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26 mars 2010

Kathleen Ferrier

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Kathleen Ferrier... Artiste géniale et sublime, bien trop tôt disparue, pour le malheur de tous ceux que sa voix unique transportait aux plus hauts sommets de l'Art... Avec Sigrid Onegin, elle forme le plus beau duo de contraltos du vingtième siècle. Grande parmi les Grandes, toutes les interprétations de Kathleen Ferrier sont inoubliables : que ce soit celle du Chant de la Terre, de Mahler, sous la direction de Bruno Walter et son déchirant Abschied, de l'Orphée et Eurydice de Gluck, et des innombrables lieder de Brahms, Schubert, Mahler que le disque, dieu merci, a rendu immortelles...

Présenter Kathleen Ferrier n'est pas facile... Car pour ceux qui la connaissent, sa vie, sa carrière n'ont rien de mystérieux. Alors pensons aux lecteurs qui vont découvrir cette voix immense, et à la chance qu'ils ont de pouvoir faire une telle rencontre...

Née dans le Lancashire en 1912 et morte à Londres en 1953, elle fut certainement une des cantatrices les plus admirées et les plus aimées de tout l'art lyrique.

 A l'instar de nombreux artistes, elle baigne dès son enfance dans la musique : très jeune, elle apprend le piano ; de son père, professeur de piano, elle reçoit des principes stricts sur l'interprétation des œuvres musicales : quand on joue un morceau, on le joue d'abord correctement (c'est la moindre des choses) et surtout, on le joue en respectant scrupuleusement les intentions du compositeur. Pas question de prendre des libertés avec la partition. A dix-sept ans, elle a réussi tous ses examens de piano et aurait pu, si elle l'avait voulu, devenir concertiste.

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A cette carrière musicale, elle préfère la carrière conjugale : elle se marie mais participe quand même à des concours de piano en qualité d'amateur. L'union ne dure pas très longtemps, et se révèle un échec ; elle divorce assez vite. Mais c'est sans doute à son mari qu'elle doit de s'être tournée vers le chant. En 1937, elle s'inscrit comme pianiste au concours de Carlisle ; son époux parie un shilling qu'elle n'osera pas se présenter aussi dans la section chant ; elle le prend au mot et se qualifie haut la main. Elle a 25 ans, et commence alors une carrière professionnelle qui va lui apprendre son métier.

Elle prend cependant des leçons de chant et son professeur découvre alors que sa voix recèle des richesses inépuisables et insoupçonnées. En 1942, Kathleen Ferrier s'installe à Londres et se produit comme concertiste tout en continuant ses études auprès d'un célèbre baryton qui s'était fait remarquer à Glyndebourne, Roy Henderson. Ces deux professeurs, plus tard, reconnurent qu'ils n'avaient eu qu'à affiner et exercer cette voix exceptionnelle qui existait déjà naturellement et qu'elle devait son timbre magnifique au fait qu'elle n'avait pas été dénaturée ou forcée par plusieurs années de conservatoire.

Le 17 mai 1943, elle chante le Messie de Haendel à l'Abbaye de Westminster ; dans la salle, parmi le public, l'écoute, ébloui, un compositeur : Benjamin Britten. Il écrira pour elle le rôle de Lucrèce dans son opéra Le viol de Lucrèce, créé en 1946 par Kathleen Ferrier lors de la réouverture du festival de Glyndebourne. Cette soirée de 1943 à Westminster marque véritablement la reconnaissance par le public et les critiques de cette immense artiste. S'enchaînent ensuite de nombreux oratorios, des récitals, des interprétations de la Rhapsodie pour contralto de Brahms.

En 1947, on célèbre la création du festival d'Edimbourg ; Bruno Walter, invité à diriger la Philharmonie de Vienne, décide d'interpréter Le Chant de la terre, de Mahler, inconnu alors du grand public anglais. Il confie la partition féminine à Kathleen Ferrier. Elle a trente quatre ans et Bruno Walter estime que sa voix convient parfaitement. Triomphe absolu que cette interprétation, gravée plus tard sur disque, disponible en CD et qui n'a jamais été surpassée.

De nombreux concerts suivent, tant en Grande-Bretagne qu'en Amérique ou dans le reste de l'Europe. La cantatrice reprend alors beaucoup de chants traditionnels anglais, tombés dans l'oubli, malgré quelques critiques qui lui reprochent de faire ressurgir des œuvres musicalement fort médiocres.

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En 1953, Covent Garden monte une nouvelle production d'Orphée et Eurydice de Gluck et confie le rôle d'Orphée à Kathleen Ferrier ; elle l'avait déjà interprété à Glundebourne en 1947. L'œuvre devait être chantée en anglais. Mais depuis plusieurs années, Kathleen Ferrier lutte vaillamment contre un cancer ; sa prestation à Covent Garden est saluée par toute la critique, mais elle ne peut donner que deux représentations. Le 8 octobre 1953, elle s'éteint, vaincue par le cancer. Sa mort soulève une immense émotion au Royaume-Uni et dans les milieux musicaux du monde entier. Mais les disques sont là, irremplaçables. Et sa voix continue de résonner, par delà la mort, pour notre plus grand bonheur... 

VIDEO 1 : Silent Night

VIDEOS 2, 3 et 4 : Rückert Lieder 

VIDEO 5 : Gluck, Orphée et Eurydice : "Que faro senza..."


 


 


 


 


 

 

 

Commentaires

Très cher Porky,
Quel délice d'écouter cette voix magnifique ! Elle nous emmène loin de ce dimanche terne et pluvieux. Merci de nous faire partager ce trésor caché.

Écrit par : Nina | 28 mars 2010

Bienvenue parmi les fans de Kathleen Ferrier, chère Nina.

Écrit par : Porky | 31 mars 2010

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