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08 mai 2008

Les mythes des origines : le mythe scandinave

III – LE MYTHE SCANDINAVE

 

 

 

L’Edda est le recueil de mythes scandinaves le plus complet. Il a été rédigé au XIIIè siècle par l’historien islandais Snorri Sturluson. Il contient entre autre le récit de la création du monde ainsi que celui relatant sa fin, le fameux « Crépuscule des Dieux », titre dont Wagner a baptisé la dernière journée de sa Tétralogie.

 

Wagner a beaucoup emprunté au mythe nordique pour écrire L’anneau du Nibelung, œuvre dans laquelle il a mélangé les légendes scandinaves et la légende de Siegfried. Tolkien et son Seigneur des Anneaux doivent aussi beaucoup à ces mythes, de même qu’une bonne partie de la littérature actuelle dite « fantasy ».

 

La première partie de l’Edda est intitulée Gylfaginning ou « Mystification de Gylfi ». C’est dans cette partie que sont relatés la création du monde et sa destruction. Le récit de cette création, est, sur le plan littéraire et formel, tout à fait particulier : il ne s’agit pas d’une « histoire racontée » mais d’une conversation entre quatre personnages, le Roi Gylfi et les Ases, dieux nordiques. Le point de départ est le suivant : Gylfi, abusé par une déesse qui lui avait enlevé un morceau de son pays, s’interroge sur la nature des dieux et sur l’origine de leur pouvoir. Il se rend donc à Asgard, leur lieu de résidence, afin de connaître de la bouche des dieux mêmes leur race, leur puissance et leur destin. Arrivé à Asgard, il est introduit auprès de trois de ses hôtes qui lui donnent l’autorisation de les questionner à loisir à la condition cependant qu’il se révélât plus savant qu’eux. La conversation qui va avoir lieu se déroule donc sur un arrière-plan assez dramatique puisque Gylfi risque sa vie s’il est pris en défaut par les Dieux.

 

Les trois interlocuteurs de Gylfi sont : « Le Très-haut », « l’Egal du Très-Haut » et « le Tiers ». Chacun prendra la parole à tour de rôle pour répondre aux questions de Gylfi.

 

Je ne vais ici vous donner qu’un résumé de cette étrange conversation. Pour cela, j’ai utilisé la traduction de l’Edda faite par François-Xavier Dillmann, parue chez Gallimard. De temps en temps, j’introduirai un petit extrait pour vous donner un aperçu du texte original.

 

 A l’origine des temps, il n’y avait rien, seulement le néant. Pas de mer, pas de terre, pas de ciel. Il n’y avait que l’abîme.

 

Avant la création de la terre, il existait cependant un lieu appelé Niflheim. En son centre se trouvait la source nommée Hvergelmir et de cet endroit partaient neuf rivières. Mais avant la création de Niflheim, il y avait eu  le monde appelé Muspell, situé dans la partie méridionale. C’était un monde très lumineux et très chaud, car il n’était que feu et flammes. L’être appelé Skurt se tenait à la frontière de ce pays afin d’empêcher toute intrusion.

 

Lorsque les neuf fleuves appelés Elivagar arrivèrent très loin de leur lieu d’origine, leurs flots venimeux durcirent et formèrent de la glace.  Quand la glace ne coula plus, la vapeur qui émanait du poison gela et devint du givre. Le givre petit à petit augmenta en volume et arriva jusque dans l’immense abîme appelé Ginnungagap.

 

« L’Egal du Très-haut dit alors : « Dans sa partie orientée au nord, Ginnungagap se remplit d’une lourde masse de glace et de givre, et, à partir de là, de la vapeur et un souffle d’air glacé se répandirent vers l’intérieur de l’abîme. A l’inverse, dans sa partie orientée au sud, Ginnungagap s’allégea sous l’effet des étincelles et des flammèches qui volaient à sa rencontre en provenance du monde de Muspell. »

 

Un froid terrible venait de Niflheim et la chaleur et la luminosité venaient de Muspell. L’intérieur de Ginnungagap était très doux. Lorsque l’air chaud rencontra le givre, celui-ci commença à fondre. Des gouttes qui tombaient jaillit alors la vie et une créature apparut, qui avait forme humaine. Elle s’appelait Ymir.

 

Ymir n’était pas un dieu : c’était un être mauvais, cruel, comme ceux qu’il engendra par la suite. Pendant qu’il dormait, il se mit à transpirer. De son bras gauche naquirent un homme et une femme et l’une de ses jambes engendra un fils avec son autre jambe. Les Géants du Givre descendent de ces créatures nées de Ymir.

 

Des gouttes de givre sortit également la vache Audhumla ; quatre fleuves de lait coulaient de ses pis. Ce fut elle qui nourrit Ymir. La vache se nourrissait en léchant les pierres du givre qui étaient salées. De la pierre qu’elle lécha le premier jour, sortit une chevelure d’homme, le deuxième jour une tête d’homme et le troisième un homme entier. Il s’appelait Buri, était beau et vigoureux. Il eut un fils nommé Bor qui épousa Bestla et dont il eut trois fils : le premier Odin, le second Vili, le troisième Vé.

 

Les fils de Bor tuèrent le géant Ymir. Lorsqu’il mourut, le sang jaillit de ses blessures en telle abondance qu’il noya toute la race des géants du givre. Un seul en réchappa, Bergelmir, qui monta avec sa femme dans une embarcation en forme de tronc d’arbre évidé et put ainsi se maintenir sain et sauf. C’est par eux que se reconstitua la race des Géants du Givre.

 

Quant à Odin, Vili et Vé, ils se servirent du corps d’Ymir pour commencer la Création.

 

Les trois fils de Bor prient le corps d’Ymir et le transportèrent au milieu de l’immense abîme de Gynnungagap et en firent la terre. Ils firent la mer et les lacs de son sang, sa chair devint la terre ferme, et ses os devinrent les montagnes. Ses incisives et ses molaires servirent à faire les pierres et les éboulis de roches, de même que certains de ses os qui s’étaient brisés.

 

Le sang devint donc la mer et les trois Ases en ceignirent la terre afin qu’elle soit stable. Ils la disposèrent tout autour de la terre et c’est pourquoi bien des hommes pensent qu’on ne peut traverser cette mer.

 

Du crâne d’Ymir, ils firent le ciel qu’ils dressèrent en quatre coins au-dessus de la terre et sous chacun des angles fut placé un nain chargé de soutenir la voûte céleste. Ces nains avaient nom : Austri (Orient), Vestri (Occident), Nordri (Septentrional) et Sudri (Méridional).

 

Puis, les trois Ases prirent les flammèches et les étincelles qui voletaient hors de Muspell et les placèrent au firmament ; ils donnèrent une place à tous les corps lumineux, fixe pour certain, mobile pour d’autres qui furent placés sur une orbe et leurs mouvements furent réglés. C’est ainsi que l’on peut distinguer le jour de la nuit et que l’on compte par années.

 

A ce monde qui venait d’être créé, les Ases donnèrent une forme sphérique. A l’intérieur des terres, ils utilisèrent les cils d’Ymir pour ériger tout autour du monde une fortification qu’ils appelèrent Midgard afin de se protéger de l’hostilité des géants. Puis, de la cervelle d’Ymir qui avait été jetée en l’air, ils firent les nuages.

 

Un jour que les fils de Bor marchait le long d’un rivage, ils avisèrent deux troncs d’arbre avec lesquels ils façonnèrent deux hommes : Odin leur donna le souffle et la vie, Vili leur donna l’intelligence et le mouvement, et Vé l’apparence, la parole, l’ouie et la vue. Ils leurs donnèrent aussi des vêtements et un nom : L’homme fut appelé Ask (= frêne) et la femme Embla (=orme).  Ce fut d’eux que naquit la race humaine qui fut établie par les fils de Bor dans les terres protégées par Midgard.

 

Ensuite, les trois Ases construirent pour eux-mêmes au milieu du monde un fort nommé Asgard. Ce fut le lieu d’établissement des dieux et de leur race. De son trône, Odin[1] pouvait observer l’activité de tout un chacun.

 

La femme d’Odin s’appelait Frigg.[2] D’eux provient la race des Ases et Odin est le père de tous les dieux et de tous les hommes. C’est pour cela qu’on le nomme aussi Alfadr.

« Il était un géant qui habitait aux Iotunheimar (= pays des géants) et s’appelait Norfi ou Narfi. Il avait une fille appelé Norr (« nuit »), laquelle était noire et sombre, comme la race dont elle était issue. Elle fut mariée à Naglfari et ils eurent un fils qui s’appelait Aud (personnification probable du destin et de la mort). Ensuite, elle fut mariée à Anar et la fille qu’ils eurent fut appelée Iord (« terre »). En dernier lieu, elle fut donnée en mariage à Delling (= le brillant, le lumineux), qui appartenait à la race des Ases. Ils eurent un fils qui fut appelé Dag (« jour ») et qui était brillant et beau, à l’instar de son père. Alfadr (Odin) prit alors Nott et Dag, son fils : il leur donna deux chevaux et deux chars et les plaça en haut dans le ciel en leur enjoignant de chevaucher chaque jour autour de la terre. Nott vient en tête, montée sur le coursier qui est appelé Hrimfaxi (« crinière de givre ») et, chaque matin, ce dernier couvre la terre de rosée avec l’écume qui dégoutte de son mors. Le cheval que possède Dag s’appelle Skifaxi (« crinière d’éclat ») et, de sa crinière, il éclaire l’air tout entier ainsi que la terre. »

 

Quant au soleil, il progresse très vite dans le ciel car il est poursuivi, comme la lune, par un loup qui cherche à la dévorer. Le loup qui poursuit le soleil s’appelle Skoll ; le soleil a peur de lui et d’ailleurs, le loup finira par l’attraper. Quant à celui qui court devant lui, à la poursuite de la lune, il s’appelle Hati, et lui aussi finira par attraper sa proie. Ces deux loups proviennent d’une race fondée par une géante habitant à l’est de Midgard. Elle a mis au monde de nombreux fils, tous des géants à forme de loups, et c’est d’eux qui descendent ces deux loups. « On raconte qu’un membre de cette race, appelé Managarm (« chien de lune ») deviendra très puissant. Il se rassasiera du sang de tous les hommes à l’agonie, puis il dévorera la lune et aspergera de sang le ciel et l’air tout entier. Suite à cela, le soleil perdra son éclat, tandis que les vents se déchaîneront et mugiront avec fureur dans toutes les directions. » [3]

 

Si le monde était désormais créé, ainsi que tous ses habitants, il fallait à présent l’ordonner et lui permettre de fonctionner. Ce fut ce dont s’occupa Odin.

 

Lorsque la construction d’Asgard fut achevée, Odin et les autres dieux fixèrent le destin des hommes et décidèrent de l’agencement du fort. Ils édifièrent d’abord le magnifique temple dans lequel se trouvent leurs sièges, au nombre de douze plus celui d’Odin.  Ils donnèrent à ce monument le nom de Gladsheim. Puis, ils construisirent un autre bâtiment, superbe lui aussi, destiné aux déesses et les hommes l’appelèrent Vingolf. Puis les dieux forgèrent les outils avec lesquels ils fabriquèrent des objets et ustensiles domestiques. L’or était en telle abondance que tous ces ustensiles étaient faits de cette matière.

 

Puis les dieux donnèrent intelligence et forme humaine aux vers qui avaient pris forme dans la chair d’Ymir et en firent les nains. Ces derniers habitaient dans la terre et dans les pierres.

 

Le siège qui est le sanctuaire des dieux se situe là où s’élève le frêne Yggdrasil, le frêne du monde. Là, chaque jour, les dieux rendent la justice.

 

« L’Egal du Très-Haut dit alors : « ce frêne est le plus grand et le meilleur de tous les arbres ; ses branches s’étendent au-dessus du monde entier et dominent le ciel. Il est supporté par trois racines qui sont extrêmement éloignées les unes des autres. L’une est située chez les Ases, la seconde chez les géants du givre, là où autrefois était l’immense abîme Ginnungagap et la troisième couvre le monde Niflheim. »

 

Sous la seconde racine se trouve une source appelée Mimisbrunn (= la source de Mimir ») qui recèle sagesse et intelligence. Odin vint à la source et voulut en boire une gorgée mais il dut pour cela laisser un de ses yeux en gage.[4]

 

Sous la troisième racine de Yggdrasil, se trouve la source sacrée appelée Urdarbrunn (= la source d’Urd=. Les dieux tiennent conseil à cet endroit. Le pont qui permet de relier la terre au ciel est appelé Bifrost et les hommes l’appellent « arc-en-ciel ». C’est un pont très solide.

Près de la source d’Urd sous le frêne se trouve une halle magnifique d’où viennent trois étranges personnages : ce sont trois vierges appelées respectivement Urd, Verdandi et Skuld. Le nom de la première fait référence au passé, celui de la seconde au présent et celui de la troisième au futur. Elles façonnent la vie des hommes et elles sont appelées les trois « Nornes »[5]. Il existe d’autres Nornes, celles qui président à la naissance de chaque enfant et façonnent sa vie. Certaines Nornes appartiennent à la race des Ases, d’autres à celle des Elfes, d’autres encore à celle des nains.

 

« [Gylfi] déclara alors : « Si les Nornes décident du destin des hommes, elles tranchent de façon extrêmement inégale, puisque les uns ont une vie heureuse et honorable et les autres n’ont que peu de fortune et de gloire, les uns une vie longue et les autres une vie brève. »

Le Très-Haut déclara : « Les Nornes bienveillantes et bien nées façonnent la vie heureuse des uns tandis que les Nornes malveillantes sont la cause du destin hostile qui frappe les autres. »

 

Les Nornes habitant près de la source d’Urd y puisent tous les jours de l’eau et de la boue et en aspergent le frêne afin qu’il ne pourrisse pas et ne se dessèche pas. C’est de là que viennent les gouttes de rosée qui tombent dans la vallée.

 

Odin est le plus ancien et le plus éminent des Ases. Si grands soient les autres dieux, ils le servent tous. Frigg est son épouse et elle sait tout du destin des hommes. Tous les guerriers morts au combat sont les fils adoptifs d’Odin qui leur attribue une place à la Valhalle[6] et à Vingolf.

 

Les autres Ases s’appellent, pour les plus éminents :

 

-          Thor[7] : c’est le plus fort de tous les dieux. Il possède un énorme marteau avec lequel il écrase ses ennemis mais qu’il ne peut brandir qu’en ayant enfilé ses gants en fer.

-          Baldr : c’est le meilleur de tous, beau et intelligent. Il est le plus sage, le plus habile à parler et le plus clément des Ases. Mais aucun de ses jugements ne peut se réaliser.

-          Niord : il a le pouvoir sur les vents et calme la mer et le feu. Ceux qui l’invoquent pour avoir fortune et abondance de terres sont toujours exaucés car Niord est immensément riche.

-          Freyr et Freyia[8] : ce sont le fils et la fille de Niord ; ils sont beaux et puissants. Freyr a le pouvoir sur la pluie et sur l’éclat du soleil ainsi que sur les fruits de la terre. Il faut l’invoquer pour avoir la prospérité et la paix. Freyia va sur les champs de bataille, montée sur son cheval et reçoit la moitié des guerriers morts, l’autre moitié allant à Odin. Elle adore les poèmes galants et c’est elle qu’il faut invoquer pour être heureux en amour.

-          Loki [9] : certains l’appellent « calomniateur des dieux », « honte de tous les dieux et de tous les hommes ». Il est splendide dans son apparence mais mauvais de caractère, fourbe et changeant dans son comportement. Il est rusé et met constamment les dieux en difficulté tout en les tirant d’affaire à l’aide de subterfuges.

 

 

Certaines déesses Ases ont la tâche de servir à la Valhalle, d’apporter à boire et de veiller au service de table. Elles sont appelées les Valkyries. Odin les envoie à toutes les batailles pour qu’elles désignent les hommes devant mourir et dignes d’entrer à la Valhalle. La plus jeune des Nornes, Skuld, va constamment elle aussi sur les champs de bataille pour désigner ceux que la mort attend.[10]

 

Les Einheriar, c’est à dire les guerriers morts dignes d’entrer à la Valhalle boivent de l’hydromel. Cette boisson coule en abondance des pis de la chèvre Heidrun qui se tient sur la Valhalle et elle broute les jeunes pousses aux branches de l’arbre Lérad (= celui qui procure le repos). Le cerf Eikthynir  (= celui qui a des bois de chêne) se tient sur la Valhalle et broute lui aussi les branches de l’arbre. De ses bois tombent tant de gouttes qu’un ruissellement se forme et tombe dans Hvergelmir : c’est de là que partent les rivières qui coulent dans le domaine des Ases.

 

La Valhalle est immense et parvient sans peine à contenir tous les guerriers. Chaque jour, après s’être habillés et avoir revêtu leur armure, les guerriers sortent dans l’enclos et s’affrontent dans des combats. Tel est ainsi leur principal jeu. Quand vient l’heure du déjeuner, ils rentrent à cheval à la Valhalle pour le banquet.

 

 

LA DESCENDANCE DU DIEU LOKI   (1)

 

Loki avait de nombreux enfants dont trois avec une géante : le premier était un loup appelé Fenrir, le second se nommait Iormungard –c'est-à-dire le serpent de Midgard- et le troisième s’appelait Hel. Les dieux ne firent d’abord rien contre ces enfants monstrueux mais une prophétie leur ayant révélé que ces rejetons seraient à l’origine de très grands malheurs qui s’abattraient sur les Ases, ils comprirent qu’en raison de leur ascendance aussi bien maternelle que paternelle, il fallait s’attendre au pire de leur part. Odin exigea donc qu’on les lui amenât.

 

« Lorsqu’ils furent mis en sa présence, il jeta le serpent dans la profonde mer située tout autour des terres, mais celui-ci grandit tellement que, vivant au milieu de la mer, il entoure à présent toutes les terres et se mord la queue. Puis il précipita Hel dans Niflheim et lui donna pouvoir sur neuf mondes afin qu’elle répartît toutes les demeures [qui s’y trouvent] entre ceux qui lui seraient envoyés – ce sont les hommes qui meurent de maladie et ceux qui meurent de vieillesse.[…] Hel a une peau pour moitié de couleur noire et pour moitié de couleur naturelle, aussi est-elle aisément reconnaissable, et, de plus, elle est passablement sinistre et effroyable. »

 

Le loup Fenrir fut élevé chez les Ases. Mais il devint extrêmement fort et puissant et comme toutes les prophéties se rejoignaient pour affirmer qu’il serait la perte des dieux, ces derniers fabriquèrent un lien très fort et demandèrent au loup de l’essayer sur lui. Fenrir le brisa sans difficulté. Un second lien, encore plus solide, subit le même sort. Alors les Ases firent fabriquer un troisième lien par les nains du pays des Elfes Noirs. « Celui-ci fut fait à l’aide de six ingrédients : le bruit du pas des chats, la barbe des femmes, les racines des montagnes, les tendons des ours, le souffle des poissons et la salive des oiseaux. » Ce lien était si solide que le loup, mis à l’épreuve de le déchirer, ne le put. « Quand les Ases virent que le loup était enchaîné pour de bon, ils prirent le cordon qui dépassait du lien et qui est appelé Gelgia et ils le tirèrent à travers une grande pierre plate qui est appelée Gioll, qu’ils enfoncèrent profondément dans la terre. Ils prirent ensuite un grand rocher appelé Thviti, qu’ils fichèrent encore plus profondément en terre et qu’ils utilisèrent comme pieu d’attache. Mais le loup ouvrait violemment la gueule, faisait de terribles efforts pour essayer de se libérer et vouloir les mordre. [Alors], ils lui fichèrent une épée dans la gueule, la poignée prenant appui contre la gencive inférieure et la pointe s’enfonçant dans le palais. C’est « l’épart de ses mâchoires ».

« [Depuis], le loup rugit effroyablement et de sa gueule coule de la bave qui forme le fleuve appelé Van. C’est là qu’il restera jusqu’au Crépuscule des Dieux. »

 

 (1) Importante pour la compréhension du mythe de fin du monde : le fameux « Crépuscule des Dieux ».                                        

 

 



[1] Odin deviendra Wotan chez Wagner.

[2] Fricka chez Wagner

[3] Ce passage de l’Edda renvoie directement au mythe de destruction, le fameux « crépuscule des Dieux ».

[4] On retrouve cet épisode dans La Tétralogie wagnérienne mais seulement mentionné car Wotan, lorsque s’ouvre le prologue L’or du Rhin, a déjà perdu son œil.

[5] Il semblerait que ces trois Nornes soient le pendant scandinave des Trois Parques latines (les Moires chez les grecs) car elles aussi tissent les fils de la destinée humaine. On les retrouve au prologue du Crépuscule des Dieux de Wagner.

[6] La Valhalle deviendra le Walhall chez Wagner.

[7] Donner chez Wagner.

[8] Froh et Freia dans la Tétralogie.

[9] Devenu le dieu Loge chez Wagner.

[10] D’où le fait que Skuld est celle qui coupe le fil de la vie.

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