, monumentale du poète chilien Pablo Neruda. « Monumental » parce que ce recueil composé de 342 poèmes « évoque en des images saisissantes la naissance de ce  continent [le continent américain] et l’histoire des peuples qui y ont vécu, qui y vivent, y souffrent et y luttent contre les oppresseurs venus avec les armes pour exploiter les hommes et la richesse d’une nature exubérante. C’est ce qui confère à l’oeuvre son caractère universel. Cette poésie «tellurique» (J.-P.Vidal) parle en des métaphores puissantes, en des déferlements d’images et de rythmes, de l’univers, au centre duquel il y a l’homme, l’homme comme élément de la nature, qui en souffre et qui en tire en même temps sa force. Les rapports entre l’homme et la nature deviennent symbole et modèle pour les relations entre les êtres. » (1)

 

Pour mieux comprendre la portée de cette œuvre, penchons-nous un instant sur les circonstances qui ont présidé à son écriture. Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, nait en 1904 à Parral, au Chili. Après des études de français, il se tourne vers la littérature puis se lance dans la carrière diplomatique. C’est en 1920, après avoir écrit ses premiers poèmes, qu’il adopte définitivement le pseudonyme sous lequel il signera désormais toutes ses œuvres. Son engagement politique commence également très tôt : en 1922, à Santiago du Chili, il participe aux manifestations révolutionnaires qui opposent mineurs et police. Sa carrière diplomatique le mènera dans de nombreux pays en tant que consul du Chili : 1927 : Rangoon puis Colombo (Ceylan, actuel Sri Lanka) ; 1930 : Batavia ; 1931 : Singapour ; 1934 : Barcelone. Ce poste en Espagne lui permettra de se lier d’amitié avec Federico Garcia Lorca dont l’exécution par les franquistes en 1936 sera à l’origine de son premier grand poème politique : Chants aux mères des miliciens morts. Relevé de ses fonctions consulaires, il s’installe à Paris puis retourne au Chili en 1937 et écrit à la gloire de l’Espagne républicaine.

 

En 1939, le président du Chili l’envoie à Paris afin d’y organiser l’immigration au Chili des réfugiés espagnols : plus de deux mille républicains espagnols peuvent ainsi quitter la France. Revenu à Valparaiso en 1940, il devient consul général à Mexico. En 1946, Gabriel Gonzalès Videla est élu Président de la république chilienne ; il est porté au pouvoir par les communistes, parti auquel Neruda a adhéré en 1945. Mais l’année 1947 voit un renversement de la politique de Videla qui commence à persécuter les communistes. Neruda publie un pamphlet contre lui et est aussitôt accusé de « trahison à la patrie ». En janvier 48, Neruda se défend devant le Sénat en prononçant un discours mais les tribunaux ayant ordonné sa détention, il entre en clandestinité. Il va vivre ainsi caché pendant plus d’un an en changeant constamment de résidence. C’est pendant cette période sombre qu’il va écrire Canto General. En 1949, il quitte le Chili en franchissant à cheval la Cordillère des Andes et se réfugie à Paris.

 

Telles sont les raisons qui ont fait de Canto General  « ce cri déchirant de révolte contre toutes les forces et toutes les formes d’oppression, depuis celle des conquistadores sur les indigènes jusqu’à la terreur exercée par les dictateurs contemporains, les «mouches», mais aussi ce grand chant de solidarité avec les opprimés, les humiliés et les exploités : les travailleurs dans les mines de cuivre et de nitrate, les indios, les péons, les bûcherons ; une déclaration d’amour pour les gens simples, pour l’homme et la femme qui s’aiment et qui s’engagent pour un monde futur et meilleur : «J’écris pour le peuple bien qu’il ne puisse / Lire ma poésie avec ses yeux ruraux.» Jamais auparavant, une relation aussi forte entre une oeuvre poétique et un continent tout entier n’avait été établie, jamais un auteur n’avait exprimé aussi intensément et aussi radicalement son refus de la peur en face de l’oppression : «Mes vers ne veulent pas se soumettre à la vision déçue d’un monde en décrépitude, mais ils ne se soumettent pas non plus à une vague et douloureuse adoration de quelque chose qui n’a plus de signification vivante», a dit Neruda. » (1)

 

La première publication de Canto General aura lieu en 1950 à Mexico ; une édition clandestine sera mise sous presse au Chili. Le retour au pays natal n’aura lieu qu’en 1956. Devenu ami avec Salvador Allende, il fait campagne pour lui en 1970 ; nommé ambassadeur du Chili à Paris en 1971, il reçoit le Prix Nobel de Littérature la même année. En 1973, après le retour de Neruda au Chili, Allende est assassiné lors du putsch militaire ; les maisons de Neruda à Valparaiso et Santiago sont saccagées, les exemplaires de Canto General brûlés. Le général Pinochet s’installe pour de nombreuses années au pouvoir et commence une sanglante dictature, dont le poète ne verra pas les exactions : il meurt en septembre 1973.

 

Est-il à présent si étonnant que Theodorakis se soit emparé de cette œuvre et ait décidé de la mettre en musique, lui qui avait les mêmes idéaux que Neruda, ce qui lui valut d’être emprisonné, torturé puis exilé ? « Rien d’étonnant non plus que sa mise en musique de poèmes du Canto General reflète le même élan vital, la même intensité expressive, la même vérité que la poésie. Cette vérité est celle de l’engagement, et tout en évoquant les caractéristiques de la musique latino-américaine et l’esprit de la «grécité» (non seulement par l’utilisation du bouzouki),  la musique n’est pas moins universelle que le poème-fleuve qui l’inspire, alors que le choix des poèmes  fait sur le conseil d’Allende et de Neruda, est tel qu’ils constituent en fait la synthèse du Canto General, dans laquelle s’alternent les élans épiques et les chants intimes.

 

Le compositeur caractérise cette alternance, en différenciant l’ampleur de l’instrumentation et les moyens vocaux mis en oeuvre. Ils vont du choeur «a cappella» à l’explosion hymnique par toutes les voix, solistes et chorales, et par l’éclat d’un orchestre, inaccoutumé, certes, mais si proche de l’esprit de la musique latino-américaine et tellement expressif ; y domine l’élément rythmique, le poids mélodique étant porté sur les voix. » (1)

 

C’est en 1971, à l’occasion d’un voyage au Chili sur l’invitation de Allende que Theodorakis  découvre à quel point l’œuvre de Neruda est proche de ses convictions et de son combat, lui qui vit en exil et combat contre la dictature en Grèce. Ayant annoncé au président chilien son intention de mettre Canto General en musique, c’est Allende lui-même qui va lui indiquer quels poèmes choisir. De retour à Paris, il commence la composition des deux premiers poèmes : « Amor America » et « Vegetationes ». Vaille que vaille, de contre temps en contre temps, quelques années passent sans que le compositeur puisse travailler régulièrement à son œuvre ; mais à l’été 1973, sept chants du Canto general sont donnés en concert à Buenos Aires. Succès triomphal. Comme on l’a dit plus haut, il faudra attendre 1975 et la chute des Colonels à Athènes pour que ces sept chants soient « représentés » en Grèce. Ce n’est qu’en 1980-81 que Theodorakis finira de mettre en musique les cinq derniers chants et le fameux « requiem » pour Pablo Neruda, véritable cœur de la partition.

 

Les poèmes de Canto General peuvent se répartir de la manière suivante :

 

- Ceux qui évoquent la genèse du continent américain, la naissance de la végétation, des oiseaux, de certaines bêtes : « Vegetationes » « Vienen los Pajaros » « Algunas Bestias » ;

- Ceux qui mettent l’accent sur l’oppression et l’exploitation du continent sud-américain : « La united fruit Co » ;

- Ceux qui expriment l’amour de Neruda pour sa terre opprimée ; « Amor America » ;

- Ceux qui montrent les luttes des peuples sud-américains contre l’oppression et la lutte héroïque pour la libération de cette terre : « Los Libertadores », « America insurrecta » ;

- Ceux qui évoquent les grandes figures de cette histoire de conquête de la liberté : « Lautaro » « Sandino » « Emiliano Zapata » ;

- Ceux à travers lesquels Neruda exprime ses convictions politiques : « Voy  a vivir », « A mi partido » ;

- Enfin le « Requiem », hommage de Theodorakis à son ami et compagnon de lutte, Pablo Neruda.

 

Canto General n’est évidemment pas un opéra ; ce n’est pas non plus une cantate scénique. C’est un oratorio, dont la musique n’a bien sûr que peu de rapport avec celle que l’on a coutume d’entendre dans des ouvrages lyriques. Et pourtant, j’ai choisi de le mettre dans cette catégorie « opéra » parce qu’il peut parfaitement être interprété par des chanteurs lyriques et que cette musique, qui puise aux racines mêmes de la culture sud-américaine et grecque, n’est au fond, quand on y pense, pas si éloignée de certains ouvrages : qu’on songe par exemple à La Fille du Far West de Puccini qui s’inspire de la musique nord américaine et donne à l’opéra sa couleur si particulière…

 

(1) Guy Wagner.

 

VIDEO 1 : « Los Libertadores » (extrait), Maria Farandouri.

VIDEO 2 : « La United fruit co. » : Petros Pandis

VIDEO 3 : « Vienen Los Pajaros » : Maria Farandouri

 

 

 

 

 

 

 

 

07 février 2011

Où que me porte mon voyage... Billet pour Nériel...

Pour ce début de semaine, un magnifique poème de Georges Seferis, poète grec contemporain... Et une très belle interprétation de sa compatriote, Mélina Mercouri.

18 juillet 2008

Mélina Mercouri : "Never on sunday"

 melina1.jpg

Evidemment, puisque je fais un rapide tour des grandes chanteuses grecques que je connais (merci d'avance de m'en faire connaître d'autres), on ne pouvait pas rater celle-là. Contourner Mélina Mercouri, c'est impossible. Autant essayer de contourner l'Everest en pédalo.

Chanteuse, actrice, femme politique... Quel aspect privilégié de sa personnalité et de son talent retiendra-t-on ? Tous, à mon avis. Je sais, je suis partial et très conscient qu'une femme ayant son tempérament peut énerver beaucoup, beaucoup de personnes... Mais je ne vais tout de même pas m'amuser à parler de gens que je déteste ou qui m'exaspèrent. Si ? Il n'y a qu'à lire la catégorie portraits et anecdotes ? Ah bon. Si vous le dites...

Revenons à notre sujet : Née à Athènes en 1920, morte à New-York en 1994, Mélina Mercouri commence jeune une carrière de comédienne qui va se dérouler entre Athènes et Paris. Sa rencontre avec Michel Cacoyanis, réalisateur de Zorba le grec lui permet de tourner son premier film, Stella en 1955, oeuvre qui lui apporte aussitôt une grande notoriété. Mais c'est surtout le réalisateur américain Jules Dassin qui va lui permettre d'entamer une très grande carrière internationale. Elle deviendra d'ailleurs sa femme en 1966.

En 1967, les colonels prennent le pouvoir en Grèce après un coup d'état. Mélina Mercouri, privée de ses droits civiques, de sa citoyenneté grecque, doit s'exiler en France, où elle enregistrera de nombreuses chansons, tant en grec qu'en français et ne cessera de combattre la dictature. Elle y restera jusqu'en 1974, année où la dictature tombera, après l'invasion de Chypre par la Turquie. Elle revient alors en Grèce et abandonne la chanson et le cinéma pour la politique. Elue d'abord député, elle devient ministre de la culture de 1981 à 1989 puis de 1993 jusqu'au moment de sa mort.

Sous la direction de Jules Dassin, elle a tourné 8 films dont l'inoubliable jamais le dimanche, qui lui valut le prix d'interprétation féminine à Cannes en 1960 et une nomination aux Oscars.

Melina%20Mercouri,%20actressMinister%20of%20Greek%20Culture.jpg Ses principaux films :

1955 - Stella 

1957 - Celui qui doit mourir, adaptation du roman de Kazantzakis Le Christ recrucifié

1958 - La loi, adaptation du roman de Roger Vaillant.

1960 - Jamais le dimanche

1963 - Topkapi

1969 - La promesse de l'aube, adaptation du roman de Romain Gary

 

Et maintenant... Cadeau. Deux extraits de Jamais le dimanche... L'un, hyper célèbre puisque c'est le moment où elle chante la fameuse chanson "les enfants du Pirée". (En grec, évidemment. Avis très partial : elle est inécoutable dans une autre langue, désolé pour les fans de Dalida...) L'autre dans lequel on retrouve l'air cité ci-dessus, mais qui se situe à la fin du film et montre la danse dans le cabaret.

L'histoire est simple : Un intellectuel américain ayant complètement idéalisé la Grèce débarque au Pirée et fait la connaissance de la plus célèbre prostituée du port, Illya. Il ne voit pas en elle une simple prostituée mais la réincarnation de la Grèce Antique, d'où le décalage constant entre eux deux. De plus, Homère (c'est le nom de l'américain, si, si, véridique !) ne veut pas voir en face la réalité grecque moderne. Il  lui faudra s'initier, dans un parcours très chaotique, aux traditions et aux us et coutumes populaires du Pirée. A la fin, seulement, il comprendra ce qu'est la Grèce... Mais trop tard. Illya partira avec un autre homme.

L'extrait un se situe au milieu du film : Homère s'est mis en tête de faire d'Illya une femme cultivée et lui inflige des leçons de mathématiques, philosophie, littérature, musique classique, etc. Illya montre beaucoup de bonne volonté mais il y a des moments où elle craque... Et, bien à l'abri dans sa chambre, sort ce qu'elle cachait aux yeux d'Homère : l'électrophone et surtout le disque d'une chanson populaire, assez  niaise il faut l'avouer au niveau des paroles, et la photo de ses sportifs préférés... Voilà ce que ça donne :


17 juillet 2008

Nena Venetsanou

 

NENA VENETSANOU 1.jpg

Voici une autre chanteuse grecque dont la réputation internationale n’est plus à faire.

Nena Venetsanou est née à Athènes et a fait des études universitaires en France, pays où elle est restée plusieurs années, ce qui explique sa parfaite maîtrise de la langue. Après avoir étudié l’histoire de l’art à Besançon et pris des cours de chant à Paris, elle regagne la Grèce en 1977, soit trois ans après la chute de la dictature des Colonels. Elle milite dans plusieurs mouvements sociaux et se détermine finalement à adhérer au mouvement féministe autonome. C’est alors qu’elle écrit ses premières chansons, références du mouvement féminin en Grèce.

C’est à cette époque que le public grec la découvre : elle participe à ne nombreuses émissions télévisées, donne des concerts en plein air ; à la radio, elle collabore avec plusieurs jeunes compositeurs et intellectuels. Mais c’est sa rencontre avec le producteur grec Alekos Patsifas qui va la propulser sur le devant de la scène : enthousiasmé par son talent, Patsifas lui propose d’enregistrer un disque de ses propres compositions : ce sera 5 poèmes d’Eluard (Les Eluard) mis en musique par Theodorakis et six autres chansons grecques.

Elle a 24 ans lorsqu’elle s’impose par un savant mélange entre la technique et l’expression classique et la chanson populaire. C’est un style nouveau qui trouve immédiatement un large public.

 Elle a collaboré avec les plus grands artistes grecs dont Mikis Theodorakis, Manos Hadjidakis et Nikos Mamagakis. De même, elle a enregistré un disque avec Angélique Ionatos et travaillé avec Marisa Koch, deux autres icônes de la chanson grecque.venetsanou11.jpg  

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici deux documents live datant de 2005 : la première chanson s'intitule Marina.


La deuxième chanson s'intitule otan mian anixi... (Help, file-la-laine, pour la traduction.)


 

 

 

 

13 juillet 2008

Maria Farandouri : La ballade de Mauthausen

 

balalde.jpgMikis Theodorakis a composé un ensemble de 4 chansons qui s'intitule La Ballade de Mauthausen. Les textes sont en fait des poèmes d'un poète grec juif qui a réussi à échapper aux persécutions mais dont la fiancée a disparu dans les camps de la mort. L'immense chanteuse grecque Maria Farandouri a enregistré ces poèmes mis en musique par Théodorakis. C'est bouleversant du début à la fin.

 Voici en dessous la traduction française de la première chanson, dont le titre est Le Cantique des Cantiques. Un grand merci à File la laine qui a bien voulu se charger de cette traduction. 

Qu'elle est belle, ma bien-aimée

Avec sa robe de tous les jours

Avec un joli peigne dans les cheveux.

Personne ne savait qu'elle est si belle. (ter)

 Maria_Farantouri.jpg 

Jeunes filles d'Auschwitz, jeunes filles de Dachau,

Avez-vous vu ma bien-aimée ? (ter)

Nous l'avons vue dans un voyage lointain,

Elle ne portait plus sa robe

Ni de peigne dans les cheveux.

 

Qu'elle est belle, ma bien-aimée,

Celle que sa mère choyait

Et qui était chérie par les baisers de son frère.

Personne ne savait qu'elle est si belle. (ter)

Jeunes filles de Mauthausen, jeunes filles de Belsen,

Avez-vous vu ma bien-aimée ? (ter)

Nous l'avons vue sur la place glaciale

Avec un numéro sur sa main blanche

Et une étoile jaune sur le coeur.

 

Qu'elle est belle ma bien-aimée

Celle que sa mère choyait

Et qui était chérie par les baisers de son frère.

Personne ne savait qu'elle était si belle (ter).

Le documentaire ci-dessous permet d'entendre le Cantique des Cantiques en intégral. Attention, les images du camp de Mauthausen sont parfois insoutenables.