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06 novembre 2012

Lady Macbeth de Mzensk

 

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Accrochez-vous, chers lecteurs, car l’opéra dont nous allons parler aujourd’hui n’est certes pas à mettre dans toutes les oreilles et, selon les mises à scène, sous tous les yeux. Car l’héroïne dans le genre amoral détient une palme qui ne lui a pas encore été ravie. (Ca peut venir, mais j’ai des doutes, vu l’état de l’opéra contemporain…) A coté d’elle, la Kostelnicka infanticide de Jenufa ? De l’amateurisme. L’abominable Kabanikha de Katia Kabanova ? Une rosière. Thaïs ? Une sainte. Ce n’est cependant pas pour autant que cette chère Katerina, notre héroïne de ce jour, est antipathique, bien au contraire ; c’est quasiment une meurtrière en série, mais honnêtement, elle a des excuses et vous allez comprendre pourquoi.

 

Avant de parler de l’opéra de Chostakovitch, il faut se pencher –assez longuement, vous m’en excuserez- sur le récit qui en est à l’origine, et qui a donné son titre à l’opéra, du moins un titre qu’il n’a pas gardé très longtemps, mais ça, c’est une autre histoire que je vous raconterai après.

 

Si Chostakovitch a changé un certain nombre d’éléments par rapport à l’œuvre d’origine, il en a gardé le titre (en le modifiant quand même un peu) : Le récit de Leskov s’appelait Lady Macbeth du district de Msensk ; comme le fait remarquer Jean-Michel Brèque, « cette désignation est un rien péjorative, Mzensk étant une simple bourgade de la prince d’Orel, ville elle-même d’importance moyenne à trois cents kilomètres au sud de Moscou. C’est dire que la protagoniste est désignée comme une Lady Macbeth « au petit pied », une réplique de faible envergure de la fameuse criminelle. » (1) Toutefois, rien, ni dans le récit originel, ni dans l’opéra n’indique que l’auteur et le compositeur éprouvaient pour leur héroïne une certaine condescendance ; il n’y a aucune ironie à son égard et il est clair que Chostakovitch la trouve extrêmement sympathique…

 

Le créateur de cette nouvelle Lady Macbeth, Nicolas Leskov, est un écrivain méconnu, mais que Maxime Gorki considérait comme un des plus grands auteurs russes, et qui, à la fin de sa vie, noua une étroite amitié avec Tolstoï. Originaire comme Tourgueniev de la province d’Orel, mais né, lui, dans un milieu beaucoup plus populaire (Tourgueniev était noble), il connaît l’existence terne et monotone que  peuvent mener de petites gens dans de petites villes. Il écrit Lady Macbeth du district de Mzensk en 1864. Ce récit est peu de temps après publié dans la revue de Dostoïevski, L’Epoque. C’est un banal fait divers qui en est à l’origine : Un vieillard met trop de temps à mourir au gré de sa bru, désireuse de toucher l’héritage ; elle l’assassine donc en lui versant dans l’oreille de la cire brûlante. Leskov fut témoin du supplice public de la meurtrière. L’argument est un peu mince pour un récit, mais l’auteur a considérablement étoffé l’histoire en réinventant l’héroïne, en mettant près d’elle des personnages tels que son amant Sergueï, son neveu Féodor, sa rivale du bagne Sonletka. Ainsi, ce n’est pas seulement son beau-père que Katerina assassine, mais son mari, son neveu, puis Sonletka.

 

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Qu’un roman naisse d’un fait divers, voilà qui n’est pas nouveau, ni extraordinaire : on pense bien sûr à Madame Bovary, au Rouge et le Noir. On songe aussi, dans le domaine lyrique, à Jenufa, opéra de Janacek inspiré d’une pièce elle-même tirée d’un fait divers. On peut aussi rapprocher ce récit de la Carmen ou de la Colombade Mérimée : l’ouvrage fait moins de cinquante pages ; il est net, concis, sans digression et va droit au but jusqu’à un dénouement qui tombe comme un couperet. Les actions violentes sont rapportées avec une sorte de détachement et le réel est montré dans toute sa crudité. Cependant, si modèle il doit y avoir, c’est quand même à Emma Bovary que Katerina ressemble, tout en étant malgré tout différente d’elle. La encore, on peut faire le rapprochement avec une autre héroïne de Janacek, Katia Kabanova, autre avatar de Bovary, tchèque cette fois.

 

Katerina a vingt-quatre ans. Elle est mariée à un marchand quinquagénaire qui n’a pas pu lui donner d’enfant. Sa vie n’est qu’ennui et monotonie. Son mari et son beau-père la rudoient et ne font aucun effort pour la comprendre. Mais Katerina a du tempérament : elle ne demande qu’à vivre, bouger ; or sa condition sociale la condamne à la solitude : elle ne peut partager les jeux des ouvriers agricoles. C’est ce qu’elle fera pourtant un jour, et, grisée par le jeu, elle fera des avances au beau Sergueï qui deviendra son amant. On le voit, Bovary n’est pas loin : même milieu social (la bourgeoisie rurale) ; une femme dont la personnalité est bien plus forte que celle des hommes qui l’entourent ; l’ennui de la vie conjugale ; le rêve d’une autre existence. Mais les différences avec Emma sont également très nettes : Madame Bovary est une « victime » de ses lectures romanesques et à l’eau de rose, elle se perd dans ses fantasmes, elle n’est pas vraiment sensuelle mais beaucoup plus portée à la rêverie romantique : le monde ne peut rien lui offrir de ce qu’elle désire. Emma est vouée à l’insatisfaction et se suicidera parce qu’elle ne pourra jamais faire coïncider rêve et réalité. Katerina est toute autre : elle ne lit pas, car elle n’a aucun goût pour la lecture ; elle garde les pieds sur terre et ne se perd pas dans des rêves : il lui suffira de connaître le plaisir physique entre les bras de Sergueï pour s’épanouir et être parfaitement heureuse.

 

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Pourquoi devient-elle une criminelle ? Parce que Boris, le beau-père de Katerina, ayant surpris Sergueï sortant de chez sa bru, fouette le jeune homme et l’emprisonne : or, Katerina ne peut plus vivre sans son amant. Sa demande de relâcher Sergueï se heurte à un refus formel de Boris. Le soir même, elle l’empoisonne. Ce premier crime est donc accompli sous le coup d’une impérieuse impulsion, irréfléchie, par une femme dominée par des appétits élémentaires. Katerina ne souhaitait pas la mort de Boris ; elle voulait simplement retrouver Sergueï. Boris devient alors l’obstacle à abattre, ce qu’elle fait, sans état d’âme.

 

La deuxième victime sera Zinovy, le mari, mais cette fois, Sergueï en sera grandement responsable. Le mari détesté doit revenir d’un voyage ; Sergueï se plaint à Katerina de sa situation précaire d’amant, qui va devoir regagner sa soupente quand le légitime aura repris sa place. Il ne peut plus se contenter d’une situation de subalterne, lui qui aime tant Katerina ; sa dignité sera bafouée, etc. Belles paroles destinées à étourdir Katerina et à faire germer en elle l’idée du second meurtre. Sergueï apparaît ainsi dans toute son abjection puisqu’il donne l’idée du crime à sa maîtresse en se gardant bien de le commettre lui-même. Katerina tue Zinovy et installe Sergueï à sa place.

 

Arrive le jeune neveu Féodor, accompagné de sa tante. Il vient réclamer sa part d’héritage. Katarina l’accueille fort aimablement : pour elle, la moitié de l’héritage suffit amplement, rien ne compte que son amour pour Sergueï et la possibilité de vivre avec lui. Mais Sergueï ne l’entend pas de cette oreille. Il reprend ses jérémiades sur l’impossibilité de ne plus pouvoir offrir à sa dame la vie qu’elle aurait méritée. Katerina sent que son bonheur dépend de la satisfaction de Sergueï : elle va commettre son troisième meurtre dès qu’elle en aura l’occasion, non plus cette fois pour elle-même, mais pour Sergueï. Trouvez meilleure expression de la passion absolue…

 

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Arrêtés pour meurtre et envoyés au bagne, Sergueï et Kararina se disputent ; il ne l’aime plus, elle n’est plus pour lui que l’auteur de ses maux. Il la trompe avec Sonletka et en fait la risée des autres détenus. N’ayant plus de raison de vivre, Katerina se suicide, entraînant avec elle Sonetka dans la mort : ce sera son dernier meurtre.

 

Le personnage de Katerina est extraordinaire de vie et de tempérament. Pour elle, le monde commence et finit avec son amant. La passion qu’il lui inspire explique tout son comportement, lui conférant audace et détermination. Mais si cette passion est d’un côté épanouissante, elle est aussi aliénante : elle l’entraîne au meurtre, au rejet de tout remords.

 

Parlons maintenant de l’opéra qu’a tiré Chostakovitch de cette histoire. L’œuvre est mise en chantier en octobre 1930. Il faudra deux ans au compositeur pour l’achever : tout sera fini en décembre 1932 et la création aura lieu le 22 janvier 1934, simultanément au théâtre Maly de Léningrad et à Moscou au théâtre de Nemirovitch-Dantchenko. Bien sûr, il a fallu apporter des modifications au récit de Leskov, et ces changements ont un peu transformé l’héroïne. La plus  grande modification est la suppression du meurtre du jeune Féodor, pour plusieurs raisons : éviter un trop grand nombre de personnages ; ne pas trop étirer l’action ; ne pas montrer sur scène le meurtre d’un enfant, spectacle souvent insoutenable qui aurait définitivement aliéné la sympathie (relative) du spectateur pour Katerina. Et puis, cela ressemblait un peu trop à Boris Godounov dont l’action tourne autour de l’assassinat d’un enfant. Cela fait de Katerina un personnage quelque peu affadi. Elle ne tue plus Féodor ; c’est Sergueï qui porte le coup fatal à Zinovy et non plus elle ; elle a des troubles de conscience ; elle en devient plus humaine, certes, mais moins grande, moins impérieusement amoureuse, donc moins amorale et déterminée : en un mot, plus banale. Mais son personnage domine encore nettement l’œuvre car les personnages masculins sont rien moins que médiocres, voire ignobles. Boris est un tyran cupide qui traite son fils de moins que rien et rêve de coucher avec sa bru, Zinovy n’a aucune envergure, Sergueï est, comme dit Chostakovitch une « nullité mielleuse » (2), bellâtre beau parleur, tartuffe à souhait, certes effronté et insolent mais terriblement lâche quand il faut agir et assumer les conséquences de ses actes. On plaint Katerina d’être allée s’éprendre d’un pareil individu qui ne lui arrive pas à la cheville.

Et la musique ? C’est elle qui « redonne à Katerina toute son envergure. Son lyrisme et sa violence s’accordent au climat général de l’opéra, lequel frappe par son expressionnisme et son naturalisme exaspéré. Le sang de Sergueï fouetté jaillit sur la scène, l’agonie de Boris est d’un réalisme atroce. […] La musique a des accents puissamment érotiques. De là une vie intense, avec souvent quelque chose d’hallucinant qui tient tout au long le spectateur en haleine. » (1)

 

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Evoquons maintenant le titre et le rapport qu’il impose d’emblée avec la terrible héroïne de Shakespeare. Les ressemblances avec la tragédie Macbeth son frappantes : un couple criminel, plusieurs meurtres commis dans le but de conserver le pouvoir, l’audace et la détermination qui donnent à l’héroïne une sorte de grandeur qui peut provoquer l’admiration. Mais les différences apparaissent bien vite, comme lorsqu’il s’agissait de comparer Katerina à Emma Bovary. « La pièce de Shakespeare est une tragédie du mal plus que de l’ambition. Les deux héros y sont animés par la rage de détruire et de se détruire. Leurs crimes sont si monstrueux qu’ils seront bientôt rongés par l’angoisse et le remords. » (1) Or, dans l’opéra, les crimes de Katerina paraissent moins monstrueux que ceux de Macbeth et sa femme, parce qu’ils sont légitimes (sauf l’infanticide chez Leskov) : Duncan était un roi vertueux ; le régime patriarcal de la Russie tsariste est une horreur. Si le remords poursuit les héros de Macbeth, Katerina et Sergueï dorment fort bien ; la meurtrière vit des jours heureux avant son arrestation et s’épanouit dans l’amour ; certes, Chostakovitch prête des troubles moraux à Katerina mais ils n’ont pas la puissance destructrice qu’ils ont chez Shakespeare. Finalement, on le voit, il est bien difficile d’établir un parallèle entre tel et tel personnage de telle ou telle œuvre ; les ressemblances existent mais elles sont parfois trompeuses. Et parler de tragédie pour Lady Macbeth de Mzensk est peut-être un bien grand mot…

 

Qu’advint-il de l’opéra après sa création ? Dès le début, la polémique se créa autour du titre : Moscou le change et opte pour Katerina Ismaïlovna (pour les raisons exposées au début de cet article) alors que Léningrad garde le titre originel. Comme toute œuvre d’art devait l’être au début de l’ère soviétique, Lady Macbeth est un opéra socialement engagé.  Il dénonce l’attitude odieuse des marchands de l’ancienne Russie ; mais l’engagement de Chostakovitch ne lui fait pas perdre son discernement : comme le dit André Lischke, « il a cherché à faire la part des choses entre sa condamnation d’une société globalement irrécupérable et son indulgence pour une individualité qu’il juge exceptionnelle. » (1) A la différence de Leskov pour qui Katerina est un personnage démoniaque, Chostakovitch la ressent comme une femme belle, énergique, pleine de talents, mais qui dépérit à l’intérieur du cercle de ces marchands médiocres à l’esprit étriqué qu’elle est obligée de fréquenter. Il désire avant tout réhabiliter Katerina, la présenter comme un personnage positif, gageure difficile à tenir car elle commet quand même trois actes contraires à la morale : trois meurtres. Mais les deux premiers sont « rachetés » par l’amour qu’elle porte à Sergueï et au fond, Katerina est le seul personnage de l’histoire capable d’éprouver un sentiment profond et authentique.

 

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Bien évidemment, la critique officielle de l’époque n’est pas du tout d’accord avec cette interprétation. Cette femme sans scrupule et sans morale doit refléter les crimes de sa classe sociale et en subir la malédiction, surtout si « on la montre dans toute sa lubricité, oubliant toute pudeur, et que la musique est dérangeante, voire incompréhensible à force d’incandescence et de vérité dramatique. » (3) Un article paru dans La Pravda du 28 janvier 1936 s’en prend violemment au compositeur et descend en flamme Lady Macbeth. C’est le début d’une campagne de presse et de mobilisation de l’opinion publique contre Chostakovitch, déclaré in fine « ennemi du peuple », titre peu enviable qui aurait dû le conduire d’office à la déportation en Sibérie mais à laquelle il échappe par miracle. Quant à Lady Macbeth, elle disparaît définitivement de l’affiche pour presque trois décennies. Elle a cependant eu le temps de faire des dégâts dans le monde entier, remportant des triomphes à Bratislava, Buenos Aires, Copenhague, New York, Prague, Stockholm, Zürich… Il n’y a que dans la triste URSS stalinienne que Katerina voit une chape de plomb lui tomber sur les épaules. Ce n’est qu’après la mort de Staline qu’on commencera à reparler de cet opéra. Mais il faut remanier le livret et la partition ; Chostakovitch accepte le compromis. Le 8 janvier 1963, la nouvelle Katerina Ismaïlovna est représentée au théâtre Stanislaski de Moscou. Cette « résurrection » de l’ouvrage est accueillie avec enthousiasme. En 1966, on tourne la version filmée de l’opéra avec l’extraordinaire Galina Vichnevskaïa dans le rôle titre. La cantatrice choisit alors un retour partiel à la partition d’origine.

 

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A Moscou, on a continué à ne jouer que Katerina Ismaïlovna alors qu’en Occident, on jouait Lady Macbeth de Mzensk. La fin du régime soviétique a-t-elle permis à l’œuvre originale de refaire surface ? Peut-être. A vrai dire, je n’en sais rien…

 

(1) – In L’avant-scène Opéra n° 141.

(2) - Cité par Jean-Michel Brèque in L’avant-scène Opéra n°141.

(3) – André Lischke in L’avant-scène Opéra n°141.

Pour plus de détails, lire ce numéro de L’Avant-scène absolument passionnant.

 

PHOTOS :

1 – A. Sokolova, créatrice du rôle de Katerina au Maly de Léningrad en 1934.

2 – P. Zassetski, créateur du rôle de Sergueï au Maly de Léningrad en 1934.

3 – Nadine Secunde (Katerina) à La Monnaie de Bruxelles en 1999.

4 – Michael König (Sergueï) et Eva-Maria Westbroek (Katerina) – Opéra Bastille 2009

5 – Anatoli Kotcherga (Boris) et Eva-Maria Westbroek (Katerina) – Amsterdam 2006

6 – Artem Inosemtsev (Sergueï) et Galina Vishnevskaia (Katerina).- Film de 1966

7 – Galina Vischnevskaïa – Film 1966

 

ARGUMENT : En Russie, en 1864.

 

ACTE I, scène 1 – La chambre de Katerina  - Allongée sur son lit, la jeune femme se plaint d’une existence fastidieuse et d’un mariage sans amour qui dure depuis cinq ans. Arrive son beau-père, Boris, qui lui fait des reproches et déplore qu’elle n’ait pas encore donné d’héritier à son fils. Il la soupçonne de vouloir prendre un amant mais il la surveille étroitement. En sortant, il lui ordonne de préparer de la mort-aux-rats et elle réplique que rien ne lui plairait plus que de la lui faire absorber. Boris revient peu après avec Zinovy, son fils ; il va falloir réparer une digue endommagée et Zonvoy va lui-même surveiller les travaux. Les domestiques font semblant de pleurer son départ et il présente à son père Sergueï, qu’il vient d’engager. Boris exige que son fils fasse jurer à Katerina d’être fidèle en son absence et la force à s’agenouiller devant lui. (Scène absolument identique à la fin de l’acte I de Katia Kabanova.) Tous sortent.

 

Scène 2 – Interlude orchestral – La cour de la maison de Boris – Sergueï et les domestiques tourmentent une servante qui pousse de grands cris. Intervention de Katerina ; Sergueï en profite pour lui serrer la main puis Katerina lutte avec lui ; il la terrasse au moment où Boris sort de la maison et les renvoie tous. Il menace Katerina de tout raconter à son mari.

 

Scène 3Interlude orchestral – La chambre de Katerina – Elle s’ennuie ; la voix de Boris lui reproche de gaspiller sa chandelle. Elle va à la fenêtre et exprime sa solitude dans une magnifique aria. Sergueï entre sous le prétexte de lui emprunter un livre ; ils s’embrassent mais la voix de Boris retentit : Katerina est-elle bien dans sa chambre ?

 

ACTE II – Scène 4 – La cour -  Boris parade sous les fenêtres de sa bru e évoquant ses prouesses de jeunesse. Voyant de la lumière dans la chambre de Katerina, il exprime ses pensées lubriques. Sergueï apparaît à la fenêtre, embrassant Katerina. Puis il sort dans la cour ; Boris le saisit et le fait fouetter non sans avoir ordonné à Katerina de regarder le spectacle par la fenêtre. Le châtiment terminé, on emporte Sergueï et Boris exige que sa bru lui fasse à dîner. Il envoie un message à son fils pour l’informer des troubles survenus dans son foyer. Katerina lui présente un plat de champignons qu’elle a préalablement empoisonné avec la mort-aux-rats. Boris agonise dans d’affreuses souffrances sous les yeux de Katerina qui ne fait rien pour l’aider et le laisse mourir seul. Quelques ouvriers l’entendant râler préviennent le prêtre qui arrive ; Boris accuse Katerina de l’avoir assassiné mais la jeune femme manifeste une douleur si vraie et si violente que le prêtre ne sait plus que penser.

 

Scène 5 – La chambre de Katerina – Les amants sont réunis. Sergueï s’inquiète du retour de Zinovy, Katerina pense à l’avenir ; surgit le fantôme de Boris : elle hurle de peur et réveille Sergueï qui ne voit rien. (Référence directe à Macbeth.) Elle croit entendre des bruits de pas derrière la porte et réalise soudain que c’est Zinovy. Sergueï se cache. Entre le mari qui demande à sa femme ce qu’elle a fait, puis exige des explications sur la présence d’une ceinture d’homme sur le lit. Il la bat avec la ceinture. Sergueï sort de sa cachette, Katerina commence à étrangler son mari mais c’est Sergueï qui l’achève.  Ils descendent le cadavre dans la cave puis s’enlacent.

 

ACTE III – Scène 6 – La salle de la maison – Le jour de leur mariage, Katerina et Sergueï ne peuvent s’empêcher de penser à leur crime ; Katerina ne cesse de regarder la porte de la cave. Entre un ivrogne qui demande de l’alcool et tient à tout prix à descendre à la cave pour se servir. Il enfonce la porte et ressort, se plaignant de l’odeur nauséabonde qui y règne. Il est convaincu d’avoir découvert le cadavre de Zinovy.

 

Scène 7 – Le commissariat de police local – Les policiers sont très occupés à ne rien faire. Ils se désolent de n’avoir pas été invités à la noce Ismaïlov. L’ivrogne fait irruption et annonce qu’il a trouvé un cadavre dans la cave. Le sergent et ses hommes se comportent comme s’ils n’attendaient que cela et se précipitent pour arrêter les coupables.

 

Scène 8 – Interlude orchestral – Le jardin des Ismaïlov -  La fête de mariage bat son plein. Katerina remarque que le verrou de la porte de la cave est brisé. Elle prévient Sergueï que tout est compromis et qu’ils doivent fuir. Trop tard : arrivent les policiers. Katerina comprend vite qu’il est inutile de mentir. Elle tend ses mains pour qu’on y passe les menottes mais Sergueï essaie de s’échapper : il est rattrapé et battu. Les policiers emmènent leurs prisonniers.

 

ACTE IV – Le soir – En chemin pour le bagne – Le groupe de forçats s’est arrêté un moment vers un pont. Katerina soudoie un gardien pour pouvoir passer du côté des hommes. Sergueï l’accueille avec froideur. A-t-elle oublié qu’ils en sont là à cause d’elle ? Elle retourne vers les autres femmes en se plaignant de voir dans chaque geste de Sergueï la preuve qu’il la hait. Pendant ce temps, Sergueï s’approche d’une détenue, Sonyetka,  et lui fait la cour. Pour céder à Sergueï, elle exige d’avoir des bas neufs, car les siens sont troués. Ceux de Katerina feront parfaitement l’affaire.  Sous prétexte que ses jambes sont blessées, il extorque à Katerina sa seule paire de bas.  Il les donne à Sonyetka et part avec elle, laissant Katerina malade de jalousie. Les femmes se moquent d’elle. Au matin, Katerina, hébétée, se dirige vers Sonyetka qui attend sur le pont et la jette avec elle dans la rivière. Les gardes déclarent qu’ils ne peuvent rien faire car le courant est trop fort. La colonne de forçats se remet en route, comme si rien ne s’était passé.

 

VIDEOS :

1 – Acte I - Début

2 - Intégralité du film Katerina Ismaïlovna avec Galina Vischnevskaïa

 

 

 

 

 

 

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