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21 juillet 2007

La Lorelei

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Heinrich Heine

 

 

 

Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
Dass ich so traurig bin ;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein ;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar ;
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei ;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lore-Ley getan.

Heinrich Heine

 

Traduction en français de Heinrich Heine lui-même :

 

 

Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.

 

Déjà l'air fraîchit, le soir tombe
Sur le Rhin, coulant calmement ;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

 

Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore ;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.

 

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez ! La voix touchante
Ensorcelle le cœur.

 

Dans sa barque, le marin qui passe
Pris d'un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l’espace,
Vient sur l'écueil de mort.

 

L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher

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Le rocher de la Lorelei

 

 

 

Le mythe de la Lorelei ne se perd pas, comme on a tendance à le croire, dans la nuit des temps. De même, il n’est pas, comme on peut également le penser, la création de Heinrich Heine. En fait, il est assez récent puisqu’il a été créé par le poète rhénan Clemens Brentano au tout début du 19ème siècle, dans les années 1801-1802.  Le poème de Heine ne sera rédigé, lui, qu’en 1823.

A l’origine, la Lorelei n’est pas cette sirène blonde qui peigne ses longs cheveux d’or, assise sur un rocher au bord du Rhin et dont le chant envoûtant entraîne les bateliers à la mort. C’est d’abord une femme et elle symbolise l’amour passionnel dans la littérature. La dame « Lore Lay » a un amant qui l’a trompée ; elle décide de consacrer le reste de sa vie à Dieu et sur le chemin du couvent, elle ressent le désir irrépressible de jeter un dernier regard sur son château. Elle grimpe donc sur le rocher qui domine le Rhin. Elle croit voir un bateau s’éloigner, qui pourrait bien être celui sur lequel se trouve l’infidèle amant ; elle se jette dans le fleuve et se noie.

Ce n’est qu’en 1810 que le motif d’une femme blonde malheureuse se peignant sur son rocher apparaît dans le conte plusieurs fois remanié de Brentano. Le mythe (très romantique) de la sirène du Rhin était né et il va se perpétuer tout au long du 19ème et du 20ème, sous des formes différentes, avec des interprétations différentes : voir Lorely de Gérard de Nerval ou La Loreley de Guillaume Apollinaire, pour ne citer que ces deux auteurs.

 

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