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13 juin 2008

Les Olympiens 2

HERMES

 

Vous direz ce que vous voudrez, mais personnellement, c’est le dieu que je préfère. D’abord parce qu’il préside à mon signe astrologique sous le nom romain de Mercure et ensuite parce que ce petit rigolo toujours prêt à se livrer à mille facéties –souvent douteuses- me parait éminemment sympathique dans son rôle de patron des emmerdeurs.

 

Hermès (qui devrait réclamer des droits financiers pour l’utilisation de son patronyme à une certaine marque célébrissime) est le fils de Zeus et de Maia, la plus jeune des Pléiades. Il naît en Arcadie, dans une grotte et il est, comme tout nouveau-né, entouré de bandelettes ainsi que l’exige la coutume. Mais à force de remuer (il n’aime pas être prisonnier de quoi que ce soit et ça, je le comprends tout à fait), Hermès parvient à se délier et gagne la Thessalie où il rejoint son frère Apollon qui gardait des troupeaux. Profitant d’un moment d’inattention d’Apollon, Hermès lui vole douze vaches, cent génisses et un taureau. Il emmène tout le troupeau en Messénie, à Pylos, après avoir attaché une branche à la queue des animaux pour effacer toutes les traces de leur marche. (Vous comprenez maintenant de qui je tiens ma fabuleuse intelligence…)

 

A Pylos, Hermès, pas gêné du tout, sacrifie deux des génisses et en fait douze parts, une pour chacune des douze divinités. Puis il dissimule son butin et retourne se coucher dans sa grotte natale. Mais en y entrant, il découvre une tortue : il la vide et tend sur la cavité des cordes fabriquées avec les intestins des victimes sacrifiées. Ainsi est inventée la lyre.

 

Pendant ce temps, Apollon, furieux, cherche partout son bien et son art divinatoire lui permet de découvrir toute l’affaire. Il se rend auprès de Maia et se plaint vertement à elle du comportement de son jeune frère. Mais Maia lui montre l’enfant, tranquillement enveloppé dans ses langes et arborant  un air de parfaite innocence. Apollon doit alors avoir recours à Zeus qui ordonne à Hermès de rendre ce qu’il a volé. Mais dans la grotte, Apollon a vu la lyre : il l’échange contre le troupeau.

 

Hermès inventa aussi le syrinx (flûte de Pan) et vendit son invention à Apollon contre une houlette d’or. De plus, il demanda à son frère de lui enseigner l’art divinatoire.

 

Hermès est le messager des dieux : il a des sandales ailées qui le transportent dans les airs. Il est également chargé d’accompagner aux Enfers les âmes des morts. C’est aussi le compagnon et le guide des voyageurs. Il protège les bergers mais il est surtout célèbre pour ses ruses.

 

Aimant les voyages et sachant s’approprier le bien d’autrui, il ne pouvait manquer d’être le dieu des voleurs et du commerce…

 

 

DEMETER

« Déméter, sœur de Zeus, fille de Cronos et de Rhéa, possède une légende parmi les plus belles et les plus émouvantes de la mythologie hellénique. On racon­tait que Zeus s'était uni à elle et lui avait donné une fille, nommée Perséphone, qui grandissait, heureuse, parmi les nymphes et en compagnie des autres filles de Zeus. Elle cueillait, un jour, des fleurs dans la plaine d'Enna, en Sicile - ou encore près d'Eleusis, en Attique, ou encore dans la plaine de Cnossos, en Crète, tous lieux où se cultive le blé. Au moment où la jeune fille se penchait pour cueillir un narcisse, la terre s'entrouvrit et il en sortit un dieu sur un qua­drige traîné par des dragons. C'était Hadès, le frère de Zeus, qui était amoureux de Perséphone et, avec la complicité de son frère, se résolvait à l'enlever. Perséphone fut entraînée vers les Enfers, mais, en disparaissant, elle poussa un grand cri. Déméter entendit ce cri de sa fille et, le cœur plein d'angoisse, elle se mit à la chercher. Perséphone est introuvable. Neuf jours et neuf nuits, sa mère, sans prendre de nourriture, sans boire ni se baigner, erre par le monde, un flambeau allumé dans chaque main. Le dixième, elle rencontre la déesse Hécate, qui, elle aussi, a entendu le cri ; elle a même aperçu le ravis­seur, mais elle n'a pu le reconnaître, car sa tête était environnée d'ombre. Enfin, le Soleil, qui voit tout, apprend la vérité à la mère désolée. Irritée, la déesse décide de ne plus remonter au ciel et de ne plus accomplir ses fonctions divines jusqu'à ce qu'on lui ait rendu sa fille. Elle prit l'aspect d'une vieille femme et vint à EIeusis. Là, devant le palais du roi Céléos, se tenaient toutes les vieilles du pays, qui l'invitèrent à prendre place parmi elles et à parti­ciper à leur repas. Mais elle, dans sa douleur, ne voulut rien accepter. L'une des vieilles, nommée Baubô, insista et, comme Déméter persistait dans son refus de tout réconfort, Baubô retroussa ses vêtements et montra son derrière à la déesse. Déméter se mit à rire, et voulut bien manger. Ensuite, elle se mit au service de la femme de Céléos, la reine Métanira, qui l'engagea comme nourrice. On lui confia l'enfant du roi, qui s'appelle, selon les ver­sions, Démophon ou Triptolème. Déméter tenta de rendre l'enfant immortel et, pour cela, chaque nuit, elle le trempait dans un bain de flammes. Jusqu'au moment où Métanira la surprit dans cet étrange ma­nège. Craignant pour son enfant, Métarina poussa un cri. Déméter laissa tomber l'enfant, qui fut consumé, et elle révéla qui elle était. Elle confia alors à Triptolème, le second fils de Céléos, la mission de parcourir le monde en enseignant aux hommes la culture du blé. Et Triptolème partit, sur un char traîné par des dragons ailés, du haut duquel il semait des grains de blé.

Comme l'exil volontaire de Déméter rendait la terre stérile et bouleversait l'ordre du monde, Zeus décida de lui rendre sa fille. Il alla donc trouver Hadès et lui ordonna de restituer Perséphone. Mais cela n'était plus possible. En effet, la jeune fille avait rompu le jeûne et, dans le jardin du roi des Enfers, mangé un grain de grenade. Elle s'était ainsi défini­tivement liée au monde infernal. Il fallut en venir à un compromis. Déméter reprendrait sa place sur l'Olympe, et Perséphone partagerait son temps entre elle et les Enfers. C'est ainsi que, chaque prin­temps, Perséphone s'échappe du monde souterrain et monte vers la lumière, avec les premières pousses qui sortent des sillons, pour se réfugier à nouveau parmi les ombres au moment des semailles. Mais, aussi longtemps qu'elle demeure séparée de Déméter, le sol est stérile, et c'est la saison triste de l'hiver.

Cette légende avait revêtu de nombreuses formes locales et s'était compliquée d'une infinité d'épi­sodes. Nous verrons comment elle finît par servir de « support» aux mystères que l'on célébrait à Eleusis, où l'on en représentait pour les initiés une version ésotérique lourde de symbolisme. »  (Pierre Grimal)

 

 

DIONYSOS

 

S’attaquer à l’histoire de ce dieu, c’est s’attirer à coup sûr les foudres de Solko qui va me démontrer par A + B en s’appuyant sur X, Y et Z que Dionysos n’existe pas ou qu’il représente une multitude de dieux ou je ne sais trop quoi encore. Ok, j’assume. (Pensez quand même à moi la semaine prochaine, quand je serai au bord du suicide après sa conférence rectificatrice…)

 

Dionysos, donc : personnification des puissances de la vigne et du vin. Il est né des amours de Zeus et Séléné et sa conception est en elle-même une histoire assez singulière. Zeus aimait Séléné et cet attachement que lui montrait le maître des Dieux provoqua chez ses sœurs une jolie crise de jalousie. Elles affectèrent de croire que Séléné n’avait été aimée que par un vulgaire amant, sans doute de basse extraction et que leur sœur préférait cacher sa honte sous une belle légende plutôt que de devoir avouer la vérité. Elles firent tant et si bien que Séléné se mit à douter de son séducteur. Elle voulut avoir la preuve qu’il était bien un dieu et lui demanda de se montrer à elle dans toute sa gloire, tel qu’il se révélait à Héra. Zeus d’abord refusa : ce que lui demandait sa bien-aimée était impossible et trop dangereux. Cajoleries puis menaces finirent par faire leur effet : Zeus céda et parut devant Séléné, environné de la foudre, des éclairs et du tonnerre. La pauvre Séléné eut si peur qu’elle en mourut de saisissement. Mais Zeus savait qu’elle portait en son sein son futur fils et l’arracha du ventre de sa mère alors qu’il n’était encore qu’au sixième mois de sa gestation. Il le cousit dans sa cuisse et une fois le terme arrivé, le petit Dionysos naquit, parfaitement sain et viable.

 

L’affaire semblait relativement bien se terminer (si on excepte la mort de Séléné) mais Zeus allait se heurter à un formidable obstacle : comment élever l’enfant sans éveiller la jalousie d’Héra, son épouse légitime, certes habituée aux multiples tromperies de son mari mais peu décidée à élever l’enfant d’une autre ?

 

La solution qu’il trouva ne fit pas long feu : ayant confié l’enfant à l’une des sœurs de Séléné, Ino, mariée à Athanas, il ordonna au couple de vêtir l’enfant de vêtements féminins afin de tromper la vigilance d’Héra. La ruse ne dura que le temps d’un soupir. Héra, pas dupe, trouva le refuge de Dionysos, frappa de folie Ino et Athanas qui finirent par se suicider.

 

Zeus fut donc obligé d’emmener son fils bien loin de la Grèce et il choisit le pays de Nysa (dont la situation géographique était très vague, soit l’Asie, soit l’Ethiopie). Ce pays existait-il réellement ? Il semble bien que non ; en fait, ce nom a sans doute été inventé pour donner une étymologie à celui du dieu. Dionysos = le « Zeus de Nysa ».

 

Dans ce pays, l’enfant fut élevé par les Nymphes sous la forme d’un chevreau. Devenu adulte, Dionysos découvrit la vigne et le vin –choses qui furent loin de lui déplaire. Mais Héra veillait toujours et le poursuivait de sa haine. Ayant découvert son asile, elle le frappa de folie et il commença une course désordonnée à travers le monde. Parcourant l’Egypte et la Syrie, il parvint en Phrygie ; là, la déesse Cybèle le purifia, le délivra de sa folie et l’initia à ses mystères. Il ne restait plus à Dionysos qu’à conquérir le monde et à s’imposer comme une divinité à part entière.

 

Mais la solitude ne lui convenant guère, Dionysos s’entoura d’étranges compagnons : d’abord, des démons, tant masculins que féminins, les Bacchantes et les Bacchants ; puis un vieil homme, Silène, monté sur un âne ; enfin, les satyres, mi-hommes, mi-chèvres qui représentent les esprits orgiaques de la terre et du vin. Quant à Dionysos, il est monté sur une panthère et tient à la main un long bâton surmonté d’une pomme de pin et orné de lierre en guirlande.[1]

 

Il partit donc de Phrygie et aborda en Thrace où commence ses aventures.

 

Le pays était gouverné par un roi nommé Lycurgue. Ce dernier n’avait nullement envie de voir un étranger s’installer sur ses terres, surtout ce genre de fou accompagné de son cortège délirant. Il voulut donc emprisonner Dionysos. Ce dernier s’échappa, se réfugia chez la déesse de la mer Thétis. Pour se venger, Lycurgue captura les Bacchantes. La situation semblait bloquée lorsqu’une force mystérieuse délivra les Bacchantes et frappa Lycurgue de folie. Il prit une hache et dans son délire, s’imagina qu’il coupait des ceps de vigne ; en fait, il se blessait à la jambe et mutilait son fils. Son égarement l’ayant quitté, il s’aperçut que, par la magie de cette même force mystérieuse, son pays était frappé de stérilité. L’oracle fut consulté et révéla la vérité : la colère de Dionysos ne serait apaisée que quand on aurait tué le coupable. L’arrêt de mort de Lycurgue était signé et pour faire bonne mesure, ses sujets l’écartelèrent.

 

La Thrace conquise, Dionysos se dirigea vers l’Inde. Il soumettait chaque contrée qu’il traversait grâce à ses enchantements divers et variés. (Cette marche du Dieu vers l’Orient rappelle vaguement les expéditions d’Alexandre.)

Ayant soumis à son pouvoir tout ce qu’il désirait, Dionysos revint en Grèce, plus précisément en Béotie, la patrie de sa mère Séléné et y installa son culte.

 

Seulement voilà : Penthée, roi de Thèbes, s’inquiéta grandement de ce nouveau culte qui plongeait les femmes dans un délire total, des crises absolument effrayantes pendant lesquelles elles parcouraient la campagne en criant comme des folles. Il interdit donc la célébration de ce qu’il nommait des « orgies ». Mais Penthée se repentit vivement (si on peut dire) de cette interdiction : alors que caché derrière un buisson, il épiait les faits et gestes des Bacchantes, sa propre mère se jeta sur lui, prise de folie, et avec les autres femmes le découpa en morceaux car elle s’imaginait que c’était un lion.

 

Le culte de Dionysos se propagea de places en places et les résistances étaient toujours brisées de la même façon : la mort ou la folie. A Argos, le dieu frappa de démence les filles du roi et elles errèrent longtemps dans la campagne en se prenant pour des génisses. Elles dévorèrent même leurs propres enfants.

 

Le continent conquis, Dionysos passa aux îles. Voulant se rendre à Naxos, le dieu loua le bateau de pirates qui eurent la mauvaise idée de vouloir le vendre comme esclave en Asie ; pauvres pirates ! Quand ils virent que les avirons se transformaient en serpents, que le navire se remplissait de lierre tout prêt à les étouffer, quand ils entendirent, venant de partout et de nulle part, le son de flûtes et de tambourins invisibles, ils se jetèrent dans la mer et furent alors transformés en dauphins.

 

Les îles soumises, il ne restait au dieu qu’à descendre aux Enfers avant de remonter au ciel. Il alla donc chercher sa mère Séléné pour l’associer à sa gloire et avec elle, il conquit l’immortalité.

 

«On voit qu’il existe, contrairement à ce que nous avons constaté pour les autres dieux de la génération olympienne, une légende cohérente et comme une « biographie » de Dionysos, de la naissance à l’apothéose. […] La légende de Dionysos a d’autres origines que les précédentes et s’est imposée aux Héllènes alors qu’elle était déjà toute formée. Toutes les légendes de l’enfance sont développées à partir du rituel ; les épisodes de la conquête du monde témoignent du souvenir encore vivant de l’invasion du culte, à travers la Thrace, et des résistances que souleva sa diffusion. On devine toute une religion derrière cet « évangile » et cela suffit à donner au dieu une physionomie bien différente de celle que présentent les autres divinités grecques. »[2]

 



[1] In Pierre Grimal, La mythologie grecque.

[2] Pierre Grimal, op. cit.

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