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02.05.2008

Les Liaisons dangereuses 2008 : 8

Huitième partie

Mail LXXXII

De : Pimprenelle

A : Attila, Ajax, Ammoniaque

La réunion vieilles dentelles commencera à 18 heures précises et se terminera à 21 heures parce que la plupart des participant(e)s ne peuvent pas se coucher au-delà de 21 H 30 vu leur âge et leur condition physique. Je vous donne mon adresse : 69 rue des Poupées Gonflables. Dits-moi si cela vous va.

 

Mail LXXXIII

De : Ammoniaque

A : Attila

CC : Ajax

Vous avez reçu le dernier mail de la Niaise  ? Je trouve l’horaire un peu étonnant, mais bon, au moins, ce sera fini rapidement. Son adresse est quand même bizarre, qu’en pensez-vous ? Attila, j’ai rédigé le mail pour Cunégonde et Scarlatina. Je t’envoie le texte en copie. Rassure-toi : je ne l’ai pas expédié. Je fais des progrès.

Texte du mail rédigé par :

 Ammoniaque

 A : Cunégonde et Scarlatina O’Blondi

 (Copie de ce futur mail  jointe au précédent)

Chères Cunégonde et Scarlatina,

O vous qui avez le pouvoir de nous sauver, je vous baise les mains et les pieds.

Je ne suis qu’une pauvre petite syndicaliste minable pourvue seulement de quelques neurones MAIS d’un sac argenté de marque 365 poches à 600 euros. Ca devrait quand même vous montrer que je suis apte et prête à jouer dans la cour des Grands.

Ce mail est un appel au secours. Voyez la situation dans laquelle le corps enseignant se débat depuis quelques années : elle est désespérée. Bon, moi je n’ai pas trop à me plaindre puisque je peux encore acheter des objets du genre le sac argenté nommé ci-dessus. Mais la majorité de mes collègues en sont réduits aux nouilles et aux patates pourries dans la mesure où les prix n’ont cessé d’augmenter et les salaires de baisser. Soyez gentilles, dites à la tache qui vous sert / vous a servi de mari de faire quelque chose. Et je ne parle pas du nombre de postes supprimés à la rentrée parce que ça ne me concerne pas. Mais vous pourriez peut-être y penser à ma place.

Je vous rebaise les pieds et les mains.

Ammoniaque, la future Egérie Syndicale quand Nostra Dama se sera enfin tirée.

 

Mail LXXXIV

De : Attila

A : Ammoniaque

CC : Ajax, Zizi Nouillet

C’est vrai que tu as fait des progrès : mais à l’envers, espèce de courge. Tu as relu ce que tu as écrit ? La seule phrase à peu près potable, c’est celle qui concerne ton sac argenté. Le reste est minable. Finalement, j’aurais mieux fait de l’écrire moi-même tout de suite –ce dont je me charge à l’instant. Et tu vas voir ce que c’est qu’un mail comminatoire, j’ai pris des leçons lors de mes entrevues particulières avec Proserpine.

N’oublie pas vendredi la soirée vieilles dentelles chez la Niaise. Ca va être chiant comme la mort et il va falloir se trimballer toute sa troupe de crétins. Tu es priée de te taire un maximum et d’écouter un maximum aussi.

 

Mail LXXXV

De : Attila

A : Cunégonde et Scarlatina O’Blondi

CC : /

Salut mes chéries, comment ça va depuis la dernière fois que nous nous sommes vus ? Cunégonde, je suis désolé que Deborah t’ait enquiquinée avec ses récriminations idiotes. J’ai beaucoup apprécié ta réponse, je vois que ton célèbre humour est toujours aussi mordant. Je vous envoie à toutes deux ce message simplement pour vous assurer que je n’étais pour rien dans le délire de la vieille et que vous allez recevoir un autre mail signé Ammoniaque qui aura été rédigé par moi. Soit vous le flanquez à la poubelle, soit vous lui répondez en la torpillant comme vous seules savez le faire. Je vous embrasse, mes chéries, à bientôt. Attila.

PS : ci-dessous l’adresse mail d’Ammoniaque :

Ammoniaque@sacargente.fr

2ème PS : si vous décidez de lui répondre, SVP, envoyez-moi une copie en adresse cachée, j’ai besoin de me détendre en rigolant un bon coup.

 

Mail LXXXVI

De : Attila

A : Ammoniaque

CC : Ajax, Zizi Nouillet

Je vais envoyer aux deux cruches le fameux message que j’ai été obligé d’écrire moi-même pour pallier les déficiences d’Ammoniaque. Vous en aurez une copie avec adresse cachée. Ca, c’est de la rédaction militante. Mais comme je suis magnanime et que je sais pardonner, je l’ai signé Ammoniaque.

 

Mail LXXXVII

De : Attila

A : Cunégonde et Scarlatina O’Blondi

CC : (en adresse cachée) Ammoniaque, Ajax, Zizi Nouillet

Aux deux Présidentes, l’Ex et la Nouvelle  !

Moi, Ammoniaque, je vous salue relativement respectueusement parce que je suis polie, mais ça ne veut pas dire que je suis de votre côté, nous sommes bien d’accord.

Le pays part en couilles. Et vous savez à cause de qui. Donc, je vous ordonne, moi, militante de la dernière première heure, de faire quelque chose, notamment pour une certaine catégorie de gens qui sont en train de s’arracher leurs derniers cheveux dans les établissements scolaires et usent leurs chaussures à arpenter les trottoirs –non pour arrondir leur fin de mois- mais pour protester contre le traitement qui leur est infligé. Vous ne voudriez tout de même pas que la France ne soit peuplée que de chauves et de va-nu-pied ?

Votre intervention devra être rapide et efficace. Aucun retard ne sera toléré. Et vous devrez répondre à ce mail au maximum 48 heures  avant  le conseil de classe la manifestation prévue pour bientôt. Merci de votre amicale participation.

Ammoniaque.

 

Mail LXXXVIII

De : Zizi Nouillet

A : Attila

CC : Ajax, Ammoniaque

Je trouve ce message, comment dire… un peu péremptoire, peut-être. Il me semble, je dis bien il me semble, il parait, je trouve que tu aurais pu être un peu plus enrobant, mielleux, dégoulinant, gentil, culcul niaiseux, bref, ce que je suis en permanence. Je dis ça sans vouloir te vexer, bien sûr, mais à ta place j’aurais tourné mes phrases autrement et j’aurais accumulé les subordonnées afin de bien montrer d’abord que je sais vaguement manier la langue française malgré ma fréquentation assidue des stades et des salles de gym, et puis que j’ai des arguments qui vont à l’appui de mes affirmations et de ma demande qui… Bon, enfin, tu vois ce que je veux dire parce que là, j’ai perdu le fil.

 

Mail LXXXIX

De : Regina

A : Agénor

CC : /

Le silence de la bande d’abrutis que nous sommes obligés de supporter m’inquiète beaucoup. Je ne reçois plus de mails et Deborah a cessé de m’appeler trois fois par nuit pour me raconter ses angoisses militantes et névrotiques. Est-ce que par hasard, tu serais dans le même cas que moi ?

 

Mail LXV

De : Agénor

A : Regina

CC : /

Yes my dear. Je suis dans le même cas et tu ne peux pas savoir à quel point ça me soulage. Déjà, voir leurs tronches de mérou dans la journée me porte sur les nerfs, alors, tu imagines s’il me fallait encore endurer leur prose pathologique ! J’en profite pour me saouler la gueule, j’en avais envie depuis des années, et je n’osais pas. Je crois que ma réputation va en prendre un coup mais je m’en fiche. A quand tu veux pour une bonne cuite.

PS : quand même, rassure-toi, je ne vais pas ivre mort à mes réunions politiques. Je ne suis pas imprudent à ce point.

2ème PS : J’ai entendu ce matin Attila rappeler à Ammoniaque qu’ils devaient aller chez la Niaise vendredi soir. Ca te parait normal ?

(A suivre)

NOTE DE L’EDITEUR : A ce point du récit, nous sommes obligés d’intervenir afin de prévenir le lecteur que l’histoire devenant tellement embrouillée avec l’apparition de nouveaux personnages que parfois, il devient difficile de suivre la cohérence du récit, d’autant plus que certains mails ont été égarés ou n'avaient pas été enregistrés sur le disque dur de l’ordinateur que nous avons trouvé. Ledit lecteur voudra bien nous excuser de ce peu de clarté, dû, sans doute, aux esprits eux-mêmes assez obscurs –et disons-le tout net : dévoyés-  qui ont rédigé cette correspondance.

 

 

 

 

 

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