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15 septembre 2007

L'arche maudite du pont Charles

Encore un petit conte d’Europe Centrale, qui vient toujours de Prague. Comme le précédent, le texte est De Jan M. Dolan et la traduction de Eva Janovcová.

L’ARCHE MAUDITE DU PONT CHARLES

La légende prétend que, lorsque le roi Vences­las IV fit précipiter Jean Népomucène - le fu­tur Saint - dans la Vltava , une des arches du pont Charles s'écroula la nuit suivante, à l'endroit même où la sentence avait été exécutée.

Personne ne réussit à réparer le pont. Plusieurs s'y essayèrent, mais dès que l'arche était rebâtie, elle s'écroulait de nouveau.

Un bâtisseur qui avait travaillé à l'étranger et possédait une vaste expérience, pensa qu'il en viendrait sûrement à bout et que son arche tiendrait.

Toute la nuit il veilla sous la tour du pont pour voir si son ouvrage résisterait. Soudain il entendit un grand fracas : l'arche s'abîmait dans la rivière. !l resta là, désespéré, scrutant les ténèbres.

Tout à coup quelqu'un l’interpella. Le diable !

« Je suis le seul à pouvoir t'aider, bâtis­seur. » « Tu veux t'emparer de mon âme ? » s'ex­clama l'homme, épouvanté. Il savait bien ce que le diable avait coutume d'exiger pour ses services. « Pas du tout, répondit le malin. Je me contenterai du premier qui passera sur l'arche quand tu l'auras terminée. »

Le bâtisseur réfléchit un moment, puis sourit et acquiesça. Facile de souscrire à cette exigence ! Il se dit qu'il ferait passer un coq sur le pont, dès qu'il serait reconstruit. Que le diable l'emporte aux enfers si cela lui chante !

Désormais le travail avança à un train d'enfer. Bientôt les der­nières pierres allaient être posées. Le bâtisseur plaça des gardes aux deux tours du pont pour que personne ne pût le passer. Mais le diable, ayant pris la forme d'un maçon, se précipita chez l'épouse du bâtisseur. Il lui dit d'aller vite au pont Charles auprès de son mari, victime d'un accident.

La femme se hâta pour rejoindre son mari, Les gardes, qui la connaissaient bien, la laissèrent passer.  Elle fut ravie de trouver son mari sain et sauf. Mais lui resta glacé de saisissement.

Il avait compris. Terrorisé, redoutant le pire, il se rendit néanmoins à la cérémonie pour la réouverture du pont. Lorsque, après les festivités, il rentra chez lui, il y trouva le cadavre d'un bébé - né au moment même où l'on ouvrait solennellement le pont - et sa femme expirante.

Au même instant, un bruit lui fit relever la tête :  c'était le bruissement des ailes du diable.

 

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