Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13 mars 2008

Mythes des origines : le mythe grec

Quelle civilisation n’a pas eu besoin d’expliquer comment le monde est né ? Elles possèdent toutes une légende ou un mythe racontant les origines non seulement de la terre, mais des hommes en tant qu’espèce par rapport à la cosmogonie divine.

 

Je vous propose d’en découvrir trois : le mythe théogonique grec, le mythe biblique et le mythe scandinave. Ils sont assez différents les uns des autres, bien qu’ils possèdent des points communs.

 

 

I – LE MYTHE GREC

 

Pour les grecs, le commencement est représenté par deux entités : la Nuit (= Nyx) et Erèbe, son frère. Ils forment les deux visages des Ténèbres du Monde : la nuit d’en haut (Nyx) et les ténèbres des Enfers (Erèbe).[1] Elles coexistent au sein du Vide, c'est-à-dire d’un Chaos non organisé, indescriptible. (Rien à voir avec le vide négatif des physiciens.)

 

Peu à peu, cependant, Nyx et Erèbe se séparent à l’intérieur du Chas. Erèbe descend et permet ainsi à la Nuit de se libérer. Pendant que son frère descend vers les Enfers, Nyx se creuse, devient une immense sphère dont les deux moitiés se séparent, comme un œuf qui éclot. De cette séparation naît Eros (l’amour), la force primitive ; la première moitié de la coquille devient la voûte du Ciel et la seconde, le disque de la terre.

 

Sont donc nés le Ciel (Ouranos) et la Terre (Gaia). Ils possèdent tous deux une réalité matérielle, ce ne sont pas des entités. Par contre, Eros est une force spirituelle qui assure la cohésion entre les éléments de l’univers qui apparaît. Ouranos couvre Gaïa et de leur union vont naître les générations divines.

 

La descendance d’Ouranos et de Gaïa fut extrêmement nombreuse, et variée.

 

Ils donnèrent d’abord naissance aux Titans et à leurs sœurs les Titanides ; Ce sont des êtres divins mais aussi des forces élémentaires.

 

Titans : Océan, Coeos, Crios, Hypérion, Japet et Cronos.

Titanides : Théia, Rhéa, Thémis, Mnémosyne, Phoebé et Téthys.

 

Océan est une force cosmique qui personnifie l’eau qui entoure le monde et sur lequel ce dernier est posé. C’est l’eau primordiale, père des Fleuves. Il est marié à Téthys qui personnifie la puissance féminine de la mer.

 

Hypérion représente le feu astral : il s’unit à Théia et trois enfants naissent de cette union : Hélios, le soleil ; Séléné, la Lune ; Eos, l’Aurore.

 

Japet épouse une des filles d’Océan et de Téthys, et a d’elle quatre enfants : Atlas, Ménoetios, Prométhée et Epiméthée qui seront les intermédiaires entre les dieux et les hommes.

 

La Titanide Thémis représente la Loi, l’équilibre éternel qui veille sur l’Ordre du monde. Sa sœur Mnémosyne représente, elle, le pouvoir de l4esprit, la mémoire qui fonde toute intelligence.

 

Mais de tous les Titans, le plus important pour le déroulement de l’histoire de cette création du monde est Cronos car c’est lui qui engendra la génération des Olympiens, les dieux grecs les plus connus.

 

Cependant, l’union d’Ouranos et de Gaia avait abouti à la naissance d’autres enfants : après les Titans et leurs sœurs, apparurent les Cyclopes (Argès, Stéropès et Brontès : lueur de l’éclair, nuées de l’orage et éclat du tonnerre.) Puis naquirent les Hécatonchires (Monstres aux Cent-Bras).

 

Ouranos détestait ses enfants. Il ne pouvait pas supporter leur présence et leur interdisait de voir la lumière. Il les avait donc obligés à demeurer dans les profondeurs de la terre.

 

Cette situation n’était évidemment pas du goût de Gaïa. Comme elle n’était pas du genre à se lamenter sans rien faire, elle se mit en tête de les délivrer et de se délivrer en même temps de son encombrant mari. Elle tenta donc de conspirer avec eux contre Ouranos. Mais aucun ne voulut se révolter contre le Père primordial, malgré les véhémentes exhortations de leur mère.

 

Aucun, sauf un. Le plus jeune des Titans : Cronos.

 

La haine qu’éprouvait Ouranos à l’égard de ses enfants lui était rendue au centuple par Cronos. Aussi ce dernier vit là l’occasion idéale de se débarrasser d’un tyran détesté. Gaïa lui confia donc une faucille d’acier très aiguë, lui chuchota à l’oreille la manière dont il devait s’en servir –ce qui mit Cronos en joie- puis rejoignit Ouranos qui, le pauvre, ne se doutait de rien.

 

La nuit vint. Ouranos, en grande forme, enveloppa Gaïa, prêt à la féconder une nouvelle fois. Un coup de faucille mit fin à toutes ses tentatives, présentes et futures : Cronos venait de trancher les testicules de son père et il les projeta au loin. Le sang de la blessure tomba sur la terre et surgirent alors de nouveaux monstres : les Erinyes (déesses de la vengeance, appelées plus tard les Euménides = les Bienveillantes), les Géants et les Méliades (nymphes des frênes).

 

Une autre légende prétend en outre que le sperme d’Ouranos tomba dans la mer, non loin de l’île de Chypre : ainsi se forma l’écume de la mer et de l’écume surgit Aphrodite, déesse de la Beauté.

 

Cronos ayant mis définitivement Ouranos hors de course, il resta seul à régner sur le monde. Mais il portait encore en lui la violence primitive ainsi que la malédiction consécutive à son crime. Certes, il tira du sein de leur mère ses frères et sœurs mais ce fut pour les replonger dans les Ténèbres Infernales, au fond du Tartare –leur évitant ainsi l’envie et surtout la possibilité de lui disputer son pouvoir.

 

Naturellement, Gaïa était furieuse. Elle ne s’était pas débarrassée d’un despote pour retomber sous la coupe d’un autre. Mais que faire contre Cronos ? L’effrayer, se dit Gaïa, en lui prédisant un destin horrible. L’idée allait avoir des conséquences assez désastreuses.

 

Cronos s’était résolu à prendre épouse et avait choisi Rhéa parmi les Titanides. Le jour des épousailles, Gaïa mit en garde son fils : elle lui prédit qu’il serait lui-même détrôné par un de ses enfants. Cronos connaissait suffisamment sa mère pour savoir qu’elle ne badinait pas avec ce genre d’annonce. Il se dépêcha donc de dévorer tous les enfants que Rhéa lui donnait.

 

Naquirent, puis furent avalés, dans l’ordre : Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon.

 

Rhéa eut la même réaction que sa belle-mère : cette manie de manger sa progéniture l’agaça. Aussi demanda-t-elle conseil à Gaia lorsqu’elle fut sur le point d’accoucher de son dernier enfant. Cette dernière lui enjoignit de fuir bien loin de Cronos et lui trouva un asile en Crète où le petit Zeus naquit secrètement. Ayant dissimulé le nouveau-né dans une caverne de l’île, elle prit une pierre, l’enroula dans un lange, lui donna la forme d’un bébé et, en épouse soumise, l’offrit courtoisement à Cronos pour son repas du soir. Celui-ci, trompé par l’apparence, dévora la pierre en la prenant pour son enfant et Zeus fut sauvé.

 

La prédiction de Gaïa allait pouvoir s’accomplir…

 

Rhéa ne pouvait pas passer son temps à s’occuper de son dernier né, cela aurait paru suspect à son charmant époux. Elle délégua donc ses pouvoirs aux Nymphes et aux Curètes, sortes de démons turbulents et pénibles, inventeurs d’armes de bronze et dont l’occupation principale était d’entrechoquer les uns contre les autres lances et boucliers pour faire le plus de boucan possible. L’idée était astucieuse : au milieu de cet infernal vacarme, Cronos ne pourrait pas distinguer les vagissements du nouveau-né et ne découvrirait donc pas la ruse de sa femme.

 

Zeus grandit donc tranquillement en Crète. Il fut nourri du lait de la chèvre Amalthée et du miel que les abeilles de l’Ida fabriquèrent pour lui. Lorsque Amalthée mourut, Zeus fit de sa peau une cuirasse, l’égide (= peau de chèvre). C’est elle qu’il agite dans le ciel d’orage.

 

Devenu adulte, Zeus, convaincu que son père était un monstrueux tyran, à l’instar de son grand-père, eut l’idée de vouloir le détrôner à son tour. Il imagina une ruse que la légende, hélas, ne rapporte pas. Toujours est-il que cette ruse réussit. En quoi consistait-elle ? C’était tout simple : il arriva à faire avaler à Cronos une drogue qui le contraignit à vomir les enfants qu’il avait ingurgités. Zeus, ayant ainsi retrouvé ses frères et sœurs, déclara sans plus attendre la guerre à Cronos et une lutte sans merci s’engagea. Les Titans prirent parti pour Cronos, leur frère cadet.

 

La guerre dura dix ans sans qu’il y eût de gagnant ou de perdant. Pendant ce temps, Gaia se contentait de regarder les combats en se curant les ongles. Puis, lassée de ce spectacle qui devenait fastidieux, elle finit par révéler à Zeus qu’il serait victorieux s’il délivrait les monstres que Cronos avaient enchaînés dans le Tartare. Ayant mûrement réfléchi et étant parvenu à la conclusion qu’il n’avait pas le choix, Zeus s’adjugea l’aide des Cyclopes, des Hécatonchides et des Géants ; et c’est ainsi que les enfants de Cronos finirent par avoir la peau de leur père. Cronos et les Titans furent à leur tour enchaînés dans le Tartare et prirent la place des enfants d’Ouranos.

 

La génération primordiale avait été chassée du pouvoir. C’était à présent les premiers Olympiens qui détenaient la puissance absolue.

 

Laissons à Pierre Grimal le soin de commenter cette première phase de la construction du monde :

 

« On voit que l’essentiel des légendes théogoniques consiste en une série de « substitutions », une génération succédant par la violence à celle qui l’avait précédée au pouvoir sur le monde. Et l’on constate que par deux fois, c’est le plus jeune des Dieux, le dernier-né de chaque génération qui conquiert la prééminence, Cronos, dernier-né des Titans, Zeus, dernier-né des « Cronides ».On s’accorde généralement à retrouver dans ce fait la trace d’un état social dans lequel la succession appartenait au plus jeune des fils ; mais aucune cité hellène n’en fournit d’exemple attesté sur le plan de l’histoire et il est fort vraisemblable que le schéma successoral par lequel sont construits ces mythes provient d’un pays non hellène. […] La mutilation fécondante infligée à Ouranos par Cronos suggère, pour cet épisode tout au moins, des origines asiatiques. […] Il semble donc que les mythes proprement « grecs » ne commencent qu’avec l’avènement de Zeus »

 

Poursuivons notre récit.

 

Après la victoire de Zeus, Gaia n’avait pas été plus satisfaite qu’après celle de Cronos. Les Titans étaient ses enfants et le traitement que Zeus leur avait infligé lui déplaisait souverainement. Elle voulut donc les délivrer et demanda aux Géants (qui étaient nés d’elle-même et du sang d’Ouranos lors de la mutilation de ce dernier) de l’aider. Les Géants ne pouvaient être mis à mort que par les efforts conjoints d’un dieu et d’un mortel.

 

L’apparence de ces Géants était rien moins qu’épouvantable. Ils avaient une chevelure hirsute, une barbe immense, et leurs jambes étaient des serpents. De corpulence énorme, ils possédaient une force prodigieuse et une audace sans égale. A peine étaient-ils sortis de la terre qu’ils brandirent des arbres enflammés et commencèrent à jeter des rochers vers le ciel.

 

Les Olympiens s’empressèrent de réagir. Zeus s’arma de sa foudre, Athéna de son égide et de sa lance, et les autres de leur arme favorite. Et comme il fallait un mortel pour abattre les Géants, les dieux demandèrent à Héraclès de se joindre à eux. Le combat commença. Héraclès se servait de ses flèches et les décochait sur les géants au moment où les dieux les abattaient. Les Géants se dispersèrent et le monde fut couvert de débris et de projectiles. Ainsi naquirent beaucoup d’îles : un des géants fut écrasé par un gigantesque morceau de terre qui deviendra la Sicile sous laquelle l’enferma Athéna. L’île de Nisyron, lancée par Poséidon, écrabouilla un autre géant.

 

Mais pour que Zeus pût jouir en paix de son hégémonie sur le monde, il lui fallut affronter un dernier adversaire : Typhon. L’origine de ce dernier diffère selon les versions du mythe. Soit il s’agirait d’un fils né de Héra et engendré par la déesse sans l’intervention d’un être mâle, soit ce serait le fils de Gaia et du Tartare. Toujours est-il que dans le genre monstre, on ne faisait guère mieux.

 

Typhon était encore plus grand que les Géants. Il était tellement grand que sa tête touchait parfois les étoiles. Chaque main était pourvue, à son extrémité, non de doigts, mais de cent têtes de dragons. De la taille jusqu’aux pieds, son corps était entouré de vipères. Il avait des ailes et des flammes jaillissaient de ses yeux.

 

Il attaqua sans hésiter le ciel. Voyant cela, les dieux se dépêchèrent de s’enfuir dans le désert Egyptien où ils prirent la forme d’animaux. Apollon devint un milan, Hermès un ibis, Arès un poisson, Dionysos un bouc, etc.[2] Zeus et Athéna restèrent seuls face à Typhon. Après moult péripéties au cours desquelles Zeus fut fait prisonnier (privé de ses tendons et de ses « nerfs » par Typhon, il était enfermé dans une caverne), puis délivré par Hermès et le dieu Pan qui avaient réussi à récupérer les tendons et les nerfs et à les remettre en place, le combat s’acheva par la victoire de Zeus qui écrasa Typhon sous l’Etna, en Sicile, et le réduisit à l’impuissance.

 

L’autorité de Zeus sur le monde était désormais incontestée.

 

Mais il restait à expliquer la présence dans l’univers des Humains. Leur création n’est pas attribuée aux Olympiens, descendants de Cronos, mais à la lignée d’un autre Titan, Japet, uni à la Titanide Clyméné. Tous deux avaient eu, on s’en souvient, quatre enfants : Atlas, Mémoetios, Prométhée et Epiméthée.

 

Atlas, comme son frère Mémoetios, était un géant brutal et primitif. Il avait participé à la lutte entre les Dieux et les Géants et avait soutenu ces derniers. Vaincu, il reçut l’ordre de soutenir sur ses épaules la voûte du Ciel à l’endroit où elle s’incline, dans l’extrême occident du monde. Après avoir décapité Méduse, Persée transforma Atlas en pierre en lui montrant la tête de la Gorgone. Atlas devint alors la montagne qui borne la terre au sud des Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar) et marque le début du Grand Océan.

 

Restaient Prométhée et Epiméthée.

 

Le mythe le plus courant rattache la création des êtres humains à Prométhée qui aurait façonné une statuette de terre glaise et lui aurait donné la vie. Ainsi serait né l’homme. Mais d’autres versions montrent que Prométhée n’a été que le protecteur et le bienfaiteur des Hommes et que, pour eux, il a plusieurs fois trompé Zeus.

 

D’abord, ce fut au cours d’un sacrifice solennel. Prométhée avait tué un bœuf et fait deux parts bien distinctes de l’animal : d’un côté la chair et les entrailles recouvertes de la peau de l’animal, de l’autre côté les os dépouillé de viande mais recouverts de graisse blanche. Il avait dit à Zeus de choisir sa part, la deuxième devant revenir aux mortels. Dupé par la belle apparence de la graisse, Zeus choisit cette part et lorsqu’il se rendit compte qu’il n’y avait strictement rien dessous à part des os, il entra dans une fureur cosmique contre Prométhée et contre les mortels. Vexé de s’être fait avoir, il refusa de donner le feu aux hommes.

 

Prométhée en fut quitte pour monter au ciel, dérober un peu de feu à la « roue du soleil » puis il le rapporta sur la terre et l’offrit aux hommes. Cette fois, la foudre divine s’abattit sur lui d’une terrible façon : Prométhée fut enchaîné sur le Caucase et un aigle venait lui dévorer le foie sans cesse renaissant. Ce supplice devait durer éternellement mais Héraclès d’une flèche tua l’aigle et délivra Prométhée.

 

Quant aux mortels, la punition qu’ils reçurent dépassa en sévérité tout ce qu’on peut imaginer comme châtiment.

 

Zeus avait de l’imagination, c’est le moins qu’on puisse dire. Après avoir bien cogité, il ordonna à Héphaïstos et à Athéna de créer un être encore inconnu que les dieux pareraient chacun d’une qualité. Cet être était la Femme et on l’appela Pandore « celle qui a tous les dons ». Elle possédait beauté, grâce, habileté, mais Hermès, toujours taquin, avait trouvé utile de lui faire don du mensonge, de la curiosité et de la fourberie.

 

Zeus en fit présent à Epiméthée, le frère de Prométhée et celui-ci, séduit par la beauté du cadeau, l’accepta. Cependant, se trouvait quelque part sous la terre une jarre hermétiquement close où étaient enfermés tous les maux. A peine sur terre, Pandore découvrit la jarre et, curieuse de savoir ce qu’elle contenait, l’ouvrit. Tous les maux s’échappèrent et se répandirent sur la terre. Pandore, effrayée, referma la jarre, emprisonnant ainsi l’Espérance qui se trouvait au fond.

 

Une autre version du mythe prétend que la jarre fut donnée par Zeus à Pandore comme cadeau de noces et qu’elle contenait tous les biens. Mais une maladresse de Pandore les fit tous remonter au ciel, séjour des dieux. Seule l’Espérance resta en consolation aux humains.

 

 

Mais si l’être humain n’a pas été créé par Prométhée, qui donc est à l’origine de son existence ? D’autres traditions rattachent sa naissance à la race de Prométhée, mais à son fils, Deucalion.

 

Deucalion avait épousé Pyrrha, fille d’Epiméthée et de Pandore. D’autres êtres humains existaient alors sur la terre (on n’en connaît pas l’origine), vicieux, fourbes, méchants comme la gale. Zeus résolut de les détruire et provoqua un déluge. Seuls, Deucalion et Pyrrha en réchappèrent car sur les conseils de Prométhée, ils avaient construit une arche qui flotta sur les eaux. Quand les eaux se furent retirées et qu’ils purent sortir, ils constatèrent que la terre était déserte. Zeus leur expédia Hermès qui leur offrit d’accomplir un vœu, quel qu’il soit. 

 

Deucalion demanda à avoir des compagnons. Zeus lui ordonna alors de jeter par-dessus son épaule « les os de sa mère ». Pyrrha devait faire de même. Elle fut effrayée de devoir accomplir un geste si impie. Mais Deucalion comprit que sa « mère » n’était rien d’autre que la terre, la Mère Universelle et que ses « os » étaient tout bonnement des pierres. Il s’exécuta donc et de chaque pierre qu’il lançait naissaient des hommes. De celles que jeta Pyrrha naquirent des femmes. Et c’est ainsi que les humains peuplèrent la terre.

 

Donnons le dernier mot à Pierre Grimal :

 

« On voit que les légendes relatives à la création ne forment pas un ensemble cohérent. Non seulement elles comportent de nombreuses variantes, mais à aucun moment on ne rencontre un acte créateur unique, comme si la pensée grecque répugnait à toute explication totale, mais demeurait plus sensible à la diversité du monde. […] Les puissances surnaturelles demeurent elles aussi entraînées dans un avenir dont elles ne sont pas totalement maîtresses. Aucune de leurs décisions n’est irrévocable. Au-dessus de leur volonté plane une Force des Choses, qu’on appelle parfois le Destin, et qui se joue des intentions et des serments. Ce sera seulement plus tard, au temps des philosophes, que l’on s’élèvera jusqu’à la notion d’une création réfléchie, conforme à un plan rationnel, mais on quittera, alors, le domaine du mythe. »

 

 

 

 Essayons de nous y retrouver parmi toutes les générations divines de la mythologie grecque.

 

 

 

UNION PRIMORDIALE

 

 

OURANOS    -    GAIA

                                                                            !                                                                            

TITANS       TITANIDES         CYCLOPES         HECATONCHIRES      GEANTS

Océan            Théia                     Argès                     Cottos                           

Coeos             Rhéa                     Stéropès                 Briarée

Crios              Thémis                  Brontès                  Gyès

Hypérion       Mnémosyne

Japet              Phoebé

Cronos           Thétis

 

 

 

UNIONS SECONDAIRES

 

TITANS   -  TITANIDES

 

 

 

OCEAN – THETYS                                                 HYPERION   -   THEIA                       

                !                                                                                          !

        Clyménée                                                      Hélios             Séléné           Eos

                                                                             (le soleil)         (la lune)        (l’aurore)

 

 

 

 

 

COEOS  -  PHOEBE                                              JAPET  -  CLYMENEE

              !                                                                                      !

           Leto                                            Atlas         Ménoetios        Prométhée     Epiméthée

                                                                                                                   !

                                                                                                            L’homme

                                                                                                           (Version 1)

 

 

CRONOS  -  RHEA

                                                                           !

Déméter – Hestia – Héra – Hadès – Poséidon – Zeus

Première génération des Olympiens

 

 

 

 

 

 

UNIONS TERTIAIRES

 

 

EPIMETHEE  -  PANDORE                                          PROMETHEE  -

                         !                                                                              !

                   Pyrrha                                                                Deucalion 

                                                                                                     

                                                                                                 

 

DEUCALION – PYRRHA

!

L’homme

(Version 2)

 

                                                        

 

ZEUS – DEMETER                  POSEIDON – AMPHITRITE                     ZEUS- HERA

               !                                                                                                                     !

      Perséphone                                                                                                   Héphaïstos

                                                                                                                             Arès

 

 

ZEUS – DIONE                              ZEUS – METIS                               ZEUS – MAIA

             !                                                      !                                                         !

     Aphrodite                                        Athéna                                             Hermès

 

 

 

ZEUS – SEMELE                      HADES – PERSEPHON                      ZEUS - LETO

            !                                                                                                                    !

     Dionysos                                                                                              Apollon     Artémis

 

 

 

 

 

 

SECONDE GENERATION DES OLYMPIENS

 

Aphrodite, Apollon, Artémis, Héphaïstos, Athéna, Arès et Dionysos

 

 



[1] Ne pas confondre les Enfers, lieu de séjour des morts pour les grecs de l’antiquité, (partagé en deux : les Champs-Elysée qui recevaient les héros et le Tartare, lieu de punition) avec l’enfer chrétien. Ce dernier désigne le lieu de punition des damnés et peut s’apparenter au Tartare grec.

[2] Ainsi s’expliquait le culte rendu  par les Egyptiens à des divinités symbolisées par des animaux. P. Grimal.

Commentaires

cours

Écrit par : aksil | 21 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.