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30 décembre 2010

Oralia Dominguez

Cela fait un bon moment, déjà, que je voulais consacrer un billet à cette magnifique cantatrice mexicaine qui fut avec Sigrid Onegin une des plus grandes contraltos de ce siècle. J’ai eu la chance de la découvrir il y a longtemps, lorsque j’ai écouté pour la première fois L’Or du Rhin de Wagner dans l’enregistrement qu’en a fait Karajan en 1968. Oralia Dominguez y campait une prodigieuse Erda, exceptionnellement digne, mystérieuse, d’une majesté égalée seulement par Onegin avant elle. Puis, bien des années plus tard, j’ai pu écouter Aïda de Verdi enregistré à Mexico en 1951 : Callas tenait le rôle titre et Dominguez celui d’Amnéris : le génie vocal et scénique de l’une contre l’électrisante et l’incandescente interprétation de l’autre. Quand on écoute le duo du deuxième acte entre Amnéris et Aïda, ou celui du quatrième acte entre Amnéris et Radamès, ou la scène du jugement dans le même acte, la scène prend feu, littéralement. Ce n’est peut-être pas d’une grande finesse, les éclats extérieurs ne manquent pas dans l’interprétation de Dominguez, mais quelle voix ! Quel engagement, quelle puissance ! Rarement il m’a été donné d’entendre une Amnéris aussi passionnée et aussi violente, aussi bien dans ses crises de jalousie que dans son désespoir. Il faut dire qu’en 1951, Oralia Dominguez avait 24 ans et avait débuté à Mexico l’année précédente. Peut-être faut-il imputer à son jeune âge cette interprétation déchaînée… L’intériorisation de son Erda de 1968 montrera que le processus de maturation a bien eu lieu.

 

Née en 1927 à San Luis Potosi, ville située au nord de Mexico, Elle fait ses études au Conservatoire National de musique de Mexico. Elle y fait la connaissance du compositeur Carlos Chavez qui favorisera sa carrière. Pendant cette période, elle fera sa première apparition en tant que chanteuse dans La Demoiselle élue de Debussy.

 

Ses réels débuts comme artiste lyrique ont lieu en 1950 au Mexico City Opera, puis, l’année suivante, ce sera le triomphe au Palacio  de Bellas Artes de Mexico avec l’Amnéris de Aïda  évoquée précédemment. La distribution est éblouissante : outre Callas, elle réunit Mario del Monaco et Giuseppe Taddei. Sa carrière européenne commence en 1953 à Londres avec un concert, puis se sera au tour de la France, de l’Espagne, l’Allemagne, les Pays Bas de l’accueillir. En 1953, elle chante pour la première fois à la Scala de Milan, tenant le rôle de la Princesse de Bouillon dans Adriana Lecouvreur. La même année, le festival de Lucerne l’accueille pour le Requiem de Verdi qu’elle enregistrera l’année suivante.

 

Vienne, Paris, Naples, Bruxelles seront autant d’étapes importantes dans sa carrière. Les plus grands chefs d’orchestre la dirigeront. Citons : Tullio Serafin, Igor Markevitch, Herbert von Karajan, Paul Kletzki… En 1955, elle crée le rôle de Madame Sosostris dans A Midsummer Marriage de Michael Tippett à Covent Garden. De 1954 à 1964, elle est régulièrement invitée au festival de Glyndebourne où elle interprète entre autre Isabella de L’italienne à Alger ou Mrs Quickly dans Falstaff. Membre du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf depuis 1960, elle donnera également des récitals, des concerts et quittera la scène pendant la saison de 1967-68. Le dernier théâtre lyrique à l’entendre sera Covent Garden.

 

VIDEO 1 : Ecoutez-là dans Erda de L’or du Rhin : c’est magnifique !

VIDEO 2 : Aïda, acte II, Mexico 1951 – Confrontation Aïda – Amnéris ; Callas est Aïda

VIDEO 3 : Aïda, acte IV, Mexico 1951 – Scène du jugement.

 

 

 

 

 

 

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