27 novembre 2007
Sardine et les Huiles
SARDINE ET LES HUILES
Dame Sardine a toujours eu des problèmes avec les Huiles. Forcément, elle refuse de se laisser frire tranquillement et s’attire donc les foudres de Tournesol, Olive et Soja.
Sardine est une rebelle. Dans la nasse des poissons, s’il y en a une qui frétille plus qu’elle ne le devrait, c’est elle. Elle a fait pendant très longtemps le désespoir du Cerbère de la Porte (Tournesol), puis celui de Proserpine (Olive) et enfin celui du Rectorat (Soja).
Ses démêlés avec le Cerbère sont dignes d’une épopée, à tel point qu’elle fut jugée administrativement « cas désespéré ». Sardine prend un malin plaisir à contourner les directives, à ne pas remplir les papiers « importants, essentiels, vitaux » dont on inonde régulièrement son casier, à se montrer insolente envers « le personnel de Direction » à qui elle fait très cruellement remarquer ses erreurs et insuffisances avec une ponctualité assez rarissime chez elle.
Homère n’aurait pas renié les « entrevues » entre Sardine et le Cerbère. Au cours de moult affaires toutes plus compliquées les unes que les autres, Cerbère s’est crue obligée d’envoyer quelques courriers à Sardine. Mal lui en a pris. Elle s’est vue torpillée pendant une heure sur : les participes passés défaillants, le lexique inapproprié, et la ponctuation délirante. Entrée dans le bureau avec le statut de condamnée, Sardine en est ressortie avec celui d’acquittée, et Cerbère a fini la journée avec une migraine du tonnerre de Dieu.
Si les aventures de Sardine et du Cerbère relèvent de l’épopée, celles de Sardine et de Proserpine appartiennent à la catégorie des caricatures hilarantes. Cerbère a l’avantage indéniable sur Proserpine de posséder un cerveau. (Normal, avec trois têtes, il y en a bien une qui ne doit pas être vide.) Cerbère arrive donc à raisonner. On la fait difficilement changer d’avis quand elle estime ne pas s’être trompée et surtout quand elle pense que son autorité sera en jeu (ainsi que sa carrière) si elle reconnaît s’être plantée. On y arrive pourtant –en brandissant les menaces, hélas.
Mais Proserpine étant délestée de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à des capacités de remise en question de soi-même, on peut affirmer sans se tromper que les relations Sardine - Proserpine ressemblent fortement à une « corrida dans le corridor. » Transformée en torero, Sardine agite insolemment son impeccable français sous le nez de Proserpine que les phrases complexes épouvantent, et c’est parti pour le spectacle. Sardine ironise, Proserpine fulmine ; Sardine se fout de sa gueule, Proserpine éclate ; Sardine garde aux lèvres un sourire encore plus exaspérant que n’importe quelle parole insolente, les yeux de Proserpine jettent des éclairs à faire tomber les murs. A la fin de la corrida, le taureau est encore vivant (on ne l’a pas comme ça), mais lardé de banderilles. Ne vous inquiétez pas pour lui, la vengeance n’est pas loin.
Sardine est accusée de « crime contre l’administration », de « j’men foutisme chronique » ; elle désoriente les parents qui ne reconnaissent point en elle « la prof » telle qu’ils la désirent (= aux ordres de leurs chérubins et prête à leur mettre un 18 sur 20 pour des copies mongoliennes), à tel point qu’une mère de famille l’a carrément accusée d’être dangereuse. (Pour qui ? That is the question. Sardine, dans sa grandeur d’âme, a pardonné. Il faut dire qu’on lui a assuré que la dame en question fréquentait assidûment le service d’urgence de l’asile d’aliénés le plus proche de son domicile.)
Il faut dire aussi que Sardine a le don pour chercher les emmerdes et forcément, elle les trouve. On ne peut pas sans cesse provoquer impunément. (La preuve : si certaines personnes tombent sur ce blog, je suis lynché en place publique. Pour ceux que cela intéresserait éventuellement, je donnerai l’heure et le lieu.)
Savez-vous qu’au Rectorat, le dossier administratif de Sardine remplit toute une armoire à lui seul ? Là, j’admire. Je n’ai jamais réussi à dépasser la simple chemise. Mais avec tous ces portraits, sait-on jamais ?....
07:00 Publié dans Portraits et anecdotes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : humour, caricature, littérature, portraits


















Commentaires
Soyez cool et ne blasphémez plus. Telle est la maxime du désormais célèbre "martine fait les 400 coups à l'école".
Ecrit par : gontran | 27 novembre 2007
C'est du très grand Art que vous nous faîtes là ! Bravissimo!
Ecrit par : Marsupilania la Vaillante | 27 novembre 2007
C'est du très grand Art que vous nous faîtes là ! Bravissimo!
Ecrit par : Marsupilania la Vaillante | 27 novembre 2007
Même un peu grillée la Sardine n'a pas pu être engloutie par les huiles maléfiques.
Qué viva la résistancia de las sardinas !
Vive la sardine à l'eau !
Ecrit par : Réjane | 27 novembre 2007
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