21 novembre 2007
Ammoniaque découvre l'Amérique
AMMONIAQUE DECOUVRE L’AMERIQUE
Petite histoire pour un triumvirat : l'amie du chef.
Comme son illustre consoeur antique, Ammoniaque a son Pyrex –pardon, Pyrrhus. Il pourrait bien proférer des inepties à lui faire prendre des vapeurs, Ammoniaque ne se disperse pas et reste elle-même : stoïque et fidèle à la Cause.
Ammoniaque a des côtés sympathiques. Elle a mis cinquante ans à s’apercevoir que les injustices sociales existaient. D’aucuns penseront peut-être qu’elle est un peu lente d’esprit, ou aveugle, mais ne soyons pas méchant : Ammoniaque a des excuses. (Si vous voulez les connaître, demandez-les lui.)
Bref, Ammoniaque s’est réveillée de sa longue sieste et entend bien désormais montrer qu’elle a tout compris à ce vilain monde pourri qui nous entoure et qu’elle sera la première à monter sur les barricades en cas de récidive d’un quelconque mai 68. (Encore que… Il ne faudrait pas que les barricades soient trop nombreuses, trop hautes, trop salissantes et surtout qu’elles aient de la tenue. Ammoniaque déteste la violence et des pavés en peluche feront parfaitement l’affaire.)
Ammoniaque est une pasionaria. Son discours est volubile, sa parole pourfendeuse, ses jugements définitifs. Son avis s’écarte parfois de celui de son Pyrrhus, mais elle se rend compte très vite qu’elle fait fausse route. Heureusement qu’il est là pour lui indiquer ce qu’elle doit penser, dire, proclamer et scander. Ammoniaque a grandement conscience que son pays est en train de partir à vau l’eau et qu’il faut faire quelque chose. Elle trouve que les gens ont une vue très courte et sont trop individualistes. Ca la désole et, dit-elle, « la met en colère ». Bon. Souhaitons que sa colère aille au-delà des jours syndicalement autorisés pour l’exprimer et que s’il faut en découdre, elle en découdra.
La transformation d’Ammoniaque ne s’est pas faite du jour au lendemain. Comme les bonnes griottes à l’alcool, Ammoniaque a mariné un certain temps dans l’ambiance syndicale puis s’est tue pendant un an. On ne sait à quoi attribuer son silence. Peut-être un vœu ; peut-être le désir refoulé –et finalement accepté- de vivre l’expérience des carmélites qui ne parlaient qu’une heure par jour : sœur Ammoniaque de la Pureté Eternelle.
Et puis, à la rentrée, elle a reparlé. On la préfère muette.
Ammoniaque n’oublie cependant pas d’être amie avec les bonnes personnes. Il faut savoir lutter sans remettre en cause son emploi du temps, par exemple. Sa prise de conscience s’est autrefois accompagnée d’une certaine dose d’imprudence naïve fort sympathique. Au cours des années, elle a su élever autour d’elle un certain nombre de palissades protectrices. Elle a tenu, sur un certain syndicat, des propos assez durs mais fort vrais. Elle ne jure à présent plus que par lui. D’où vient ce revirement ? Pyrrhus est arrivé sur son grand cheval, est descendu fort prestement de sa monture et a dit « je suis Attila, dans mon syndicat, Ammoniaque ! » Et Ammoniaque s’est littéralement dissoute d’admiration.
Depuis, elle milite à tort et à travers.
Quand je vous disais que là où passe Attila, tout trépasse. Même les personnalités…
07:00 Publié dans Portraits et anecdotes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : caricature, humour, littérature, satire, portraits


















Commentaires
Ammonniaque a un profil de groupie. Ce fut Attila, c'aurait pu être Jonnhy ! ou pourquoi pas Sadozy ? L'objectif étant de devenir la reine du fan club et d'avoir ainsi, la meilleure place aux pieds de la Star adulée, dans l'espoir que les pseudo-rayons de l'un ou de l'autre, viendront forcément éclairer son teint gris, fade et endormi.
Ecrit par : Nina | 22 novembre 2007
Chère Nina, votre complément au pprtrait d'Ammoniaque est tout simplement jouissif. La connaîtriez-vous, par hasard ????....
Ecrit par : Porky | 23 novembre 2007
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