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10 avril 2008

Les mythes des origines : le mythe biblique

LES MYTHES DE CREATION DU MONDE

 

II – LE MYTHE BIBLIQUE

 

 

 

L’apparition du Christianisme a détrôné les mythes antiques et s’est répandu alors le mythe biblique de la Genèse. Je ne vous ferai pas l’injure de croire que vous ne le connaissez pas. Force m’est cependant de constater que la jeune génération, pour la plupart, ne sait rien de ce mythe qu’on retrouve pourtant très souvent, directement ou indirectement, dans la littérature française et européenne. Le socle de notre culture occidentale étant judéo-chrétien, il semble a priori capital de connaître au moins l’explication que la Bible donne de la création du Monde ne serait-ce que pour comprendre les allusions qu’on peut rencontrer dans la littérature… du moins dans celle qui n’avait pas encore abandonné son héritage spirituel.

 

 

CREATION

 

Dieu, qui était tout seul dans l’univers, commençait à s’ennuyer sérieusement. Aussi songea-t-il à créer du concret, qui ne servirait pas forcément à quelque chose, mais qui, au moins, remplirait le vide cosmique.

 

Donc, il créa le ciel et la terre. Cette dernière était vide, la ténèbre régnait et seul le souffle divin soufflait sur ce désert.

 

Le premier jour, Dieu créa la Lumière. Il fut satisfait d’elle et la sépara de la Ténèbre : la lumière fut appelée « jour », la ténèbre « nuit ». Il y eut donc un soir et un matin.

 

Le deuxième jour, Dieu créa le firmament, voûte solide qui selon une conception ancienne, séparait les eaux supérieures des eaux inférieures. Il l’appela le « ciel ». Le même jour, Dieu créa la terre en ordonnant que les eaux inférieures au ciel s’amassent en un seul lieu et que le continent paraisse. Il appela « mer » cet amas des eaux et « terre » les continents.

 

Le troisième jour, Dieu ordonna que la terre se couvrît de verdure, d’herbe, d’arbres fruitiers.

 

Le quatrième jour, il décida qu’il y aurait des luminaires dans le firmament pour séparer le jour de la nuit. Ainsi furent créés le soleil, la lune et les étoiles.

 

Le cinquième jour, Dieu peupla les eaux de grands monstres marins et d’êtres vivants et remuants de leur espèce, ainsi que les oiseaux ailés et il leur ordonna de se reproduire.

 

Le sixième jour, il voulut que la terre grouillât d’êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, petites bêtes, et bêtes sauvages. Poursuivant sur sa lancée, il se dit « je vrais créer l’homme à mon image et il soumettra tous les poissons de la mer, les oiseaux de l’air et les bêtes de la terre. » Et il créa un mâle et une femelle, les bénit et leur ordonna d’être féconds et prolifiques et de dominer toutes les créatures de l’air, de l’eau et de la terre. Il leur donna comme nourriture herbes et fruits.

 

La création divine étant achevée, Dieu se reposa le septième jour, fatigué des efforts fournis. Il le bénit et le consacra puis il alla faire une bonne sieste.

 

 

LE JARDIN D’EDEN

 

Comment Dieu s’y prit-il pour créer l’homme ? Il le modela avec de la poussière prise du sol lui insuffla dans les narines l’haleine de vie et l’homme devint vivant. Puis, Dieu planta un jardin à l’Orient, en Eden [1] et y plaça l’homme. Il fit germer du sol tout arbre attrayant et bon à manger, l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur.


Un fleuve partait d’Eden pour irriguer le jardin et se divisait en quatre bras : le premier s’appelait le Pishôn, le second le Guihôn, le troisième le Tigre et le quatrième l’Euphrate.

 

Dieu ordonna à l’homme de cultiver le sol et de le garder. Il l’autorisa à manger tous les fruits des arbres du jardin mais lui interdit de goûter à celui de l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur sous peine de mort.

 

Dieu créa pour l’homme les bêtes et les oiseaux et ce fut l’homme qui nomma chaque espèce. Mais pour lui-même, ce dernier ne trouva aucune aide. Dieu le fit donc tomber dans un profond sommeil, il prit l’une de ses côtes et referma les chairs. Puis il transforma la côte prise à l’homme en une femme qu’il lui amena.

 

Tous deux étaient nus, l’homme et la femme, sans se faire mutuellement honte. Or, le serpent, bête la plus astucieuse des bêtes des champs, dit un jour à la femme :

 

« Vraiment, que tu es stupide ! Dieu vous a dit : « vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin » et vous lui obéissez ! » « Nous pouvons manger des fruits de tous les arbres du jardin, serpent, répondit la femme. Sauf ceux de l’arbre qui est au milieu du jardin car Dieu nous a dit que si nous le goûtions, nous mourrions aussitôt. » « Peuh ! fit le serpent, méprisant. Mais non, vous ne mourrez pas ! Dieu sait seulement que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance du bonheur et du malheur. »

 

La femme se tourna vers l’arbre : ses fruits semblaient bons à manger, il était séduisant, et surtout, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit donc un fruit qu’elle mangea, en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea. Leurs yeux s’ouvrirent et ils virent qu’ils étaient nus. Ils se firent des pagnes de feuilles de figuier.

 

Or, c’était l’heure de la promenade quotidienne du Seigneur Dieu dans le jardin. L’homme et la femme entendirent sa voix et se cachèrent parmi les arbres du jardin. « Où es-tu, homme ? » criait Dieu. « Je me suis caché, répondit l’homme, car j’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai pris peur parce que j’étais nu. » Dieu pâlit quelque peu. « Qui t’a révélé que tu étais nu ? demanda-t-il. Aurais-tu mangé le fruit de l’arbre auquel je t’avais interdit de toucher ? » « Heu… oui, dit l’homme, piteux. En fait, c’est la femme qui est avec moi qui m’a donné le fruit de l’arbre et je l’ai mangé. » Dieu se tourna vers la femme : « Qu’as-tu donc fait là ? » dit-il. « Le serpent m’a trompé et j’ai mangé », répliqua la femme.

 

Dieu n’eut pas besoin de réfléchir des heures avant de prononcer ses malédictions. Ce fut d’abord le serpent qui ramassa :

 

« Parce que tu as fait cela, tu sera maudit entre toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrais l’hostilité entre toi et la femme, entre sa descendance et ta descendance ; celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon. »

 

Puis ce fut au tour de la femme d’en prendre pour son grade :

 

« Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances ; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Tu seras avide de ton homme et lui te dominera. »

 

Enfin Adam reçut à son tour son châtiment :

 

« Puisque tu as écouté la voix de la femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton front, tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Tu es poussière et tu retourneras à la poussière. »

 

L’homme appela sa femme du nom d’Eve –la Vivante- car c’est elle qui a été la mère de tout vivant. Dieu revêtit pour Adam et Eve des tuniques de peau et leur dit : « l’homme est devenu comme l’un de nous (= comme Dieu lui-même et sa cour céleste) par la connaissance du bonheur et du malheur. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger, et vivre à jamais ! »

 

Et il  expulsa l’homme du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris. Il posta les Chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.

 

 

CAÏN ET ABEL

 

Adam et Eve eurent deux enfants : l’aîné, Caïn et le cadet Abel. Ce dernier faisait paître les moutons tandis que son frère cultivait le sol. A la fin de la saison, Caïn apporta au Seigneur une offrande de fruits de la terre. Abel apporta lui quelques unes de ses bêtes ainsi que leur graisse. Son offrande plut à Dieu qui détourna les yeux de celle de Caïn, lequel en conçut un très fort dépit. Aussi lorsque lui et Abel furent-ils aux champs, le tua-t-il.

 

Ce crime ne resta évidemment pas inconnu du Seigneur qui demanda à Caïn : « où est ton frère ? » et Caïn répondit : « je ne sais pas, suis-je le gardien de mon frère ? » « Qu’as-tu fait ? répliqua Dieu. La voix du sang de ton frère crie du sol jusqu’à moi. Tu es maudit de la terre qui a ouvert la bouche pour recueillit le sang de ton frère. Le sol ne te donnera plus sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre. » Et le Seigneur mit un signe sur le front de Caïn pour que personne qui en le rencontrant ne le tue. Caïn s’éloigna de la présence du Seigneur et alla habiter à Nod, à l’est d’Eden. Là, il eut un fils de sa femme qu’il appela Hénok et il construisit une ville à laquelle il donna le nom de son fils.

 

Adam et Eve eurent un troisième enfant, suscité par Dieu à la place d’Abel, tué par Caïn. Ils le nommèrent Seth.

 

 

LE DELUGE

 

Les hommes se multipliaient grandement à la surface de la terre mais leur méchanceté se multipliait aussi. A longueur de journée, leur cœur n’était porté qu’à concevoir le mal et le Seigneur regretta d’avoir fait l’homme sur la terre.  Il décida d’anéantir tout ce qui vivait sur la terre, hommes, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel et d’effacer ainsi toute sa création. Seul Noé trouva grâce à ses yeux. C’était un homme juste et intègre au milieu des hommes de son temps. Alors que la terre s’était corrompue et couverte de violence, lui seul avait continué à suivre les voies de Dieu.

 

Le Seigneur lui ordonna de construire une arche, d’y entrer avec sa femme et ses fils ainsi que leurs épouses, d’introduire aussi dans l’arche un mâle et une femelle de chaque espèce d’oiseaux, de bestiaux, de petites bêtes, et de faire des provisions en abondance. Noé obéit.

 

En l’an 600  de la vie de Noé, au deuxième mois, au dix-septième jour de ce mois, tous les réservoirs du grand Abîme furent rompus et les ouvertures du Ciel furent béantes. La pluie se déversa sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux grossirent et soulevèrent l’arche qui se détacha de la terre et dériva à la surface des eaux. La crue des eaux devint de plus en plus forte  et recouvrit jusqu’aux montagnes les plus élevées. Toute chair vivante expira dans les eaux en fureur, et même les oiseaux du ciel furent effacés de la création.

 

Dieu fit alors passer un souffle sur la terre et les eaux se calmèrent. Les réservoirs du grand Abîme se fermèrent de même que les ouvertures du Ciel. La pluie ne tomba plus et les eaux se retirèrent peu à peu en un ample mouvement de flux et de reflux. Lorsque la terre fut sèche, Dieu ordonna à Noé de sortir de l’arche et ordonna que toutes les bêtes sauvées par Noé grouillent et se reproduisent. Noé ayant fait des sacrifices en l’honneur du Seigneur, ce dernier décida de ne plus anéantir les vivants comme il l’avait fait, bien que le cœur de l’homme fût porté au mal dès sa jeunesse. « Tant que la terre durera, semailles et moissons, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit jamais ne cesseront. » Et il conclut une alliance avec Noé et tous ses descendants.

 

 

LA TOUR DE BABEL

 

Tous les hommes parlaient la même langue et utilisaient les mêmes mots. Or, ils décidèrent de bâtir une ville et une tour dont le sommet toucherait le ciel.

 

Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour qu’ils bâtissaient. Il fut courroucé à la vue de cette œuvre : « ils ne sont qu’un peuple et qu’une langue, et voila leur première œuvre ! Maintenant, rien de ce qu’ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible.  Brouillons donc leur langue, qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. »

 

Et Il fit comme il dit. Puis il les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. On lui donna le nom de Babel. (Babylone.)

 

 

SODOME ET GOMORRHE

 

Or, il arriva que le Seigneur tourna ses regards vers Sodome et entendit les plaintes contre cette ville impie. « La plainte est si forte, le péché est si lourd que je dois descendre pour voir s’ils ont agi en tout comme la plainte le prétend. » Abraham plaida la cause de Sodome : le Seigneur allait-il punir le juste comme le coupable ? Peut-être y avait-il 50 justes à Sodome. » Le Seigneur dit : « si tu trouves 50 justes à Sodome, à cause d’eux, je pardonnerai à toute la cité. » Abraham fit tant et si bien que le Seigneur accepta finalement d’épargner la ville s’il ne s’y trouvait ne serait-ce que dix justes.

 

Le Seigneur envoya à Sodome deux de ses anges qui arrivèrent le soir dans la cité et trouvèrent Loth assis devant les portes. Il se prosterna devant eux et leur offrit l’hospitalité pour la nuit. Les deux anges refusèrent, arguant qu’ils voulaient passer la nuit sur la place. Mais Loth insista si bien qu’ils firent un détour chez lui et arrivèrent au moment du repas.

 

Ils n’étaient pas encore couchés que la maison fut cernée par les gens de la ville. Ils appelèrent Loth et lui demandèrent de faire sortir les deux hommes qu’il hébergeait afin de les connaître. ( Le verbe « connaître » dans la Bible = avoir des rapports sexuels avec quelqu’un.) Loth refusa et proposa de livrer ses filles à la place des deux étrangers. Mais le peuple se mit en fureur et voulut enfoncer la porte. Les deux anges frappèrent alors les hommes de Sodome de cécité et ils ne purent trouver l’entrée.

 

Les anges dirent à Loth : « quitte cette ville avec ta femme et tes filles car nous allons la détruire. » Comme il répugnait à obéir, les anges le tirèrent par la main et le firent sortir pour le mettre hors de la cité.  Ils lui dirent : « sauve-toi bien loin, il y va de ta vie. Ne regarde pas derrière toi, ne t’arrête nulle part, fuis vers la montagne de peur de périr ! »

 

Le soleil se levait sur la terre lorsque le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe un déluge de soufre et de feu. Les villes furent détruites et tous leurs habitants. La femme de Loth regarda en arrière et fut transformée en colonne de sel. De la terre montait une immense fumée, comme celle d’une fournaise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Ce mot hébreu désigne une région ou pays non identifié. Il a cependant un homonyme signifiant « jouissance », d’où l’idée que « le jardin en Eden » était le « paradis ».

Commentaires

je reviendrai régulièrement vous lire. Merci encore !

Écrit par : Transpiration | 04 avril 2010

je voudrais savoir l'histoire de sodome et gomorrhe

Écrit par : Chuck-Norris | 31 décembre 2010

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