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12.05.2008
Les Liaisons dangereuses 2008 : 9
Neuvième partie
Mail LXVI
De : Regina
A : Agénor
CC : /
En réponse à ton 2ème PS (le reste n’a aucun intérêt) : non, je ne trouve pas ça normal du tout. Qu’Attila mette ses bottes pointure 45 chez la Niaise me semble même fort inquiétant. Je me demande s’ils ne complotent pas quelque chose tous les deux. Ce qui est encore plus bizarre, c’est qu’Ammoniaque soit invitée aussi. Elle a toujours prétendu que la Niaise lui donnait des boutons. Tu me diras, elle prétend aussi être une militante. Va savoir ce qui est vrai ou faux ! Mais on devrait s’infiltrer dans le réseau. Quoi qu'il en soit, ça ressemble fort à des liaisons dangereuses.
Mail LXVII
De : Agénor
A : Regina
CC : /
Comment veux-tu t’infiltrer ? Je me vois mal débarquer, même déguisé, à la soirée de la Niaise. Elle trouverait ça étrange. Je pense qu’il y a malgré tout des limites à sa connerie.
Mail LXVIII
De : Regina
A : Agénor
CC : /
La Niaise n’a aucune limite, que ce soit dans le ridicule, l’ambition (petite) ou la connerie. Ton idée de déguisement me plait mais je crois qu’elle est irréalisable. Nous serions vite reconnus. Il faut plutôt jouer sur la jalousie d’Ammoniaque. Elle tient à se farcir Attila et ne le lâche pas d’une semelle. Je vais jeter un pavé dans la mare de cette oie. Je te tiens au courant.
Mail LXVIII
De : Agénor
A : Regina
CC : /
Mais elle se l’est déjà farci ! C’est du moins ce que prétend Deborah. Tu retardes de trois siècles. Cela dit, ton idée de pavé est très bonne, d’autant plus que nous sommes en mai, c’est une excellente référence syndicale. Mes félicitations.
Mail LXIX
De : Regina
A : Ammoniaque
CC (en adresse cachée) : Agénor
J’ai découvert par hasard quelque chose qui m’intrigue au sujet d’Attila : est-ce que tu savais qu’il fréquentait la Niaise ? J’ai entendu cette dernière l’inviter à une soirée mais surtout, ils se sont donnés rendez-vous lundi prochain à 17 heures en salle vidéo. A mon avis, ce n’est pas pour parler des prochains mouvements sociaux. Tu crois qu’il mijote quelque chose derrière notre dos ?
PS : Agénor a même vu une photo de la Niaise dans le cartable d’Attila. On peut le croire sur parole, ce n’est pas le genre à inventer n’importe quoi comme d’autres de ma connaissance. Tu le savais, ça ?
Mail LXX
De : Ammoniaque
A : Regina
CC : /
Non, je l’ignorais. Ce que tu m’apprends me laisse pantoise. Tu crois qu’il me nous trahirait pour la Niaise ? Nom d’un chien, si c’est ça, je vais lui voler dans les plumes. Quand je pense qu’il a osé prétendre qu’il n’y avait rien entre lui et elle… Je suis sûre que ce salaud lui a ordonné de m’inviter à sa soirée pour brouiller les pistes. Je n’irai pas. Je rangerai mon sac argenté dans le placard et il n’en bougera plus. Tu n’es pas de mon avis ?
PS : Merci pour le renseignement ; Regina, tu n’es plus mon ennemie, liguons-nous pour démolir ce détritus vivant.
Mail LXXI
De : Agénor
A : Regina
CC : /
J’ai bien reçu la copie de ton mail à Ammoniaque. Tu crois qu’elle va gober l’hameçon ? C’est un peu gros, non, même pour elle ? Enfin c’est toi qui vois. Pendant que j’y suis, tu seras gentille de ne pas me mêler personnellement à tes petits complots. Moi, je n’ai rien vu dans le cartable d’Attila. Je tiens à mon image de marque.
Mail LXXII
De : Regina
A : Agénor
CC : /
(Une copie du mail LXX est jointe)
Lis ça, incrédule. Non seulement elle a avalé l’hameçon mais la ligne et la canne en même temps. Je vais me rabibocher avec elle et lui soutirer tout ce qu’elle sait. Ca, c’est de l’intrigue ! Quant à ta dernière remarque, je préfère penser qu’elle est l’expression d’une ivresse momentanée.
Mail LXXIII
De : Regina
A : Ammoniaque
CC (en adresse cachée) : Agénor
Ton mail m’a vraiment fait plaisir, j’avais tellement de chagrin à l’idée que nous étions devenues presque deux ennemies. Je n’en dormais plus, c’est vrai, je n’avais même plus de goût à soigner mes animaux. Chaque fois que je les regardais, je pensais à toi. Je crois que la trahison d’Attila est une réalité. Il faut que tu ailles à la soirée et que tu écoutes tout ce qui se dira. Prends du papier et un crayon et note. Je ne veux pas dire par là que ta mémoire est défaillante, mais il ne faut rien rater, tu comprends ? Tu me raconteras tout à la prochaine réunion syndicale. Je te fais une grosse bise.
Mail LXXIV
De : Agénor
A : Regina
CC : /
Franchement, où as-tu appris à être aussi faux cul ? Là, j’en reste baba. Donne-moi le nom de ton professeur, j'aurai besoin de lui si je décide un jour de faire de la politique.
Mail LXXV
De : Regina
A : Agénor
CC : /
J’ai simplement suivi l’exemple de Monsieur de Lavallière. Tu peux te fier à lui, c’est un véritable Monarque dans ce domaine. Par contre, je ne sais pas ce qu’il va te demander en contrepartie. Peut-être des ragots sur ML. Mais je t’assure qu’il vaut la peine d’être écouté.
Mail LXXVI
De : Cunégonde
A : Ammoniaque
CC (en adresse cachée) : Attila, Scarlatina O’Blondi
Ammoniaque,
Je pensais avoir atteint les bas fonds de la déliquescence mentale en lisant la prose de Deborah. Je vois que je me suis trompée, le pire n’est jamais totalement atteint.
Votre abyssale stupidité m’a beaucoup amusée. Votre ton péremptoire est à hurler de rire. Croyez-vous vraiment que j’ai le temps de me pencher sur vos problèmes ? L’état du peuple français non seulement m’est complètement égal mais surtout, je m’en fous comme de ma première culotte en dentelle. Je vous signale que me voilà maintenant quasiment américaine et prête à adopter le mode de pensée (si l’on peut dire) de ce peuple admirable. Donc, ce qui se passe dans l’hexagone ne me concerne nullement. J’ignore totalement ce que ma remplaçante vous répondra, c’est son problème, pas le mien. Si encore vous étiez infirmière bulgare, je pourrais éventuellement faire quelque chose. Mais enseignante, alors là… Allez voir ailleurs si j’y suis et bien le bonjour chez vous. Cunégonde.
(A suivre)
07:14 Publié dans Roman par mail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, satire, caricature, littérature




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