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01 janvier 2016

Voeux

Bonne année à tous, je ne vous oublie pas !

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21 septembre 2015

La Ballade des dames à poussette


Il y a quelques années, était paru sur ce blog en feuilleton un roman intitulé Les Bonnes femmes à poussette. En 2015, les « Bonnes femmes » sont devenues des « dames » et leurs exploits sont racontés sous forme d’une « ballade ». Surtout, leur histoire a eu l’heur de plaire au comité de lecture des éditions Chloé des Lys, en Belgique. Alors elles reviennent, cette fois sous forme d’un livre qu’on peut se procurer sur le site des éditions Chloé des Lys ou dans ‘n’importe quelle librairie.


Ce quatrième roman publié chez CDL ne ressemble vraiment pas aux précédents. Ces derniers pouvaient passer pour des ouvrages « sérieux », avec une intrigue solide, des secrets à découvrir, etc. Je ne veux pas dire que l’intrigue de La Ballade est inexistante ; il y en a une mais peut-être est-elle un peu moins rigoureuse et s’efface-t-elle  plus volontiers derrière le comportement, les réflexions et les idées véhiculées par les personnages.


Un roman didactique, La Ballade des dames à poussette ?


Certainement pas. Déjà rien que le titre vous montre que l’on entre dans un univers qui n’est pas vraiment sérieux ou qui ne veut pas se prendre au sérieux, malgré les dérapages malhonnêtes de ces dames…


Le titre, justement. Comment un roman peut-il être une « ballade », ce genre poétique hérité du Moyen-Age ?


Evidemment que ce n’en est pas une au sens strict du terme. Mais je me suis beaucoup amusé à structurer le roman comme une ballade, c’est-à-dire qu’il y a trois « strophes » (en fait, 3 parties), un refrain entre chaque « strophe » et à la fin, un « envoi ». Au niveau de la forme, je fais référence aux poètes du Moyen-Age, Villon par exemple. Mais la ressemblance s’arrête là.


Car le contenu, lui, n’a rien à voir avec la poésie ?


« Rien à voir » c’est le moins qu’on puisse dire. Ne cherchez aucune trace de poésie là-dedans, vous n’en trouverez pas. Ou alors, vous avez une idée une peu particulière de la poésie. En fait, le contenu n’est pas toujours « politiquement correct ». On peut même le trouver parfois très provocateur mais l’avertissement qui ouvre le récit permet d’une part de prendre une certaine distance par rapport à ce qu’on va lire et d’autre part de choisir son camp : soit c’est la condamnation de la cupidité, soit c’est l’apologie de la malhonnêteté. Au lecteur de décider.


Elles sont donc si atroces, ces dames ? Pourtant, la couverture les représente en train de danser, elles semblent pleines de joie de vivre…


… Et de fric car si vous regardez bien, vous verrez qu’elles dansent sur un tapis de pièces d’or… Car l’argent est le moteur de leur existence. Et elles sont prêtes à tout pour « gagner plus » ; elles peuvent même aller jusqu’au meurtre. Elles sont redoutables quand on a le malheur de se mettre en travers de leur route, les voisins vont vite s’en apercevoir, ces malheureux qui les jalousent et passent leur temps à les espionner.


Finalement, elles sont bien moins sympathiques qu’elles le paraissent.


Je serais plus nuancé à leur égard. C’est vrai qu’au début, ce sont des dames fort respectables mais qui montrent vite qu’elles n’ont aucun scrupule ; il ne faut pas chercher à savoir ce qu’elles font avec leurs poussettes. Mais honnêtement, je n’arrive pas à trouver mes dames antipathiques, bien que je sois féroce avec elles… Pour preuve, la fin, qui va surprendre plus d’un lecteur et me faire peut-être taxer de totale immoralité…


Mais le roman ne se limite pas à présenter des dames peu fréquentables. Le personnage de Maurice, par exemple, se charge de faire passer quelques critiques plus générales qui révèlent peut-être la pensée de l’auteur ?


Oui et non. Encore une fois, l’avertissement est là pour dire « attention, il s’agit d’un roman, le trait a été forcé, le personnage peut dire des horreurs mais l’auteur ne partage pas son extrêmisme et, disons le mot, sa misogynie. Par contre, il peut partager son avis sur des comportements que l’auteur a observé dans la rue ou dans les transports en commun. » En fait, la question fait  allusion au vieux problème qui se résume en une phrase : l’auteur est-il son personnage ? Réponse : évidemment non, nous sommes dans la littérature, pas dans la réalité et pas non plus dans l’autobiographie, même si certaines critiques sont communes à l’auteur et au personnage. Donc on peut également sans problème trouver mes dames amusantes et pas si odieuses que ça.


La Ballade, si l’on en revient à la forme, c’est aussi un roman polyphonique ?


Tout à fait. Je m’étais déjà essayé à cette forme un peu particulière dans La Maison-Dieu. Mais il n’y avait que trois voix et elles n’étaient pas vraiment caractérisées. Là, c’est très différent. Dans La Ballade, on entend huit voix différentes en alternance : quatre  personnages parlent au « je » et ont chacun leur façon de s’exprimer ; les quatre dames à poussette, elles,  ne font pas entendre directement leur voix et c’est un narrateur qui prend le relais : leurs interventions sont donc au « il » mais j’ai introduit pour chaque dame un mot, une expression récurrente. Par exemple, pour France, c’est le terme « adorable » qui revient sans cesse. Elles ont donc chacune un tic de langage qui les caractérise, sauf une, Lydia. C’est la plus intelligente, la plus énergique, celle qui échafaude tous les plans pour éliminer les obstacles ; j’ai voulu la différencier des autres, montrer qu’elle n’avait pas en elle ce snobisme sous-jacent qui se révèle dans les tics de langage. Cela n’a pas été facile à faire, je le reconnais, et je ne sais pas si le résultat est concluant.


D’où l’idée d’écrire un roman comme celui-ci t’est-elle venue ?


Je n’en sais strictement rien. En fait, j’ai pris un stylo, une feuille de papier, j’ai écrit les noms des personnages, leurs caractéristiques, et puis j’ai commencé à rédiger, sans savoir où j’allais. L’intrigue s’est construite petit à petit, d’où les nombreuses rectifications qu’il a fallu faire. Ce n’est pas du tout ainsi que je travaille d’habitude : j’ai besoin d’un canevas solide et détaillé pour pouvoir écrire un roman. Là, tout s’est fait tout seul, au gré de l’inspiration, si j’ose dire. Cela vient peut-être du fait que je trouve ce roman moins « sérieux », comme je l’ai dit auparavant, que  les précédents ; je me suis énormément amusé en l’écrivant, et j’espère que les lecteurs s’amuseront aussi. Il y a longtemps que je voulais écrire un roman « léger », où les personnages feraient un peu n’importe quoi. C’est fait.


Le mot de la fin ?


Il est évident : mes dames ont besoin de lecteurs. Courez vite acheter leur roman.


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09 août 2015

Silence radio

Bonjour à tous,

Pendant quelques lois, je n'ai rien écrit sur ce blog pour la simple raison que j'étais occupé à soigner une maladie très chiante qui demande des traitements assez lourds. Cela commence à aller mieux alors bientôt, je vais pouvoir remettre en ligne des billets concernant l'opéra ou tout autre sujet.

A bientôt donc. Et pour vous faire patienter, un grand Monsieur et une sublime chanson.

24 avril 2015

La Maison-Dieu 3

Vous voulez lire un extrait de mon dernier roman ?

Suivez le guide...

http://www.aloys.me/2015/04/didier-fond-nous-propose-un-n...

 

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01 janvier 2015

Voeux

Bonne année à tous et à toutes, et venez nombreux me rendre visite !

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09 décembre 2014

La Maison-Dieu 2

Le titre de ce roman peut intriguer, quand on ne connait pas le nom des arcanes majeurs du jeu de tarots. Et comme pour L’Annonciade, il suscite un certain nombre d’interrogations. Levons tout de suite le voile sur ce petit mystère : La Maison-Dieu, c’est d’abord le nom d’une grande maison bourgeoise construite sur les ruines d’un ancien couvent et située en haut d’une falaise. Apparemment, elle n’a rien d’inquiétant. Mais c’est aussi le nom de la seizième lame des tarots, l’arcane qui peut être le plus maléfique du jeu. Lors d’un tirage, il faut bien sûr l’interpréter en fonction des cartes qui l’entourent ; mais prise séparément, cette lame signifie la destruction, l’anéantissement, aussi bien physique, sociale,  que mentale et psychologique. Regardez ce qu’elle représente :

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 Une tour est foudroyée par un éclair venu du ciel. Deux personnages apparaissent, l’un en train de chuter du haut de la tour décapitée par l’éclair et l’autre gisant au pied de l’édifice. Une pluie de ce qui pourrait être des grêlons, ou des charbons ardents accompagne le cataclysme. Sa symbolique correspond parfaitement à ce qui se passe dans le roman : destruction d’une famille, destruction d’une personnalité et d’un psychisme, chute à cause d’une faute commise.  On peut y voir (entre autres) une référence à l’Apocalypse décrite par Saint-Jean, l’anéantissement par Dieu de la Babylone terrestre. Il n’est pas difficile après de passer de ce macrocosme au microcosme qu’est l’univers de Camille, l’héroïne, univers qui se délite petit à petit autour d’elle jusqu’à la catastrophe finale. Ce n’est pas seulement Camille qui va être foudroyée par cet éclair, mais pratiquement tous les personnages qui l’entourent. La chute est-elle à chercher dans une faute commise dans le passé ? Oui et non. S’il y a effectivement dans le passé de Camille un terrible secret, il ne faut pas négliger non plus l’influence du bon vieux fatum antique et païen qui va entraîner à leur perte tous ceux qui ont, de près ou de loin, un rapport avec cet ancien couvent. L’histoire de Camille, c’est surtout cela : une tragédie placée, comme il se doit, sous le signe de la fatalité, et le destin de l’héroïne ne peut être dissocié de celui de la Maison-Dieu.

Ceux qui ont bien voulu lire le manuscrit avant sa publication m’ont tous « reproché » d’avoir écrit une histoire très « noire », dans laquelle la lumière ne brille que pour mieux mettre en valeur les ténèbres qui vont s’abattre sur les personnages : ils ont raison. Mais une tragédie ne peut se dérouler dans le monde des Bisounours et le rose n’est pas, loin de là, ma couleur préférée.

On pourrait s’imaginer qu’il s’agit d’un roman à tonalité fantastique : un ancien couvent, une falaise déserte, un décor plutôt étrange… Pas du tout. Il n’y a rien de fantastique là-dedans et si fantômes il y a, ils sont faits de chair et d’os, comme vous et moi. Mais ils sont peut-être bien plus redoutables que les entités maléfiques censées hanter des lieux comme celui-ci.

On pourrait aussi penser, en lisant ce texte et surtout les explications concernant le titre, que j’appartiens à cette catégorie de gens qui, selon l’opinion générale, sont assez « crédules » (pour ne pas écrire « sots ») pour accorder quelque crédit aux « élucubrations » des cartomanciennes. Je vous rassure tout de suite : je ne suis pas un inconditionnel de la voyance par cartes interposées. J’avoue cependant également être assez d’accord avec Carmen quand elle affirme que « les cartes sont sincères ». Contradictoire ? Bien sûr. Et je revendique cette contradiction. Elle est dans la nature humaine. Je n’ai encore jamais croisé une personne qui, ayant tenu tel jour un discours, ne s’est pas tel autre jour  contredite soit en actes, soit en paroles.

Il est vrai que les français sont réputés pour être cartésiens ; de  plus, nous sommes les enfants des Lumières, donc supposés être très rationnels. Mais finalement, il n’est pas plus absurde de croire que les astres influencent notre destinée ou que les cartes peuvent nous indiquer telle ou telle chose que de croire en un Dieu dont strictement rien ne prouve l’existence… Ce n’est qu’une question de foi et de recherche d’explication à des problèmes dont la solution nous dépasse encore. D’aucuns pourraient me répondre que la croyance en Dieu donne à notre existence une dimension spirituelle qui fait cruellement défaut dans notre monde de consumérisme forcené. Je l’admets ; mais ne pas rejeter l’idée que le destin peut nous attendre au détour d’une lame de tarots, c’est admettre la notion de fatalité, donc, d’une certaine manière, d’une puissance supérieure à l’homme. Le reste n’est qu’affaire de nom…

Revenons à des considérations plus terre à terre pour évoquer le type de narration, élément important dans un roman. Je me suis essayé, avec peut-être plus ou moins de bonheur, à une alternance de voix et de points de vue : on entend d’abord la voix d’Henriette, la grand-tante de l’héroïne, puis celle de Camille, et celle d’un narrateur omniscient qui finit par prendre le contrôle de l’histoire quand Henriette et Camille ne peuvent plus s’en charger. Cela donne au récit une certaine dynamique et une certaine variété qui l’empêchent –du moins je l’espère- d’être trop monotone.

Une dernière chose : ne cherchez pas dans ce roman des traces de vécu : tout est imaginaire, trame, personnages, et même le village où se déroule le drame. Situez-le où vous voulez, cela n’a pas d’importance…