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06 novembre 2007

Les Martine - Fable 5

LA DERNIERE PARCE QUE JE COMMENCE A SATURER UN PEU...

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MARTINE ET LE VOMI RÉCHAUFFÉ

Cette belle existence dut bientôt s’achever,

On trouva un matin le vieux ratatiné

Par une crise cardiaque. C’était couru.

A cet âge on ne peut toujours bien rester dru,

Surtout quand on pratique avec cette constance

Ce qui demande au fond beaucoup de résistance.

Une fois de plus, Martine fut obligée

De changer de demeure et de déménager.

Revenir chez ses vieux ? « Il n’en est pas question.

Pour toujours j’ai quitté cette horrible pension

Qui sent le chou cramé et le navet pourri.

Réfléchissons un peu. Mon argent a péri

Car j’ai trop dépensé. Si je faisais la manche ?

Je mets de vieux souliers et puis ma robe blanche,

Je prends l’air malheureux, pour ça, j’ai l’habitude

Et pour taper les cons de grandes aptitudes.

Non, cela n’ira pas. Ils sont bien trop avares.

Même mon joli cul, tel un gros gyrophare,

Ne les déciderait à soulager leur bourse.

Et si sur l’hippodrome on allait jouer aux courses ?

Soit. Avec quel argent ? Hélas, ma destinée

Est de finir esclave, il me faut travailler ! »

De son A.N.P.E. elle poussa la porte,

Se fit là recevoir à l’instar d’un cloporte,

Se fit bien engueuler parce qu’il lui manquait

Des papiers importants, de naissance un extrait,

Des actes certifiant qu’elle n’était pas morte

Et tous les documents qu’en ces lieux on apporte.

On trouva pour finir une place de bonne

Chez de gros prétentieux. La mère maigrichonne,

Bête comme ses pieds mais fort bourrée de tunes,

Le père pour du fric qui n’en ratait pas une,

Les deux enfants bouffis et déjà gras à lard

Qui ressemblaient pour sûr à d’immondes cafards,

Tels étaient les quidam chez qui elle tomba.

Ca fit des étincelles. Au bout de trois jours,

Martine se disait que ces topinambours

Méritaient par le feu d’être bien immolés.

Mais prudente elle était. Car vu son beau passé,

De ce crime c’est sûr on l’aurait accusée.

Elle se contenta de flanquer une claque

Au garçon pris soudain de fureur dionysiaque,

Arracha une touffe au toupet de la fille,

A Madame donna un bon coup de béquille,

Et se fit renvoyer. Est-ce bien étonnant ?

Mais avant son départ, ces horribles manants

L’obligèrent pour eux à préparer la soupe.

Un flacon d’ipéca, une très grosse coupe,

Quelques instants d’attente et ce fut le geyser.

Martine dégueula en plein dans la soupière,

Puis remua le tout, poivre et sel ajouta,

Avec de l’urine la pâte délaya,

Et pour corser le plat, un gros glaviot verdâtre

Vint donner à la soupe une saveur douceâtre.

« Bon appétit, dit-elle en posant sur la table

Le récipient couvert. Il est incontestable

Que de tous mes essais, celui-là est le mieux.

La recette me vient tout droit de mes aïeux.

Consommé de légumes, gros morceaux de viande,

Le tout bien réchauffé avec une guirlande

De persil, d’ail, d’oignons et de fenouil brûlé :

En un mot ça vaut bien ce que fait Maïté.* »

La famille attaqua ce repas si sublime

Le trouva délicieux et excellentissime,

En revoulut encore et cette fois Martine

Dut faire son marché au fin fond des latrines.

 

 

Sait-on bien ce qu’on mange ? S’est-on demandé

D’où sortent tous ces plats que l’on vous fait bouffer ?

Si dans un restaurant Martine est cuisinière,

Assurez-vous d’abord que cette cantinière

Ne met pas dans la soupe un peu n’importe quoi.

Finalement, parfois, mieux vaut rester chez soi,

Que dans un restaurant essayer un menu

Qui pour votre estomac sera très malvenu.

 

Commentaires

Et moi qui sort d'un épisode gaz trop. Cela ne me fait pas rire, métaphore.

Écrit par : souffledame | 06 novembre 2007

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