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29 octobre 2007

La Chimère, le Centaure et la Polytraumatisée

Fable pour Solko, trouvée au fond d’un tiroir. (Accessoirement pour des parents – s’il y en a- affligés par l’orthographe désastreuse de leurs chérubins.)

 

 

LA CHIMÈRE , LE CENTAURE ET LA POLYTRAUMATISÉE

 

Dans la salle de bain tout en porphyre orange,

Sentant l’urine rance et saturée de fange,

La Chimère chantait, le nez à la fenêtre,

Tapotant de la patte un joli baromètre.

Trempant dans la baignoire et dans un jus marron,

Une polytraumatisée jaune citron

Marmonnait quelques mots et toujours en anglais

Car sa mémoire flasque ignorait le français.

La Chimère chanta pendant un bon moment,

Puis se dit tout à coup : c’est mon tour à présent

      Dans la boue de tremper, virons la vieille,

      Et rangeons-la donc dans cette bouteille.

Sitôt dit, sitôt fait. Première tentative :

Ce fut un bel échec, la triste maladive

Résistant comme un âne qui ne veut pas boire,

S’accrochant aux rebords de toute sa mâchoire,

Car il ne lui restait, pour se mouvoir hélas,

Que ses nouvelles dents, beau cadeau de Christmas.

       « As-tu fini de résister, vieux veau !

       Disait la Chimère en frappant le pot.

C’est à moi maintenant dans le bain de plonger,

Tire-toi donc de là, polytraumatisée ! »

       « Il n’en est pas question, répondit-on

       En bel anglais mais sans la traduction.

Je suis traumatisée plus dés orthographiée.

Dans cette boue marron j’ai le droit de nager

Mes moignons me démangent, c’est un très bon signe,

Et mon orthographe redevient curviligne.

        Je sens monter en moi tous les accords

        Grammaticaux et lexicaux d’abord,

Puis la syntaxe vient, c’est la grande jouissance,

Je suis bientôt guérie, c’est une vraie jouvence. »

La Chimère cria :. « Pauvre chose atrophiée,

Qu’on ne peut sans vomir voir photographiée*,

Penses-tu que ce bain va tes os recoller ?

Tu rêves ma chérie ; ton squelette est brisé.

Rends-moi cette baignoire, car c’est ici ma place

Ou j’appelle Centaure et ses armes salaces. »

La menace fut vaine. On s’accrocha bien plus.

La Chimère bondit et dans un saut de puce,

Parvint dans un salon plein de miroirs profonds

Dans lequel un centaure assez peu pudibond

Exhibait sa vaillance, attendant le moment

De faire visiter un si beau monument.

      « Aide-moi, l'ami, geignit la Chimère.

      La pouf dans le bain me fait des misères.

      Ca veut s'incruster, pourtant c'est mon tour

      De tremper tel un joli petit-four,

Dans la baignoire emplie de cette eau si marron. »

« Je viens, dit le Centaure ôtant son pantalon.

Qu’elle le veuille ou non, la baignoire est à nous,

L’envie lui passera de cacher son minou. »

Tout de fureur et bien d’autre chose gonflé,

Le Centaure apparaît, mais la traumatisée,

Voyant cet étalon, sent que son appétit

Se réveille à son tour et pousse un petit cri.

       Ce qui suit ne peut être raconté.

       Mais sachez que la dés orthographiée

Là se releva dépolytraumatisée,

Et fit un zéro faute à toutes ses dictées.

 

 

 

Bien des maux sur la terre ont des causes bizarres ;

Ce n’est pas en allant dans un aérogare

Qu’on résout les problèmes existentialistes.

Il suffit de si peu pour retrouver la piste

D’où l’on s’était écarté. Fautes d’orthographe ?

Polytraumatisme et panne de paragraphe ?

Le remède est bien là, trouvons donc un centaure

Et nous saurons comment on écrit hareng saur.

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