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24 septembre 2008

Purcell : Didon et Enée

L'opéra anglais Didon et Enée a été composé par Henry Purcell en 1689. Il s'agit de son seul véritable opéra. Il était destiné à l'origine à une école de jeunes filles de la noblesse du quartier de Chelsea à Londres. Enée mis à part, tous les solistes étaient des femmes et les choeurs étaient pour la plupart assez simples, prévus pour un petit ensemble d'élèves de l'école et de jeunes gens d'une école voisine.

La partition autographe de Purcell ayant disparu, on ne peut que se livrer à des suppositions quant à la formation de l'orchestre de la création : il semble avoir été composé de cordes, clavecin et guitare, mais aucune des pages pour guitare n'a été retrouvée. L'opéra ne demande ni décor compliqué, ni costumes sophistiqués.

L'oeuvre originale incluait porbablement un Prologue mythologique et un Epilogue parlé. Mais on ignore si Purcell avait mis ou non le prologue en musique lors de la création. L'opéra ne nous est parvenu que sous la forme d'une adaptation réalisée au 18ème siècle, adaptation incomplète et qui présentait sans doute des altérations de la partition originelle.

Le librettiste semble avoir considéré que le public de l'époque connaissait suffisamment bien l'histoire de Didon et Enée pour ne retenir que les moments essentiels de la légende telle que la raconte Virgile dans son Enéide. Il a donc resserré au maximum l'action de l'opéra et a eu recours à de nombreuses ellipses.

Le morceau le plus connu et sans doute le plus émouvant se situe à la fin de l'opéra : c'est la mort de Didon. Abandonnée par Enée, la reine de Carthage se laisse mourir après avoir fait ses adieux à sa suivante Belinda. Le texte est d'une tragique et émouvante simplicité :

"Thy hand, Belinda, darkness shades me,

on thy bosom let me rest.

More I would, but Death invades me ;

Death is now a welcome guest.

When I am laid in earth, may my wrongs create no trouble in thy breast.

Remember me, but ah ! forget my fate."

("Ta main, Belinda ; les ténèbres me masquent la lumière. Sur ton sein laisse-moi me reposer. Je te dirais plus mais la mort s'empare de moi ; la mort est à présent la bienvenue. Lorsque je serai portée en terre, que mes torts ne viennent point troubler ton sein. Souviens-toi de moi ! Mais, ah ! Oublie mon destin.")

Comme le fait remarquer l'un des visiteurs de Youtube, est-ce la voix de Didon ou celle de Purcell, priant pour que les siècles suivants ne l'oublient pas ?...

Choisir la vidéo qui suit n'a vraiment pas été difficile, tant en ce qui concerne l'extrait que l'interprète. La mort de Didon est le sommet de l'ouvrage et de toutes les interprétations visionnées, celle de Dame Janet Baker est, de très, très loin, la plus exceptionnelle. On pourrait la qualifier en trois mots (ou expressions) : Raffinement, élégance, merveilleux sens de la nuance. Voici d'ailleurs ce qu'en dit Alan Blyth : "A chaque instant, le phrasé et les mots sont repensés, avec cette vivacité et ce souci du sens qui ont toujours été une marque de son art."

Voici donc Dame Janet Baker au plus haut sommet de son art. Même si le son n'est pas toujours très fort, c'est un régal.

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