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21 septembre 2008

Lotte Lenya

 

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A la nouvelle génération –et sans doute à une grande partie de la mienne également- le nom de Lotte Lenya ne dit probablement pas grand-chose, pour ne pas écrire « rien ». Pourtant, dans l’histoire de la musique, il reste associé à deux autres grands noms : Kurt Weill et Bertold Brecht.

 

De son vrai nom Karoline Blamauer, elle nait à Vienne le 18 octobre 1898 : son père est cocher de fiacre et sa mère lingère. Très jeune, elle se découvre une passion pour le théâtre. A quatre ans, elle se produit dans un cirque. Pendant la première guerre mondiale, elle fait des études de danse à Zürich puis se tourne vers le théâtre et joue des pièces de Molière et de Shakespeare avec des troupes itinérantes.

 

Un heureux hasard lui fait rencontrer en 1924 le musicien Kurt Weill : c’est le coup de foudre et elle l’épouse en 1926. En 1927, elle participe à la création d’une œuvre de son mari, le « petit Mahagonny », œuvre qui deviendra plus tard la célèbre Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny. C’est la première fois qu’elle se produit sur une scène en tant que chanteuse.

 

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L’année suivante, Weill et Brecht l’imposent comme interprète du rôle de Jenny dans l’Opéra de quat’sous à Berlin.

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Elle remporte un triomphe. Le public, la presse, le milieu musical la découvrent avec stupéfaction : un physique inquiétant, tout à fait en accord avec l’esthétique expressionniste qui domine dans les années 20 en Allemagne, une voix déchirée, sans cesse au bord de la rupture. Le 9 mars 1930, au Neues Theater de Leipzig, elle participe à la création de Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. La première est houleuse, et déclenche une bataille féroce entre partisans et détracteurs de l’œuvre. L’ouvrage est perçu comme ambivalent : il attire et repousse à la fois, expose un état psychique que la médecine moderne qualifie de schizoïde.

 

Les années 30 consacrent la carrière de chanteuse de Lenya. En 1931 elle tourne sous la direction de Pabst le film tiré de l’Opéra de quat’sous. Cette décennie voit aussi son divorce d’avec Kurt Weill puis son départ en 1935 en compagnie du compositeur pour les Etats-Unis. Ils se remarient l’année suivante. Dans son nouveau pays, Lotte Lenya accumule les concerts, les représentations, les tournées. En 1950, Kurt Weill meurt. Elle va désormais consacrer tous ses efforts à imposer et défendre la musique de son mari. Revenue en Allemagne, elle enregistre en 1956 l’intégrale de Mahagonny. (1) Mais sa voix a baissé d’une octave par rapport à celle qu’elle possédait dans les années 30.

 

Pendant les deux décennies suivant la mort de Kurt Weill, Lotte Lenya recommence une carrière internationale, participe à de nombreuses créations. Elle tient notamment le rôle de Frau Schneider dans la comédie musicale Cabaret, de laquelle sera tiré le film avec Liza Minnelli dans le rôle principal. Après s’être remariée un certain nombre de fois, elle succombe à un cancer le 27 novembre 1981.

 

Quelles vidéos choisir pour illustrer cet article ? Le choix n’a pas toujours été évident…

 

Première vidéo : Lenya chante « la complainte de Mackie Messer », « song » le plus connu de l’Opéra de quat’sous.

 

 

 

 

Deuxième vidéo : Extrait du film de Pabst L’opéra de quat’sous : Lenya chante la complainte de Jenny, connue en France sous le titre « La fiancée du pirate ». Quand Jenny rêve qu’un bateau pirate entre dans le port de la ville, la bombarde, en tue tous les habitants et l’emmène enfin vers la vie…

 

 

 

 

 

Lotte Lenya en 1931 lors d’une représentation à Berlin de Mahagonny.

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Lotte Lenya en 1956  lors de l’enregistrement intégral de Mahagonny.

 

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(1) Disponible en coffret CD. Génial !

 

 

Commentaires

Le décor assez roccoco derrière L.L. (ou plutôt Jenny) tandis qu'elle chante sa complainte vaut le détour. Mackie the Knife est toujours aussi envoûtant. Ah, comme dirait Péguy, la force et l'efficacité de la répétition... Je ne savais pas que Lotte Lenya avait survécu jusqu'en 1981. Il va bien falloir que je me replonge dans l'Opéra de 4 sous.
Bon dimanche

Écrit par : solko | 21 septembre 2008

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