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08.05.2008

Zaza Blondina et Monsieur de Lavallière

ZAZA BLONDINA ET MONSIEUR DE LAVALLIERE  :

GAFFES ET BEVUES (suite)

Le portrait de ces deux éminents membres de la Salle des Urnes funéraires n’eût pas été complet si nous n’avions pas raconté non pas leurs dernières frasques (en ce moment, ils se tiennent tranquilles mais pour combien de temps ?) mais quelques-unes de leurs précédentes boulettes.

La courtoisie et la bonne éducation (si chères à Zaza Blondina) exigent que l’on commence par les dames : voici donc la première anecdote, celle dont la Blonde Sublime a été l’héroïne.

18 H : la journée est finie : Zaza Blondina, sac en bandoulière et cartable dans la main, se dirige d’un pas primesautier vers l’arrêt du bus situé en face de l’établissement. Elle est toute contente parce que son dernier cours s’est particulièrement bien passé et elle a l’impression d’être une prof géniale. Elle n’ose pas chantonner parce qu’il y a pléthore d’élèves autour d’elle, mais elle adresse à la ronde une généreuse série de sourires radieux.

Et justement, non loin d’elle, un jeune homme lui rend son sourire. Visiblement, il la connaît. Elle aussi le connaît, elle l’a vu quelque part, c’est certain. Elle s’approche de lui, aimable et pimpante. « Oh, bonjour, dit-elle, vous ne seriez pas le serveur du restaurant chinois de la place XYZ ? Ca fait longtemps que je ne vous ai pas vu. »

Le sourire du jeune homme se fige et disparaît. Son visage prend une expression particulièrement réprobatrice. « Non, répondit-il. Je suis un de vos étudiants et vous venez de me faire cours pendant deux heures. »

Zaza Blondina, foudroyée, se tait.

L’étudiant ne lui adressera plus la parole de l’année.

 

Deuxième anecdote : cette fois, c’est Monsieur de Lavallière, notre arbitre des élégances, qui en est le héros malgré lui.

Alors qu’il traverse inconsidérément le centre commercial de la Part-Dieu, Monsieur de Lavallière s’entend héler par une voix féminine. Il s’arrête, regarde autour de lui. Une jeune fille lui fait de grands signes et s’approche de lui, souriante. Seigneur, c’est une de ses étudiantes. Mais laquelle ? Et à quelle promotion appartient-elle ?

La jeune fille bavarde, très à l’aise, pendant qu’il essaie désespérément de se souvenir d’elle. Elle lui apprend qu’elle fait un stage dans le centre commercial.

Monsieur de Lavallière (voyant là l’occasion d’arriver à cerner l’époque où il essayait de lui enseigner les rudiments de la synthèse de documents) : Un stage ? Mais vous n’avez toujours pas trouvé de travail ?

L’étudiante (surprise par l’incongruité de cette question) : Non, je fais simplement mon stage normal.

Monsieur de Lavallière (guère plus avancé)  : Ah, d’accord ! Mais dites-moi, je vous ai eue comme étudiante en quelle année ?

L’étudiante (abasourdie) : Mais vous m’avez cette année ! Je suis dans votre classe de BTS !

Monsieur de Lavallière (effondré, à part) : Nom de Dieu, comment je vais me tirer de cette merde ? (A voix haute, radieux et faux cul comme cela ne devrait pas être permis de l’être) : Ah oui, mais bien sûr ! Vous avez changé de coiffure, n’est-ce pas ? Voilà pourquoi je ne vous reconnaissais pas.

L’étudiante (rassérénée) : Oui, en effet, je me suis fait couper les cheveux.

Monsieur de Lavallière (soulagé) : Je me disais aussi… Vous savez qu’elle vous va très bien, cette coiffure ? Vraiment.

L’étudiante (ravie) : Oh merci, c’est gentil. A bientôt.

Et elle s’en va, laissant Monsieur de Lavallière au bord de la déroute, en sueur, et se disant qu’il l’a échappé belle. Vivent les coiffeurs !

 

 

 

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