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09 juillet 2007

Le sourire du cochon

 

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Ceux qui s'imaginent que cochon + porc = cochonneries peuvent, hélas, passer leur chemin, cette rubrique n'est pas pour eux.

Pourquoi avoir créé une catégorie "saga porcine" ? Commençons déjà par "expliquer" le deuxième terme.

Avez-vous déjà rencontré un animal plus généreux que le cochon ? Il vous donne tout, de l'extrémité du groin à la pointe de la queue. Rien, chez lui, n'est à jeter. Trouvez-moi un seul être humain capable de réussir ce tour de force ! Compte tenu de tous les services qu'il a rendus à notre espèce depuis un certain nombre de siècles, il me semble tout à fait justifié d'élever un "monument" à sa gloire et de chanter ses louanges. C'est quand même le moins que nous puissions faire pour le remercier.

Ceci est d'autant plus vrai que dans le langage humain, le terme "cochon" est toujours utilisé comme injure, insulte, etc... et que le cochon est montré comme le must de l'animal le plus dégueulasse que la terre ait jamais porté.

Ne nous abaissons pas, amis cochons, à réfuter cette absurdité. Elle ne peut naître que dans l'esprit de gens ayant coupé tout lien avec la nature et qui ignorent tout de votre anatomie, sauf bien sûr, quand il s'agit de la déguster. Et puis, ne trouvez-vous pas que cette "injure" dans la bouche des trois-quarts de mes congénères est extrêmement amusante ? On ne vous reproche que votre saleté physique -autant dire une peccadille. Quid de de la saleté mentale, intellectuelle, morale de vos détracteurs ? Il est certain que la plupart sont très propres sur eux, bien lavés, douchés, pomponnés, parfumés... Mais alors, quand vous plongez à l'intérieur... Un ramonage urgent est nécessaire...

Tout ça pour dire, camarades : n'ayez aucun complexe envers l'espèce humaine, vous êtes largement supérieurs à elle.

Maintenant, imaginons un instant qu'à force de jouer les imbéciles, les hommes aient perdu non seulement la suprématie de cette planète, mais aussi la capacité de se reproduire... Extinction lente, mais irrévocable. Imaginez en outre que nos savants, dans leur délire expérimental, aient créé une race de cochons savants... (Bon, c'est un peu Frankenstein revu et corrigé ; et quand vous lirez la suite, vous direz : "mais c'est La planète des singes". Ca prouvera au moins que vous avez quelques références littéraires.) Imaginez enfin que lesdits cochons savants se révoltent et prennent le pouvoir... Et bien vous avez comme résultat une civilisation porcine qui essaie de toutes ses forces de ne pas imiter ses prédécesseurs mais qui -malheureusement ou heureusement- ressemble parfois un peu trop à celle de la défunte humanité. Voilà qui explique le terme "saga".

Les extraits qui vont suivre vont vous plonger pour un court instant au coeur de cette société un peu particulière. Si La planète des singes est un roman très sérieux, rassurez-vous, celui-ci l'est beaucoup moins. Même chez mes cochons, il existe des cinglés qui extravaguent à longueur de page. Mais cinglés ne veut pas dire stupides...

 

Commençons d'abord par quelques exergues placés en tête de chapitres et dont le contenu va peut-être vous rappeler quelque chose....

On ne répétera jamais assez l’importance du vernis à ongles dans les relations sociales et dans le développement de notre économie. Nos cochonnes l’ont bien compris puisque la production de ce plâtra colorant a plus que triplé en cinq ans. De nouveaux modèles sont apparus sur le marché, avec des conditionnements extrêmement originaux ; les fabricants proposent en outre une diversité de teintes et de couleurs que l’humanité, pourtant très forte dans ce genre d’ânerie, n’a jamais réussi à mettre au point. Les Elégantes qui sortent le soir, vont à l’Opéra Porcin ou au restaurant, n’oublient certes pas, avant de quitter leur soue, d’étaler sur leurs ongles une couche plus ou moins accentuée de ce produit qui contribue à la richesse de notre économie, grâce aux échanges entre les différentes Cochonies. On ne peut que saluer les performances de nos entreprises qui ont parié sur la coquetterie cochonne et ont mis en plein dans le mille. Reconnaissons qu’elles avaient cependant dans les entreprises humaines de la Décadence un éblouissant modèle d’aliénation.

Sylvestrocochono,  Développement instantané et durable d’une économie fondée sur la ressemblance entre l’ego cochon et la connerie humaine, Chapitre CCCVV, « le vernis à ongles », page 2548, éditions du Cochon Endormi.

(Exergue chapitre II du tome I)

 

Ce que les cochons nomment aujourd’hui le Grand Lac était autrefois –il y a très, très longtemps- une mer aux trois quarts fermée qui faisait plusieurs centaines de kilomètres de large sur une longueur qui se comptait, elle, en milliers de kilomètres. Certains documents humains conservés au Centre National des Archives Humaines sembleraient prouver que cette mer était le berceau de la civilisation susnommée. Mais peu d’ouvrages écrits ou audiovisuels nous sont parvenus concernant ce problème des origines de nos prédécesseurs. Le contenu de ces documents est donc à relativiser, surtout quand on connaît la propension humaine à affirmer d’un ton péremptoire n’importe quoi, à prouver scientifiquement la justesse de ses affirmations, puis à prouver tout aussi scientifiquement le contraire.

Porcanna, Manuel de Géographie à l’usage des étudiants Cochons en Civilisation Humaine, p. 122 Edition du Cochon estudiantin.

(Exergue chapitre IV du tome I)

« Pour qui le rôle de Cochaïna a-t-il été créé ? La bataille fait rage entre la Goretta et la Porcaldi.  »

De notre envoyé spécial à Cochon-pied-de-porc :

Encore un scandale qui met les partisans des deux divas hors d’eux : Dans une interview à notre confrère du journal La République Cochonne, la Goretta a déclaré tout net que le compositeur Cochozart avait évidemment pensé à elle lorsqu’il avait écrit le rôle titre de l’opéra Cochaïna. Personne d’autre qu’elle, a déclaré la Diva , ne peut se permettre de suivre à la note près une partition qui demande autant de qualités techniques et dramatiques. « D’autres ont essayé, et se sont cassées le groin sur le grand air du trois. Je suis navrée de le dire aussi crûment, mais moi seule peux arriver à tenir les notes les plus élevées. » La Goretta a terminé en mettant en cause sa rivale, La Porcaldi , l’accusant, quand elle se mettait en tête d’interpréter ce rôle autrement qu’en play-back, « d’assassiner une œuvre dix fois plus grande que sa voix. » Bien entendu, la Porcaldi a répliqué à cette attaque qu’elle a qualifiée de « mesquine et tout à fait dans l’esprit d’une sous-diva de province. »

Extrait d’un article paru dans le journal satirique : c’est y du lard ou du cochon ?

(Exergue du chapitre V du tome I)

Extrait d’une interview accordée par le peintre Cochomilk  au journaliste Pinceauporco de Art et Cochon.

Pinceauporko : Cher maître, la peinture humaine vous a-t-elle réellement influencé dans vos choix et votre évolution ?

Cochomilk : Oui et non. Oui pour les couleurs, non pour les formes. Nos prédécesseurs savaient admirablement mélanger les tons, ou donner à la couleur la place qu’elle mérite dans la peinture. Les formes cependant restaient très primitives, surtout à la fin de la Décadence où l’art figuratif avait été complètement abandonné au profit des pures abstractions. Ainsi mon Aura du cochon pétomane, qui est sans doute mon œuvre la plus accomplie, se réclame-t-elle de certains tableaux humains de la Décadence , et est-elle l’aboutissement d’une recherche sur la forme que les humains avaient seulement commencé au moment où leur civilisation s’et effondrée.

Pinceauporco : Cette œuvre a fait scandale, d’ailleurs. On vous a reproché de ne montrer qu’une toile barbouillée de bleu.

Cochomilk : Les détracteurs du modernisme ont toujours été légion, y compris chez les humains. Les cochons ne peuvent pas se contenter de répéter bêtement les gestes de ceux qui les ont précédés. Ils doivent aussi chercher de nouvelles formes. Mon tableau triangulaire en bleu n’a rien de révolutionnaire, il est seulement le fruit d’une recherche esthétique et créatrice. J’aime à croire que les artistes cochons pousseront la porte que j’ai entrouverte.

Pinceauporco : Vous faites allusion à votre tableau Le derrière de la porte ?

Cochomilk : Non. C’était une simple métaphore.

(Exergue du chapitre VI du tome I)

Tous ces exergues sont extraits du tome I de Le sourire du cochon, mémorial porcin en 4 tomes. 

 Bon, ça suffit pour aujourd'hui. Plus tard, si vous êtes sages, vous aurez droit à quelques apophtegmes cochons...

 

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