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26.02.2008
Les mythes des origines : 6
III – LE MYTHE SCANDINAVE
L’Edda est le recueil de mythes scandinaves le plus complet. Il a été rédigé au XIIIè siècle par l’historien islandais Snorri Sturluson. Il contient entre autre le récit de la création du monde ainsi que le récit de sa fin, le fameux « Crépuscule des Dieux », titre dont Wagner a baptisé la dernière journée de sa Tétralogie.
Wagner a beaucoup emprunté au mythe nordique pour écrire L’anneau du Nibelung, œuvre dans laquelle il a mélangé les légendes scandinaves et la légende de Siegfried. Tolkien et son Seigneur des Anneaux doivent aussi beaucoup à ces mythes, de même qu’une bonne partie de la littérature actuelle dite « fantasy ».
La première partie de l’Edda est intitulée Gylfaginning ou « Mystification de Gylfi ». C’est dans cette partie que sont relatés la création du monde et sa destruction. Le récit de cette création, est, sur le plan littéraire et formel, tout à fait particulier : il ne s’agit pas d’une « histoire racontée » mais d’une conversation entre quatre personnages, le Roi Gylfi et les Ases, dieux nordiques. Le point de départ est le suivant : Gylfi, abusé par une déesse qui lui avait enlevé un morceau de son pays, s’interroge sur la nature des dieux et sur l’origine de leur pouvoir. Il se rend donc à Asgard, leur lieu de résidence, afin de connaître de la bouche des dieux mêmes leur race, leur puissance et leur destin. Arrivé à Asgard, il est introduit auprès de trois de ses hôtes qui lui donnent l’autorisation de les questionner à loisir à la condition cependant qu’il se révélât plus savant qu’eux. La conversation qui va avoir lieu se déroule donc sur un arrière-plan assez dramatique puisque Gylfi risque sa vie s’il est pris en défaut par les Dieux.
Les trois interlocuteurs de Gylfi sont : « Le Très-haut », « l’Egal du Très-Haut » et « le Tiers ». Chacun prendra la parole à tour de rôle pour répondre aux questions de Gylfi.
Je ne vais ici vous donner qu’un résumé de cette étrange conversation. Pour cela, j’ai utilisé la traduction de l’Edda faite par François-Xavier Dillmann, parue chez Gallimard. De temps en temps, j’introduirai un petit extrait pour vous donner un aperçu du texte original.
A l’origine des temps, il n’y avait rien, seulement le néant. Pas de mer, pas de terre, pas de ciel. Il n’y avait que l’abîme.
Avant la création de la terre, il existait cependant un lieu appelé Niflheim. En son centre se trouvait la source nommée Hvergelmir et de cet endroit partaient neuf rivières. Mais avant la création de Niflheim, il y avait eu le monde appelé Muspell, situé dans la partie méridionale. C’était un monde très lumineux et très chaud, car il n’était que feu et flammes. L’être appelé Skurt se tenait à la frontière de ce pays afin d’empêcher toute intrusion.
Lorsque les neuf fleuves appelés Elivagar arrivèrent très loin de leur lieu d’origine, leurs flots venimeux durcirent et formèrent de la glace. Quand la glace ne coula plus, la vapeur qui émanait du poison gela et devint du givre. Le givre petit à petit augmenta en volume et arriva jusque dans l’immense abîme appelé Ginnungagap.
« L’Egal du Très-haut dit alors : « Dans sa partie orientée au nord, Ginnungagap se remplit d’une lourde masse de glace et de givre, et, à partir de là, de la vapeur et un souffle d’air glacé se répandirent vers l’intérieur de l’abîme. A l’inverse, dans sa partie orientée au sud, Ginnungagap s’allégea sous l’effet des étincelles et des flammèches qui volaient à sa rencontre en provenance du monde de Muspell. »
Un froid terrible venait de Niflheim et la chaleur et la luminosité venaient de Muspell. L’intérieur de Ginnungagap était très doux. Lorsque l’air chaud rencontra le givre, celui-ci commença à fondre. Des gouttes qui tombaient jaillit alors la vie et une créature apparut, qui avait forme humaine. Elle s’appelait Ymir.
Ymir n’était pas un dieu : c’était un être mauvais, cruel, comme ceux qu’il engendra par la suite. Pendant qu’il dormait, il se mit à transpirer. De son bras gauche naquirent un homme et une femme et l’une de ses jambes engendra un fils avec son autre jambe. Les Géants du Givre descendent de ces créatures nées de Ymir.
Des gouttes de givre sortit également la vache Audhumla ; quatre fleuves de lait coulaient de ses pis. Ce fut elle qui nourrit Ymir. La vache se nourrissait en léchant les pierres du givre qui étaient salées. De la pierre qu’elle lécha le premier jour, sortit une chevelure d’homme, le deuxième jour une tête d’homme et le troisième un homme entier. Il s’appelait Buri, était beau et vigoureux. Il eut un fils nommé Bor qui épousa Bestla et dont il eut trois fils : le premier Odin, le second Vili, le troisième Vé.
Les fils de Bor tuèrent le géant Ymir. Lorsqu’il mourut, le sang jaillit de ses blessures en telle abondance qu’il noya toute la race des géants du givre. Un seul en réchappa, Bergelmir, qui monta avec sa femme dans une embarcation en forme de tronc d’arbre évidé et put ainsi se maintenir sain et sauf. C’est par eux que se reconstitua la race des Géants du Givre.
Quant à Odin, Vili et Vé, ils se servirent du corps d’Ymir pour commencer la Création.
(A suivre)
06:25 Publié dans mythologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, contes, légende, mythes, mythologie




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