Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 octobre 2008

Martha

Avec l’opéra Martha (dont le sous-titre est Le marché de Richmond), nous entrons dans le monde des œuvres assez peu connues du grand public français de ce début du 21ème siècle, après avoir pourtant eu leur heure de gloire. Cet opéra est dû à un compositeur lui aussi négligé par la postérité, Friedrich von Flotow.

 

Flotow (1812 – 1883) est un compositeur allemand né à Teutendorf dans une famille aristocratique. Il étudia la musique au conservatoire de Paris et subit les influences de Meyerbeer, Rossini, Donizetti et, plus, tard, de Gounod et Offenbach, influences que l’on retrouve dans ses œuvres.

 

Il composa son premier opéra en 1833 : Pierre et Catherine, sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges mais la célébrité ne vint qu’en 1839 avec Le naufrage de la Méduse, œuvre créée le 31 mai 1839 au théâtre de la Renaissance à Paris.

 

La première de Martha eut lieu le 25 novembre 1847 à Vienne. Ce fut un succès et l’opéra connut une très grande popularité et continua d’ailleurs à être représenté au cours du 20ème siècle, notamment en Allemagne. En tout, Flotow composa environ trente opéras. Certains survécurent, d’autres furent définitivement perdus : il est donc quasiment impossible de dresser une liste exhaustive de toutes ses œuvres.

 

Nombreuses en tout cas furent celles qui furent représentées dans différents pays, sous différents titres, en différentes langues. Mais à part Martha et Alessandro Stradella, créé en 1844, toutes furent oubliées.

 

Flotow passa les dernières années de sa vie à Paris et à Vienne et eut la satisfaction, avant de mourir à Darmstadt, de voir ses opéras représentés dans des endroits aussi éloignés l’un de l’autre que Saint-Pétersbourg et Turin.

 

« Si le compositeur de Martha est allemand, la musique de l’opéra est d’une élégance qu’on n’a jamais vue en Allemagne et qui, en fait, est typiquement française. Flotow, en fait, était français quant à son éducation musicale ; de plus, le sujet et la partition de Martha étaient d’origine française. […] Martha est une adaptation d’un ballet écrit et composé pour une danseuse française et pour un public français. C’est la raison pour laquelle cet opéra est si typiquement français et n’est en rien allemand. » (1)

 

Si je me fie aux informations trouvées sur le net, un enregistrement de Martha est disponible en un coffret CD paru en 2003. Il existe également une version vinyle, avec une éblouissante distribution : Anneliese Rothenberger (Lady Harriet/Martha), Brigitte Fassbaender (Nancy/Julia), Nicolai Gedda (Lionel) et Hermann Prey (Plunkett). Cette version ne semble pas, à ma connaissance, avoir été publiée en CD. Et c’est bien dommage…

 

 

 

Argument de Martha : L’action se passe à Richmond en 1710, sous le règne de la Reine Anne.

 

Acte I, scène 1 : Lady Harriet Durham, dame d’honneur de la Reine Anne, s’ennuie profondément dans son boudoir. Sa suivante, Nancy, lui conseille de tomber amoureuse mais aucun prétendant n’arrive à toucher le cœur de Lady Harriet. Arrive son cousin, Sir Tristram Mikleford qui lui propose de se rendre à la foire de Richmond afin d’assister aux courses d’âne. Cette proposition suggère une idée à lady Harriet : elle propose de s’y rendre avec Nancy déguisées en paysannes. Lady Harriet se fera appeler Martha, et Nancy Julia. Quant au cousin, il sera Bob, tout simplement.

 

Scène 2 : La foire de Richmond. C’est le moment où les jeunes servantes vont, selon la coutume, se faire embaucher par des fermiers. Parmi ceux-ci se trouvent Plunkett,  homme jeune et robuste, et son frère de lait Lionel. Celui-ci est de toute évidence né gentilhomme mais ses origines sont obscures : un homme a confié Lionel enfant à la mère de Plunkett et lui a remis un anneau en exigeant, si quelque malheur venait frapper l’enfant, de montrer la bague à la reine. Alors que les affaires vont bon train, arrivent « Martha » et « Julia » en train de se disputer avec « Bob » qui les supplie de rentrer. Lionel et Plunkett sont éblouis par la beauté des jeunes filles. S’étant débarrassées de « Bob », les deux femmes, d’excellente humeur se laissent aborder par les deux jeunes gens qui les prennent pour des servantes à louer. Elles ont cherché l’aventure, l’ont trouvée et elles poussent même la farce jusqu’à laisser Plunkett et Lionel conclure un marché avec elles. « Martha » donne sa main à Lionel, « Julia » la sienne à Plunkett et l’argent est échangé. Mais au moment où les deux femmes veulent regagner la demeure de Lady Harriet, les deux fermiers font valoir leur droit et les emmènent avec eux.

Acte II : La ferme de Plunkett. Voilà donc nos deux aristocrates dans la ferme en train de préparer le dîner. Elles s’essayent aussi au métier à tisser mais se montrent si inefficaces que les deux hommes doivent leur dire comment s’y prendre. Nancy, énervée, renverse le rouet et s’enfuit, poursuivie par Plunkett. Lionel et « Martha » restent seuls. Lady Harriet, pour donner le change, chante son air favori : « la dernière rose de l’été ». Lionel, transporté, lui demande sa main. Plunkett revient, traînant « Julia » derrière lui : elle a mis en désordre la cuisine. Mais il se fait tard et les deux jeunes gens autorisent leurs servantes à gagner leur chambre. Lionel réitère sa proposition à « Martha ».

 

ACTE III : Une forêt près de Richmond. Lady Harriet et Nancy ont pu s’enfuir grâce à l’aide de Sir Tristram. La première ne s’ennuie plus et la seconde a perdu sa vivacité car elles sont toutes deux amoureuses.  Lionel, se promenant dans le parc, reconnaît dans une jeune chasseresse, et ce malgré la différence de condition, la « Martha » dont la disparition le désespère. Lionel commence par lui reprocher de cacher son identité à celui qui, selon la loi, est son maître. Lady Harriet appelle Sir Tristram à son secours ; remarquant avec quelle déférence l’équipage traite la fameuse « Martha » et entendant qu’on l’appelle « comtesse » comprend qu’il a été à la foire la victime d’une plaisanterie.

 

Acte IV : La ferme de Plunkett. Lionel demande à Plunkett d’aller montrer la bague à la reine et de plaider sa cause. Il s’avère que cette bague a appartenu au Comte Derby, gentilhomme qui a pris la fuite après l’échec du complot qui devait ramener Jacques II sur le trône. Avant de mourir, il a confié son fils à la mère de Plunkett. Ainsi, Lionel est l’hériter légitime du titre et des terres.

 

Dans le parc de Lady Harriett : Malgré tous les honneurs qu’il reçoit, Lionel est malheureux. Il est amoureux fou de Lady Harriet mais ne peut se décider à lui avouer son amour. Nacy et Plunkett décident d’organiser une rencontre entre la Comtesse et Lionel, dans le parc. Une douce voix familière s’élève soudain, chantant « la dernière rose de l’été » : quelques instants plus tard, « Martha » est dans les bras de Lionel. Tout est bien qui finit bien.

 

Vidéo 1 : Début de l’acte I

 

 

 

 

Vidéo 2 : Un des airs les plus célèbres de l’opéra est sans conteste « la dernière rose de l’été », dont les paroles sont celles d’un poème de Tom Moore et adapté d’un air irlandais traditionnel « The Groves of Blarney ». Le voici interprété par Joan Sutherland.

 

 


 

Cet air a également été enregistré par Rita Streich : l'interprétation est splendide. Cliquez sur son nom pour l'écouter.

 

Vidéo 3 : Final de l’acte IV

 

 

Les commentaires sont fermés.