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26.04.2008
Les Liaisons dangereuses 2008 : 7
ROMAN INFORMATIQUE PAR MAILS
Septième partie
Mail LXIX
De : Attila
A : Ammoniaque
CC : /
Mais enfin, qu’est-ce que tu vas imaginer ? J’étais là tout à fait par hasard, j’allais chercher un gigot dans ma voiture et je l’ai croisée à ce moment-là. Quant aux papiers, c’était tout simplement des invitations à la prochaine soirée de son association. D’ailleurs, je me demande si ce ne serait pas de bon aloi d’y aller, à cette sauterie. On pourrait obtenir des infos intéressantes. As-tu rédigé le mail à Cunégonde ?
Mail LXX
De : Ammoniaque
A : Ajax
CC : /
(La copie du mail LXIX est jointe, de même que celle du mail LXXI)
Non mais tu as vu ce faux cul ? S’il croit que je vais avaler son histoire d’invitation, il me prend pour plus gourde que je ne suis ! Le gigot, à la rigueur, c’est vraisemblable. Mais le reste ! Camion chéri, on va accepter d’aller à la prétendue soirée de la Niaise. On verra bien ce que ce traître va nous répondre ! Lis le mail que je lui ai envoyé et dont je te joins une copie. Je pense que j’ai été machiavélique. D’autre part, qui te demande de séduire la Niaise ? Je connais tes limites et je sais où se situe ton niveau d’incompétence. Je parlais simplement par sémaphore.
Mail LXXI
De : Ammoniaque
A : Attila
CC : /
Attila, je suis désolée de t’avoir soupçonné mais tu comprends, ça me fait mal au ventre de penser que tu peux nous abandonner au profit de la Saucisse de Strasbourg. Mais je te crois quand tu m’affirmes que cette rencontre n’était que le fruit du hasard. Et je pense que c’est une bonne idée que de nous rendre à cette soirée, on pourra en effet glaner beaucoup d’informations intéressantes auprès de sa bande de grenouilles. Je reconnais bien là ton sens de l’intrigue. Toute à toi.
Mail LXXII
De : Attila
A : Pimprenelle
CC : /
Ammoniaque nous a vus. Dépêche-toi d’organiser une de tes soirées tricot pour retardés mentaux et invite-nous dare-dare. Je t’expliquerai pourquoi plus tard. J’ai lu les documents : très intéressants, en effet. Il y a là de quoi soulever un tollé général parmi les collègues. Encaisse le chèque dans trois jours, STP.
Mail LXXIII
De : Cunégonde
A : Deborah
CC : /
Chère Deborah dont j’ignorais jusqu’à ce jour la triste existence,
J’ai bien reçu votre mail et vous en remercie. Que vous ne m’aimiez pas et me méprisiez me fait une jambe dont vous n’avez pas idée de la beauté ! Mais je vous signale en passant que je suis désormais séparé de qui vous savez, et remariée à qui vous savez aussi. (Si vous l’ignorez, achetez les journaux people, ça vous changera de L’Huma.) Je ne peux donc absolument rien faire pour vous et seule la politesse et ma bonne éducation me poussent à vous répondre. Veuillez m’oublier le plus rapidement possible. Pas du tout à vous, Cunégonde.
PS : Je me suis toujours foutue des enseignants et ce n’est pas maintenant que je vais ressentir de l’intérêt pour eux. Surtout après avoir lu votre délire militant.
Mail LXXIV
De : Pimprenelle
A : Attila
CC : /
Mais c’est que tu m’affoles et me prends au dépourvu ! La prochaine soirée a lieu vendredi et ce n’est pas du tout tricot mais vieilles dentelles. Est-ce que ça va ? Je ne peux pas changer le programme comme ça au dernier moment, mon club ne me le pardonnerait pas. Tâche de calmer la gourde au sac argenté, je n’ai pas envie qu’elle me claque au détour d’un couloir. Ciel ! Dans quel pétrin me suis-je fourrée ! Tout ça pour 50 euros, je me demande si je ne suis pas un peu idiote par moments.
Mail LXXV
De : Deborah
A : Attila
CC : Attila, Ammoniaque, Ajax, Agénor, Regina, Zizi Nouillet
(Copie jointe du mail LXXIII)
J’ai reçu la réponse de Cunégonde. Je vous l’envoie en PJ. Je suis effondrée. Je crois que j’ai fait une bêtise et que la Cause est perdue. Aidez-moi.
Mail LXXVI
De : Attila
A : Deborah
CC : Ammoniaque, Ajax, Zizi Nouillet
Ca, je te l’avais dit, dans le genre connerie, on ne fait pas mieux. Heureusement que je suis là pour réparer les dégâts. Ammoniaque va rédiger un mail que je corrigerai comme je l’entends et nous l’enverrons à Cunégonde. Et aussi à Scarlatina O’Blondi. Tant qu’à faire, autant la mettre dans le bain, celle-là. Il faut bien qu’elle serve à autre chose qu’à faire la couverture des magazines de mode. Je prends l’affaire en main. ET TOI, TU NE T’APPROCHES PAS A PLUS DE CINQUANTE METRES DE TON ORDINATEUR !
Mail LXXVII
De : Attila
A : Pimprenelle
CC : /
Arrête de chipoter pour des bêtises, s’il te plait. Vieilles dentelles, ça va très bien. Quant à tes docs, ils sont certes intéressants mais ne valent pas plus de 50 euros. Si tu veux davantage, fais travailler ton ciboulot et demande à ta bande de se dépasser dans le sublime imbécile. Ca devrait être dans ses possibilités. A quelle heure, la réunion ? Envoie un mail à Ammoniaque pour l’inviter. Et A Ajax, aussi. C’est un bon paravent.
Mail LXXVIII
De : Pimprenelle
A : Ammoniaque
CC : Ajax
Bonjour Ammoniaque et Ajax. Je vous invite vendredi à une soirée vieilles dentelles. J’en ai déjà parlé à Attila, il est d’accord. Amenez des aiguilles et du fil.
Mail LXXIX
De : Ajax
A : Ammoniaque
CC : /
Ben tu vois, ce n’était pas la peine de monter sur tes grands chevaux. Toi aussi, tu as reçu l’invitation ? Donc, Attila ne mentait pas.
Mail LXXX
De : Ammoniaque
A : Ajax
CC : /
Ne me dis pas, mon Camion adoré, que tu es tombé dans un piège aussi grossier ? Je t’assure qu’Attila et la Niaise sont de mèche. Tu vas voir que cette soirée sera une véritable mystification. Je suis sûre qu’il nous a trahis. Et j’attends d’avoir la preuve en mains pour frapper !
Mail LXXXI
De : Deborah
A : Attila
CC : /
Mais comment veux-tu que je réponde à tes mails si je dois rester à cinquante mètres de l’ordinateur ? Je n’ai pas les bras assez grands, moi, pour atteindre le clavier. Et déjà que je suis maladroite quand je suis à dix centimètres de l’écran… Enfin, je ferai ce que tu diras, parce que c’est toi. Tu es notre sauveur. Plus jamais je ne dirai de mal de toi.
(A suivre)
07:03 Publié dans Roman par mail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, satire, littérature, caricature




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