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09 février 2013

Chérie prend une crise d'asthme

ANECDOTE A MORALE GENERALE

 

Chérie est une jeune fille étrangère d’une vingtaine d’années, de bonne famille, débarquée en France depuis septembre et maniant fort mal la langue d’icelui pays. Pourvue d’une intelligence tout à  fait normale, Chérie fait des études supérieures en deux ans pour apprendre à assister un cadre quelconque dans une quelconque entreprise.

Chérie maîtrisant mal le français rend généralement des devoirs qui sont truffés de fautes de langue, ce qui est tout à fait logique. Et puis un jour, miracle, elle donne à un de ses professeurs un devoir d’économie dans lequel subsistent encore quelques erreurs mais dont le rédacteur est indéniablement francophone. Autre étrangeté : on découvre dans sa copie la même ineptie écrite par toute la classe, à savoir qu’il existe des « déficits excédentaires » (sic.)

Forcément, ça met la puce à l’oreille. Alors on fait des remarques, on lui demande gentiment, si par hasard, elle prendrait les gens pour des buses. Chérie proteste, hautement indignée : elle a fait son devoir toute seule, on n’a pas le droit de mettre sa parole en doute. Et son indignation atteint une telle intensité qu’elle arrive à se déclencher une superbe crise d’asthme.

On entoure la malheureuse ; on lui tape dans les mains ; on l’évente, on ouvre la fenêtre ; remèdes insuffisants. Chérie suffoque. On appelle l’infirmière qui doit mal connaître la géographie des lieux vu qu’elle met des plombes à rappliquer –le temps que Chérie trépasse.

Heureusement, Chérie ne trépasse pas. Mais elle continue d’étouffer. On l’embarque sur un fauteuil roulant direction l’infirmerie où elle sera à l’abri des exactions de ces infâmes personnages qui ont osé lui dire qu’elle se moquait du monde.

Mais quand même : on est une infirmière scrupuleuse. Alors on demande d’un ton pincé, suspicieux et fort éloquent : « mais que s’est-il passé ? » Sous-entendu : qu’avez-vous bien pu faire à cette malheureuse pour la mettre dans un tel état ?

Rien, pardi. Je lui ai simplement mis mon poing dans la gueule, je l’ai jetée par terre et piétinée allègrement avec mes talons aiguilles. Et puis, comme elle ne voulait toujours pas avouer, j’ai sorti un couteau de cuisine et menacé de l’éviscérer. Alors, évidemment, cette petite nature a eu un léger choc psychologique.

Voilà ce qu’on aurait dû répondre à cette idiote trépanée au lieu de se lancer dans des justifications qui n’avaient pas lieu d’être.

 J’ai oublié de vous le dire, mais vous l’aurez deviné : cette scène se passe à un endroit où il est de bon ton, pour certains, de prendre les adultes enseignants :

 1 - Pour des enfants qui ont besoin de constantes remontrances et à qui on peut raconter n’importe quelle craque parce que finalement (paradoxe jouissif) on a une vision de l’enfance qui est tout sauf positive ;

 2 – Des tortionnaires en puissance qui n’ont qu’une idée en tête : « faire chier les mômes » comme dirait la Zazie de Queneau ;

 Quant aux élèves, ce sont tous des saints sur le chemin de la canonisation via le martyre.

 A quel endroit, avez-vous dit ? N’importe où dans le royaume de France.

 Quand même, les directives ministérielles, ça vous change un peu la vision des z’êtres z’et des choses…

 

 

 

 

 

 

 

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