04 décembre 2007
Pimprenelle récidive
PIMPRENELLE RECIDIVE
(« Qui veut peser le panier ? »)
Voilà la période tant attendue par Pimprenelle : Noël. Son âme tendre et délicate va enfin pouvoir s’exprimer. Elle virevolte dans les couloirs, toute pimpante, légère et long vêtue, arborant fièrement sur ses épaules son sac à dos au bas duquel pendouille une peluche et délaisse son GPS au profit de « l’arbre de Noël de l’établissement ».
Elle va pouvoir s’en donner à cœur joie. Elle n’a pas encore transformé l’établissement en succursale de « l’atelier du Père Noël » made in Disney mais elle commence à semer généreusement autour d’elle des relents de convivialité, de joie « chrétienne » ( ?) tintée de mercantilisme tout à fait appropriée dans la mesure où la Fête des Lumières, chère au cours des commerçants lyonnais, ne va pas tarder à démarrer.
Pimprenelle est Lumière. Lumière de bonté, de partage, d’espérance ET de dévouement. Elle pense à tout le monde et aux enfants d’abord, quels qu’ils soient. Elle fredonne sans cesse la rengaine de Machiasse, vous savez « enfants de tous pays, tendez vos mains, merci » (qu’on puisse donner dessus un bon coup de règle en fer).
Pour prouver sa bonne volonté et l’attention qu’elle porte aux autres, Pimprenelle a donc organisé un concours. L’argent récolté permettra de faire cet « arbre de Noël » qui est pour elle le symbole de son pouvoir au sein de l’établissement.
Mais comme Pimprenelle est une grosse feignasse, elle laisse à ses étudiants (qu’elle a embarqués dans cette galère) le soin de se ridiculiser sous couvert de faire une « bonne action commerciale ». (Le premier et le dernier terme de l’expression étant totalement antithétiques.)
Midi : une andouille convaincue que ce qu’elle fait est le must de l’humanitaire se dandine devant la salle des profs en haranguant le client : « Qui veut peser mon panier ? Pesez mon panier, il y a plein de choses à gagner !» (Et encore ça, c’est la rengaine la plus intelligente qu’elle entonne.)
On s’étonne, bien sûr : que veut cette tache avec son panier rempli de trucs à vous flanquer un taux de cholestérol susceptible de vous expédier dare-dare ad patres ? La pouf minaude : « Soupesez le panier dites combien il pèse. Si vous trouvez la réponse juste, vous gagnez le contenant et le contenu. Ca coûte 2 euros. Ce n’est pas cher pour ce que ça peut rapporter. »
Conglomérat. Les bourses se délient. Ben oui, si c’est pour l’arbre de Noël… Si c’est pour les cadeaux des enfants… Pendant ce temps, Pimprenelle gnagnate et essaie de faire prendre conscience de l’importance de la Cause à des minables récalcitrants qui trouvent son initiative affligeante de nunucherie.
Quatorze heures : la salle se vide. La pouf abandonne le seuil et entre pour tenter ceux qui, n’ayant pas cours, sont restés. Elle ressort en courant, poursuivie par la voix vengeresse de Gontranix qui la chasse à coup de cahier de texte. Stupeur, émoi et incompréhension de la pouf. Mais enfin, sa prof lui a affirmé que… La fin de la protestation se perd dans les couloirs.
Non seulement Pimprenelle est cul-cul, mais elle est dangereuse. Elle vous pousse à consommer des produits qui ne peuvent que fatiguer votre estomac, détruire votre foie, enduire vos artères de produits graisseux malsains, bref, sournoisement, elle vous pousse vers la tombe en se dissimulant derrière une « bonne action ».
On dit que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Dans ce domaine, Pimprenelle ne craint personne. Mais à sa place, je me méfierais : si l’enfer existe, elle risque d’y chercher son Nicolas pendant toute l’éternité…
10:30 Publié dans Portraits et anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, humour, portraits, caricature


















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